LA COUR DES PAIRS
veut être entendu le 8 décembre; en réalité, il n'a rien à dire et ne cherche qu'à se procurer, comme témoin, un billet d'entrée dans la salle des séances, billet qu'il ne peut obtenir, ainsi que cela résulte des plaintes qu'il adresse, le 16, au grand référendaire de la Chambre des pairs.
Les griefs privés se mêlent aux srriefs politiques. Le subrogé tuteur de Théritier de Lally- Tollendal se plaint d'un déni de justice dont son pupille a été l'objet. De bonnes âmes présentent des arguments en faveur des ministres accusés. Un anonyme raconte que le prince de Polignac lui a fait la charité à Londres; un commissaire de police de la Gironde affirme que d'Haussez lui a dit un jour être l'ennemi des lois d'exception.
Les fous ne manquent pas à la collection. Il en est un qui aspire à présenter la défense des coupables et débute ainsi : « Très nobles et puissants seigneurs, de toutes les ambitions qui ont dévoré le cœur de l'homme depuis qu'il existe, jamais aucune d'elles ne fut plus caractérisée que celle qui me parle déjà depuis Và^e le plus tendre ». Un autre se dit « chargé par Clio de composer l'histoire de la révolution ». Une lettre
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sans siiinaliirc (h'iionre aux pairs la ('ons|iirali()ii qui s'oriraniso contre oiix pour les massacrer, si les miuisli'es ne soûl pas ('(>uilainni''s. I ii rspril f(U'l (Irniaiitlc (pic la l^'i'auce entière soit cnusliluée en jury pour [)rononcer sur leur sort. Enlin, un philanthrope propose de substituer, en cas de condamnation, deux tètes à celles des coFidamnés. « Je serai à Téchafaud, s'écrie-t-il, à neuf heures du soir. »
A côté de ces folies, les menaces. On écrit de Lyon : « La France et TEurope entière ont les yeux sur vous. Malheur! malheur I Si les ministres sont condamnés, la Vendée, le Midi et les braves gens des autres villes de France les vengeront. Malheur à Paris Tinfàme! Elle doit être hrîilée. Vive Henri V! » On écrit de Paris : « Malheur à vous, si vous ne présentez pas un juste arrèl de mort. Mort ou vengeance î Le peujde attend! »
Puis, c'est une lettre de la duchesse de Haguse, demandant au nom de son mari (ju'une enquête soil ouverte aliii de icclicrcher : « 1" si 1 ordre conlideiilicl du -JO juillel ('(ail desliu('' à protéger les ordoimances et en assurer l'elVel , ou si au coFilraiie «e n'élaif (|u'uue formule mililaire en usap^e depuis dix ans; 2' si lordonnance du