Né en 17G6, mort en
184 I.A HKVOLITION DK 1S30.
se dressait sur ses ])as et s'apprêter à eu luolilcr. Chaque jour, la ronvictiou se foi'in.iit (lavanlage (ju<', pour conjurer ce péril et le vaiucie, il riait nécessaire que riiomoirénéilé régnât dans le ministère. Or, c'est justement, ainsi qu'on l'a vu, l'homogénéité (|ui manquait le plus au cahinet imposé à Louiç-Philippe au lendemain de la révolulion; les préliminaires du procès avaient démontré la diversité comme l'étendue de ses discordes intérieures, la multiplicité des opinions qui s'y trouvaient représentées, « les unes trop accommodantes pour les dispositions publiques et les exigences révolutionnaires, disposées à leur passer beaucoup et à se promettre de leur développement sans gône une heureuse issue », les autres résolues à ne considérer la révolution que comme un changement de dynastie, réalisé pour restituer au pays le régime représentatif dans toute sa sincérité, mais non pour disloquer le mécanisme du p(tuv(>ir ou affaiblir le principe «ranlorilé, uniipie base d'un système libéral, durable et fécond.
Et encore n'était-ce là (pie les termes extrêmes des membres du cabinet, entre lescjuelles se plaçaient, sur la conduite politique à tenir, les apjiréciations si diverses, des tendances si contraires,
LE NOUVEAU xMINISTÈRE. 185
que la confusion la plus redoutable et la moins propre à la bonne gestion des affaires, régnait entre eux. Cette diversité des vues résultait non seulement des incidents du présent, elle avait aussi sa cause dans les souvenirs du passé; elle s'aggravait des sentiments, des opinions, des passions qui avaient préparé le triomphe de la révolution de juillet.
La volonté de maintenir la paix publique rapprochait sans doute le maréchal Gérard' et Guizot ; mais, pour Timmense majorité du public, le maréchal était le représentant de la gloire impériale et de la dernière lutte de l'indépendance nationale contre l'étranger , tandis que M . Guizot était l'homme de Gand.
Entre de Broglie et Mole venait se placer l'ombre du maréchal Ney; leur patriotisme l'écartait par un noble et commun effort; mais les vainqueurs de 1830 l'y replaçaient avec acharnement, et l'on vit plus tard Montalivet, ministre de l'intérieur, obligé d'empêcher par la force la représentation, à la Porte-Saint-Martin, d'un drame intitulé : le Procès du maréchal Ney, dans lequel l'appel nominal devait être fait sur la scène.