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complisseinriit de cotte œuvre courageuse , il entendait résister à des cxig-ences dont le Iriuinphe eût déshonoré, en rafCaiblissanl, le gouvernement de juillet et peut-être préparé sa chute.
11 trouvait des complices dans l'immense majorité de la haute assemblée qui siégeait au Luxembourg, nous aurions dit dans runanimité, si cette unanimité n'eût été détruite [>ar la colère d'une douzaine de pairs acharnés contre Polignac, résolus à le sacrifier, et allant jusqu'à [)rétendre que le sacrifice du principal accusé sauverait les trois autres.
A la Chambre des députés, où les passions du dehors recrutaient des complices en [dus grand nombre, le parti de la clémence trouvait cependant des adeptes éloquents et convaincus. Dans la séance du 9 novembre, (juehjues phrases d'Odilon Barrol sur l'adresse au roi contre la peine de mort, amenèrent (luizol à la tribune. Comme, en s'y rendant, il j»assait devant ('asimir Perier, ce dernier lui dit :
« Vous l'erez diinitiles ellurts; vous ne sauverez j»as la tète de M. de Polignac. »
M. Guizot s'exprima en ces termes : « .le ne
porte aucun intérêt aux ministres tombés, je n'ai avec aucun d'eux aucune relation; mais, j'ai la jtrofonde conviction qu'il est de l'honneur de la nation, de son honneur historique, de ne pas verser leur sang. Après avoir changé le gouvernement et renouvelé la face du pays, c'est une chose misérable de venir poursuivre une justice mesquine à côté de cette justice immense, qui a frappé, non pas quatre hommes, mais un gouvernement tout entier, toute une dynastie. En fait de sang, la France ne veut rien d'inutile. Toutes les révolutions ont versé le sang par colère, non par nécessité; trois mois, six mois après, le sang a tourné contre elles. Ne rentrons pas aujourd'hui dans l'ornière où nous n'avons [»as marché, même pendant le combat. »
La Chambre accueillit ces paroles avec une émotion sympathique . Royer - Gollard dit à M. Guizot :
« Vous ferez de plus grands discours ; vous ne ferez jamais à vous-même plus d'honneur. »
Martignac , s.'asseyant à côté de l'orateur pour le remercier du secours qu'il venait d'apporter aux anciens ministres, ajouta :
« C'est grand dommage que cette cause ne
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se juge pas ici cl en ce inuineiil ; elle serait gagnée. »
Ainsi, (levant les clameurs de la rue, cornnieiKjail une généreuse et humaine conjuration, dont il nous reste maintenant à raconter les [)éripéties et la victoire.
A la Cour des pairs, Tinstruction judiciaire se poursuivait. De tous les ministères arrivaient au président, des pièces à l'appui, propres à éclairer les juges. Des incidents singuliers se produisaient. On recherchait au parquet de la Seine les mandats d'amener que l'ancien ministère était accusé d'avoir dressés contre des députés et des journalistes, et l'on n'en trouvait aucune trace. Un malfaiteur enfermé dans les prisons de Toulouse, déclarait spontanément avoir reçu de Polignac l'ordre d'allumer des incendies en Normandie. On l'amenait à Paris pour le mettre en présence de l'ex-président du conseil, et en y arrivant, il rétractait sa déclaration, laissant entendre qu'elle était sans fondement, qu'il ne l'avait faite que pour se procurer l'agrément d'un