LE NOUVEAU MINISTÈRE
plus coupable des accusés, celle du prince de Polignac.
Cet état de Tintérieur du personnel gouvernemental réag"issait au dehors où il éclatait en de nombreux et affligeants symptômes, et réciproquement l'état des souvenirs, des opinions et des passions de l'extérieur réagissait sur Tintérieur du gouvernement. Odilon Barrot avait aggravé cette situation par l'imprudente légèreté avec laquelle, tout en recommandant l'obéissance aux lois, il encourageait le mécontentement de ceux qui réclamaient avec violence le châtiment des anciens ministres. D'autre part, la note du Moniteur, considérée comme un acte de faiblesse, une annonce de mesures militaires qui ne s'était pas réalisée, avaient alarmé et indigné les hommes à qui la sécurité publique paraissait menacée. Une modification ministérielle devenait donc imminente; elle était dans le désir de tous les membres du cabinet.
Un article du Journal des Débats, dirigé le 21 octobre contre Guizot, qu'il accusait d'impuissance et d'inertie gouvernementale, la rendit nécessaire. Guizot et le duc de Broglie remirent leur portefeuille au roi. Leur démission acceptée
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ne fut pas suivie siir-Ie-cliauij» de celle de leurs eollègues. Laflilte. ministre des finances, était resté chargé de constituer un calunel nouveau dans le(juel il espérait retenir plusieurs membres de Tancien, et notamment Casimir Pcrier. Une négociation laborieuse, (jui dura pendant dix jours, acheva de mettre en lumière la diversité des éléments entre lesquels Laffitte cherchait à créer un accord fécond. Pour obtenir le concours de Casimir Perier, il alla jusqu'à lui proposer de sacrifier Dupont de TEure. Mais Perier, duquel on peut dire, sans faire injure à sa grande mémoire, qu'il se gardait pour un ministère de durée et qui ne croyait pas à l'avenir de celui que formait Laflilte, refusa iVvn faire partie. C'est à défaut de lui (jue Montalivet devint ministre de l'intérieur. Dupont de l'Eure conserva les sceaux, le général S(''bastiani la marine et le maréchal Gérard la guerre. Le maréchal Maison eut les alTaires étrangères, Mérilbou^ 1 instiaiclion piiltli(|ue et les cultes. Peu de jours a|»rès, le comte (iérard cl le maiipiis Maison s'élaiit retirés, on diMina pour successeur au premier II' iiiar<''(lial Soult" et au second le