‹ La révolution de 1830 et les procès des ministres de Charles XChapitre 7 sur 50 · Ne vu 177."), à Hesançon, mort à Lyon, en · texte numérisé non relu

Ne vu 177."), à Hesançon, mort à Lyon, en

3. Né en 1771, originaire d'Auvergne, mort en 1850. i. Né à Toulouse en 1787, mort en 1861, à Frohsdorf.

5. Né à Neufcbatel (Seine-Inférieure) en 1778, mort au < hiilrau de Saint-Saëns en 1854, avait été préfet du flard, îles Landes, de riscre et de In Gironde avant de devenir ministre. Député de la Seine-Inférieure jws(|u*cn 1830.

Quand on se reporte à ces temps agités et lointains, on est tenu de reconnaître que les gouvernements subissent comme les peuples la folie et Taveuglement. Le 8 août 1829, Fimprévoyant Charles X, en appelant au pouvoir des hommes passionnément dévoués à sa couronne, y mit du même coup, dans leur personne, les moins capables de la défendre, non seulement parce que dans une situation où le génie d'un Sully ou d'un Richelieu eût été nécessaire, l'art de gouverner leur faisait défaut, mais encore parce que leur nom, leur passé, leur parti, inspiraient à la France une invincible horreur. Leur avènement fut considéré comme un malheur public par les amis dévoués et sincères de la dynastie. Ses ennemis furent seuls à se réjouir. Ils se préparèrent à bénéficier de la faute irréparable qui venait d'être commise, et tandis que Polignac recueillait au ministère des affaires étrangères, poste qu'il avait toujours ardemment souhaité, la succession de La Ferronnays, son ami\ tandis qu'il recevait des mains loyales de Martignac la direction du

1, Né en 1777, mort en 1842. Une des personnalités les plus sympathiques de la Restauration, sur laquelle nous trouvons des détails attachants dans un livre de Rio : Épilogue à l'art chrétien, et dont le marquis Costa de Beaureg-ard a publié les souvenirs.

8 LA IIKVOLLTION DE 1R30.

pouvoir conime ciief et organisateur du cabinet qui a conservé son nom et dont il devint le j)résident effectif quelques mois plus tard, de toutes parts s'élevait un cri d'indignation, de haine et d'alarme.

Une explosion de reproches et d'accusations, basée sur les antécédents des nouveaux ministres, trouva des échos d'un bout de la France à l'autre. Les accents âpres, incisifs, éloquents du Journal des Débals traduisirent ces sentiments dans deux articles dont une phrase a mérité, par l'énergie de sa concision, de rester attachée à l'histoire des faits qu'elle jugeait avec une implacable é(|uilé : « Coblentzî Waterloo! 1815! voilà les trois principes de ce ministère. Pressez-le! Tordez-le! Il ne dégoutte qu'humiliations, malheurs et dangers ».

Royer-Collard ' s'écria : « Charles X est donc toujours le comte d'Artois! » La duchesse d'Angoulémc cllc-mômc fit entendre cette parole prophé-

1. Ne à S<tm|»iiis (Marne) on 170M, mort à Cliàlranviciix <mi ISi"); nu-rnlirr flu «(msi'il des CiiKi-Ccnts, d'oii il fut ex|Mil>t' au IS frii(lirl(.r;|.n(r('^soiir à la Faculté des lettres de Paris; députe d«- la MariU'de 1S|2 à sa mort; ((Uiseiller d"Klal. dire<leur de la lihrnirie. Le inoiiieiit de sa plus prande po|)ularilé fut l'aiinee I82S. Sept r(»||c;.'cs l'avaient élu dépulé; la ClianiNre le désigna pour la i)r('sideiice et rAcadéinie rran(.aise lui ouvrit ses raiips. Il ne voulut jamais accepter le pouvoir: il se connaissait bien et se sentait avec rai>on |)lu> i»ropre aux conseils (ju a l'action.

LES ORDONNANCES DE JL'ILLET. 9

tique : « Ceci est une entreprise et je ne les aime pas. Elles ne nous ont jamais porté bonheur. »

L'amiral de RignyS brillant marin, neveu du baron Louis-, désigné d'abord comme titulaire du portefeuille de la marine, refusa de faire partie du cabinet dont le général de Bourmont était membre. On dut appeler pour le remplacer le baron d Haussez, préfet de la Gironde. Il fallut les supplications du roi, presque un ordre pour obliger Chabrol à accepter les finances. Enfin, Chateaubriand, ambassadeur de France à Rome, donna sa démission et nulle instance ne put le décider à la retirer. Le préfet de police, des membres du Conseil d'État, d'autres fonctionnaires, l'imitèrent. C'est sous ces tristes auspices que le ministère

1. Né à Toul en 1783, mort eu 18.35 avec le grade de viceamiral, après avoir été successivement ministre de la marine, ministre des affaires étrangères et ambassadeur à Naples.

2. Né à Toul en 1755, mort en 1837. Il avait été dans les ordres. L'Empire le fit administrateur du Trésor et conseiller d'État, la Restauration, ministre des finatiees. En 1832, en quittant ce ministère qu'il occupait pour la troisième fois, il fut nommé pair de France. Il était d'allures peu engageantes et d'une franchise qui allait a. la brutalité. C'est lui qui répondait il (]e<^ solliciteurs : « Que me voulez-vous"? Vos conseils? je n'en ai que faire; des dénonciations? je ne les écoute pas; des places? je n'en ai qu'une à votre service, c'est la mienne; prenez-la si vous la voulez ». C'est également lui qui disait souvent ces mots célèbres depuis : « Faites-moi de la bonne politique, je vous ferai de bonnes finances ».

40 LA HÉVOLUTION DE 1830.

IN)lip:nac [)ril possession du pouvoir. A daltr de ce jour, les périls éclatèrent pressés et menaçants. Les iioninies les plus modérés, Hoyer-Collard en tète, passèrent à l'opposition et ceux qui s'étaient, dans le ministère précédent, rapprochés du gouvernement, à l'exemple de Casimir Perier', s'en éloignèrent irrités et déçus.

Jamais la Restauration n'avait traversé une crise plus redoutable, des dangers plus imminents. Ils naquirent de la légitime exaspération des partis, des revendications de la presse, de l'action surexcitée des sociétés secrètes. Toutes les haines accumulées depuis quinze ans contre la monarchie, toutes les rancunes contenues se reveillèrent. Sur le nom détesté de Polignac, s'engagea une guerre violente, furieuse, sans merci, qui, provoquée par sa présence aux affaires, passait par-dessus sa tête, pour aller saper et ébranler le trône. Le mot d'ordre était : « Renvoi du ministère ou guerre inqdacable! » L'ardeur avec la(iuelle ce mot d'ordre était col[)orté juir toute la France ne permettait

1. N«' il fircridldc eu 1777, mort à Pnris en 1S:}2. Offlticr du fién'u' «rahiinl, baïuiuier ensuite, ii fut «'lu depuli' en ISI7 et siépn sans iiilerruption dnns les clianiltres juscju'au uioineiil de sa mort. Il y fnl i)re>ideiit a[nès \S'M), et ne «h'scendit «lu fauteuil «lue pour dev«'nir iiiini>lre d«' rinleri«'ur.

pas d'espérer que le cabinet trouverait clans les chambres une majorité pour gouverner avec elle. Il est vrai que c'était là le moindre souci de Polig-nac. Il songeait déjà, il n'avait jamais cessé de songer au coup d'Etat, encore qu'il résistât ouvertement à La Bourdonnaye qui le désirait immédiat.

« Une majorité! s'écriait-il. Je n'en veux pas. J'en serais trop embarrassé. Je ne saurais qu'en faire! »

Cette année fut véritablement une année fatale. Rien ne réussissait au ministère. L'expédition d'Alger elle-même, au moment de devenir pour la Restauration un titre de gloire impérissable, fut impuissante à arrêter les ardeurs de cette Fronde nouvelle, ni ce mouvement désastreux qui détachait d'heure en heure de la dynastie ceux qui s'étaient dévoués pour elle et qui, loin de vouloir sa chute, avaient longtemps rêvé d'en faire l'inébranlable fondement d'un régime d'ordre et de liberté.

Un incident singulier autant que dramatique acheva d'ameuter contre elle les colères des partis. Des incendies, que leur nombre et les circonstances dans lesquelles ils se produisirent ne pouvaient faire

12 LA HKVOLLTIUN DE 183(1.

altriliucr (|u'à une malveillance inspirée par les plus détestables calculs, éclatèrent en Normandie au commencement de 1830. Du 18 févri<'r au " juillet, on n'en compta pas moins de cent soixante-dix huit dans les trois départements du Calvados, de la Manche et de TOrne, formant le ressort de la cour de Caen \ Des mains inconnues lançaient des fusées sur les chaumes des hahi talions, dans les granges, sur les meules de paille éparses dans les champs. Les poursuites exercées par la justice furent vaines. Elle ne put découvrir les criminels ni mettre un empêchement aux crimes. On eût dit qu'une haute et mystérieuse complicité couvrait les cou})ables. Les populations exaspérées s'armèrent afin de courir sus aux incendiaires. Elles ne jiarvinrent pas à les atteindre. Quehjues vagabonds qu'on arrêta n'étaient évidemment que des instruments dociles à des ordres venus d'ailleurs et <lont ils refusèrent de nommer les auteurs. Pour mettre un terme à cette machination, dont le secret n'est pas encore révélé aujourd'hui, il ne fallut rien n)(»iiis (\\H' l'ciiNoi (le deux i(''i:iiiHMits de la garde royale dans les contrées (|u<' les incemliaires

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