Né ù Rennes en 1709. mort en
192 LA RKVOLITION DE 18:^0.
popularité. Montalivet avait reçu cctlo triplo force de ses études, de ses idées libérales, de Télection de la ^arde nationale. Il devait la mettre au service de la France, quand mènie il trouverait quelque léniérilé à accepter une mission (pie, de son coté, le ministère lui offrait, parce qu'il avait la plus grande confiance dans son succès.
Montalivet ne se laissa pas fléchir jtar ces flatteuses obsessions; mais le même jour, le roi, l'ayant fait appeler, lui dit :
tt Ce n'est pas un ministère que je vous prie d'accepter, c'est une responsabilité. Ne voulezvous pas m'aider à sauver la vie des ministres? » Montalivet, bien qu'il n'eut eu juscju'à ce jour avec le duc d'Orléans que de rares relations et le connût fort peu, céda sur-le-champ et n'hésita [dus à jouer, sur la chance redoutable d'une seule journée, l'avenir de sa carrière politique tout entière. A peine constitué sur ces bases nouvelh's, Ir iiiiiiisièi'e Laffitte se trouva uni dans un sciiIjukmiI commun, conforme à celui (hi roi, et dans la résolution de tout tenter pour repousser les exiixences révolutionnaires aussi bien que pour sauver la vie des anciens ministres. L'influence de La Fayette, celle d'Odiloîî Barrot, y étaient encore puisganhs.
surtout dans la personne de Dupont de l'Eure ; mais elles tendaient à s'affaiblir, et leur échec définitif devait succéder au dénoùment du procès. On sait en effet que, peu de jours après la condamnation de Poliçnac et de ses collègues, La Fayette fut contraint d'aijandonner le commandement su[)rème des gardes nationales de France, supprimé par un vote de la Chambre, etqu'Odilon Barrot un peu plus tard quitta la préfecture de la Seine, où son libéralisme imprudent et complaisant, ne pouvait plus tenir contre le libéralisme plus habile et plus ferme de Montalivet.
11 convient, d'ailleurs, d'ajouter que ni La Fayette ni Odilon Barrot n'étaient partisans de la peine capitale. Eux aussi voulaient une solution plus humaine et souhaitaient que le sang ne fut pas versé; mais, leur erreur consistait à croire qu'on pouvait attendre la clémence de la générosité de la garde nationale et de la population de Paris. Mieux éclairé, le ministère était convaincu que la fermeté de son attitude pouvait seule avoir raison des passions qui commençaient à s'agiter autour de la Cour des pairs. Au prix même de sa popularité, et sans la marchander plus que ne la marchandait le roi, qui se vouait tout entier à l'ac-