‹ La révolution de 1830 et les procès des ministres de Charles XChapitre 8 sur 50 · Auliivo ii,ili(»n.ile · texte numérisé non relu

Auliivo ii,ili(»n.ile

LES ORDONNANCES DE JlILLET. 13

avaient choisies comme théâtre de leurs sinistres exploits.

L'impopularité du cabinet était telle que la sincérité de ses efforts pour arrêter le fléau ne rencontra que des incrédules et que l'opinion l'accusa de l'avoir propagé lui-même, afin de justifier par avance les mesures de réaction dont on lui attribuait le dessein. Les incendies de Normandie devinrent aux mains des ennemis du gouvernement un grief aussi grave qu'immérité, assez grave pour que plus tard les commissaires de la Chambre des députés aient pu le relever contre les ministres traduits à la barre de la Cour des pairs, et qui, disons-le dès à présent, à leur honneur purent du moins sur ce point protester victorieusement d'une innocence que les documents déposés aux archives de France ont démontrée depuis.

Nous esquissons à grands traits la physionomie de ces heures troublées, prologue du drame solennel qui les couronna, et nous n'insisterons pas autrement sur les difficultés qui se dressaient de toutes parts devant le ministère Polignac, provoquées en quelque sorte par lui, sur les incidents de tous les jours, les troubles qui éclataient par toute la France, les acquittements des journaux qu'il déférait à la justice, les nominations maladroites, les actes imprudents, les mille symptômes qui trahissaient son incapacité, ses préoccupations et son impopularité. Ce que nous avons dit suffit à démontrer combien faible, précaire, menacée, était sa situation quelques mois après son avènement. C'était, qu'on nous passe le mot, une situation de guerre.

Elle s'aggravait encore des dissentiments qui régnaient dans le conseil. A peine en présence au pouvoir, Polignac et La Bourdonnaye s'étaient divisés sur les points graves de la politique. Polignac croyait à l'influence du clergé; La Bourdonnaye ne croyait, disait-il, qu'à l'influence des gendarmes. Il voulait des mesures énergiques, rapides, violentes. Son collègue estimait qu'il y fallait le temps et beaucoup de prudence. Ils tendaient au même but, mais ils difl'éraient sur les moyens à employer pour l'atteindre. Ils souhaitaient l'un et l'autre la présidence du conseil et, en l'attendant, ils se disputaient l'influence sur leurs collègues. La Bourdonnaye se plaignait d'être entouré « d'imbéciles qui ne savaient pas prendre un parti ». Polignac avouait au roi que le ministre de l'intérieur était « insociable ». Un jour vint où Charles X dut choisir entre l'un et l'autre. Il n'avait fait entrer La Bourdonnaye dans le ministère que pour « essayer ces gens qui se plaignent toujours j>. Il décida donc que l'autorité de Polignac devait prévaloir et annonça son dessein de le nommer président du conseil. Ce fut le signal de la retraite de La Bourdonnave. Il abandonna le ministère en déclarant que « lorsqu'il jouait sa

t(Me, il aimait à tenir les cartes ». Il les avait IciMies li(tis mois et s'en fit dédommager en r«''('lamanl la pairie et une pension de 12 000 francs. (Charles X lui accorda Tuno et rautre. Monthel, ministre de l'instruction publique et des cultes, le remplaça au ministère de l'intérieur et eut luimême pour successeur M. de Guernon-Ranville, procureur p^énéral à Lyon '. Ce ne fut pas la seule modification que subit le ministère. Un peu plus tard, et quand Polignac s'engagea plus à fond dans la lutte contre l'opinion et contre la Cliarte, Chabrol et de Courvoisier refusèrent de le suivre. Ils se retirèrent en cédant la place à MM. de Peyronnet et de Gbantelauze.

Cependant les chambres s'étaient réunies le 2 mars. On attendait le ministère à cette épreuve décisive. Le discours du roi devait en effet exposer la conduite que Polignac comptait tenir et dont il n'avait pas encore fait connaître le programme officiel. Charles X parla et tint le langage le plus imprudent. A ses discours, la Chambre des députés riposta de deux manières également éclatantes et

1. Ne il Uaiivilli- (Calv.-hlos) o\\ I7S7. inori m ISCC. Il ;i laissô <!«•> nirfnoin's sur son iiiiiiistcrr cl sur Ir imtccs do IS:]0, tlaus lesquels nous avons puisé (rinléressanls détails.

fermes, d'abord en accordant dès le lendemain ses suffrages pour la présidence à Royer-Collard dont on connaissait les sentiments hostiles au ministère, ensuite en refusant son concours, dans une déclaration célèbre, et en posant résolument la prérogative parlementaire en face de la prérogative royale.

Le 16 mars, l'adresse qui contenait cette déclaration fut votée par 221 voix contre 181. Le ministère était vaincu. Cependant il ne se retira pas, considérant le langage de la Chambre des députés, non comme le libre exercice des droits du parlement, mais comme une violation du droit réservé au roi par la Charte de choisir ses ministres, et comme un outrage à la couronne. Dans le conseil qui suivit ce vote, le roi exprima l'avis que la chambre avait manqué à ses devoirs et que, dans sa pensée, il y avait lieu de prononcer sa dissolution. A Fexception de Guernon-Ranville, tous les ministres parlèrent dans le même sens ou s'abstinrent de contredire le roi. Guernon- Ranville émit l'opinion que la dissolution trans. formerait le caractère de la lutte qui s'était engagée entre la Chambre et le ministère et ferait entrer dans cette lutte la couronne elle-même, en

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l'cxposanl à lous les périls d'un éciicc «ievaiil lus électeurs; qu'en conséquence, il fallait tenter la session avec la Chambre, en fernianl 1rs yeux sur les termes dv Tatlresse et en ne iirésentant (|uo des lois indispensables. On gagnerait ainsi une année et on obligerait la Chambre ou à faire sa soumission ou à accentuer sa révolte parle refus de voter les impôts, ce qui justitierait alors les mesures rigoureuses ({ue le roi croirait devoir prendre. Les conseils, d'ailleurs insuffisants, de Guernon-Ranville ne furent pas entendus, et personne parmi sescollègues n'eut ledésintéressementou la sagesse d'avouer que la retraite du ministère pouvait seule écarter les périls que l'on cherchait à combattre.

Le 18 mars, Charles X, entouré de ses ministres, des grands dignitaires et d'un cortège brillant et nombreux, reçut aux Tuileries la commission de la Chambre des députés, chargée de lui présenter l'adresse. Hoyer-Collard en donna la lecture. Le roi écouta froidement, puis il dit : « J'avais le droit de compter sur le concours des drnx ( li.iinbres pour accomplir le bien que je nn-dilais. Mon cœur s'afllige de voiries dépub-s des déparb'ments déclarer «jue, de leur part, ce concours n'existe pas. Messieurs, j'ai annoncé mes résolutions dans

mon discours d'ouverture de la session. Ces résolutions sont immuables. L'intérêt de mon peuple me défend de m'en écarter. Nos ministres vous feront connaître nos intentions. » Ce discours s'acheva dans un silence glacial. Polignac était radieux. Il triomphait.

« La Chambre est condamnée », dit M. Royer- Collard à ses collègues, en descendant l'escalier des Tuileries.

Le lendemain, en effet, il recevait ampliation de l'ordonnance qui ajournait la session au l*^"^ septembre. Cet ajournement équivalait à une dissolution et ne la précédait que de quelques semaines. Personne ne s'y trompa. Selon le mot du président, il n'y avait plus de chambre.

Pour la première fois depuis le commencement de son règne, Charles X manifestait une volonté énergique et prenait ouvertement parti pour ses ministres contre le pays, sans comprendre qu'il attirait sur lui, par cette imprudente provocation, l'impopularité sous le fardeau de laquelle ils étaient condamnés à périr. Tous les hommes que n'aveuglait pas la passion ou l'ambition déplorèrent cette politique fatale, qui livrait l'avenir à d'inévitables et périlleux conflits.

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A rex(ej>tioii «lo Pulii^^iiac, les iniiiislrcs qui ra|)[>liquaient eu étaient également alarmés. Seul, le président du conseil conservait, au milieu des appréhensions de tous, une imperturbable (juiétude dont il se plaisait à fair<' |i;ira<b' dans ses entretiens avec les personnages qui venaient le voir. Parlant à l'un d'eux des 221 votants de l'adresse, il disait avec assurance :

a Ils n'oseront rien, ils ne feront rien, tout se passera en vains propos; il n'y a qu'une ébullitioii à la surface : en soufflant dessus, toutdisj)araîtra ».

Il appelait ébullition de surface la violente émotion (jui s'emparait peu à peu de la France, l'accueil triom[)bal que, dans tous les départements, on faisait aux députés dont le vote avait été hostile au cabinet, les ban(juets (ju'à Paris un donnait en leur honneui-, Fatlitude de la presse et le formidable mouvement de l'opinion s'exprimant sous toutes les formes en son j)Ouvoir. Ces funestes symptômes, précurseurs d'une révolution, ne le touchaient pas, n'ébranlaient j)as cette conliance dans sa sagesse et son baltib'l*', (juil était parvenu à faire parlaj^cr au roi, et cet aveugle entêtement, qui faisait dire à un Aiii:lais,(l<' passage à Paris :

« On dit que Polignac a la fatale obstination des martyrs, genre de courage le plus dangereux de tous. »

Cependant, les avertissements ne lui manquaient pas; ils lui venaient de divers côtés. Un jour, M. de Talleyrand, auquel il annonçait la prorogation de la chambre, lui répondait :

« Ah! vous prorogez! alors je vais acheter une propriété en Suisse ! »

Un autre jour, il recevait de La Ferronnays, son prédécesseur au ministère des affaires étrangères, devenu ambassadeur de France à Rome, une lettre qui se terminait comme suit : « Adieu, cher Jules; quand tu recevras cette lettre, tu seras au milieu de grands embarras. Puisse le ciel te bien inspirer, et le résultat justifier tes mesures et réaliser tes espérances. J'avoue, mon ami, que je ne les partage pas, et je trouve dans les craintes que me fait concevoir notre avenir un motif de plus pour désirer avec ardeur que tu ne te trompes ni sur tes forces, ni sur tes moyens, et que tu sortes heureux et triomphant du grand et dangereux combat que tu as cru devoir engager ».

Mais que pouvaient ces conseils sur un esprit

profondément pénétré de sa supériorité, nous allions dire de son infaillibilité, qui se sentait fort de l'appui du roi et qui croyait voir dans ses rêves la sainte Vierge descendre vers lui et lui promettre assistance, en lui enjoignant de persévérer dans ses desseins?

Les objections mêmes qu'y faisaient ses collègues le touchaient peu. Il assistait à leurs délibérations, souriant, un peu dédaigneux, exprimant par son attitude qu'il ne partageait ni leurs inquiétudes, ni leurs scrupules, et qu'il attendait tout, non des mesures qu'ils proposaient, mais de la force surnaturelle qui l'inspirait. Il ne semblait s'arracher à ses rêveries que pour s'occuper de l'expédition d'Alger, alors en préparation, et tenir tête à l'Angleterre, qui s'efforçait de l'entraver. L'attitude du prince de Polignac vis-à-vis du cabinet de Saint-James est le seul trait de sa carrière politique qui puisse lui être compté comme un titre d'honneur.

La chambre prorogée, les ministres s'occupèrent, sous la présidence du roi, d'arrêter la conduite qu'ils devaient tenir. D'Haussez, ministre de la marine, et Guernon-Ranville, ministre de l'instruction publique, étaient hostiles au projet de dissolution. Le premier pensait qu'il n'était pas impossible de constituer une majorité dans la Chambre des députés,. Pour former cette majorité, il suffisait de déplacer 25 voix. D'après lui, ce déplacement n'était qu'une affaire de place et d'argent.

« En dépensant trois millions et en distribuant habilement quelques emplois, disait-il, nous pouvons acheter quarante voix. »

<i Nous connaissions, a-t-il écrit plus tard, le tarif des consciences; il n'était pas trop élevé. »

Cette proposition fut repoussée par le roi comme immorale. D'Haussez n'insista pas : mais il réclama des mesures de sûreté. Il entendait par là Télimination de tous les fonctionnaires dont le dévoùment était douteux et la formation d'un camp sous Paris. On lui donna satisfaction, en destituant le directeur général des domaines, et six préfets considérés comme ennemis; à ce prix on le rangea au parti de la dissolution. Guernon- Ranville persista à s'y opposer. Ne songeant qu'au péril qui résulterait pour la couronne, devenue solidaire des résolutions du cabinet, de l'élection d'une Chambre nouvelle, si le gouvernement s'y trouvait en minorité, il aurait voulu qu'on tentât de vivre encore avec la Chambre actuelle. Mais il ne put rallier ses collègues à son opinion. Il se laissa entraîner par leur conviction, et la dissolution fut résolue.

Toutefois, il ne suffisait pas de l'avoir résolue; il fallait encore examiner les deux hypothèses qu'elle soulevait et arrêter le plan qu'on suivrait dans l'une et dans l'autre. Ou la Chambre nouvelle offrirait une majorité au gouvernement ou elle serait plus hostile que celle qu'on allait dissoudre. Le conseil décida que, dans le premier cas, le

g-ouvernement proposerait diverses modifications â la loi électorale et une loi rigoureuse contre la presse. Quant au second cas, la majorité du conseil ne le considérant pas comme possible, on ne jugea pas utile de s'en occuper.

« Le roi avisera », se contenta de dire M. de Polignac, les yeux fixés sur l'article 13 de la Charte.

C'est avec cette légèreté et cette absence de plan qui livraient la monarchie à tous les périls de l'imprévu que le ministère engageait contre le pays cette grave partie dont le trône allait devenir l'enjeu.

Tous les membres du cabinet ne partageaient pas au même degré la confiance du prince de Polignac. Chabrol, Courvoisier et Guernon-Ranville exprimaient l'opinion que le ministère n'était pas à la hauteur de sa tâche : « Nous ne sommes point en force pour soutenir la lutte de tribune qui va bientôt se rouvrir, écrivait ce dernier. Des influences en dehors du conseil nous poussent vers de mauvaises voies; enfin, il n'y a dans notre marche ni ensemble ni fermeté. Nous avançons sur une ligne indécise, sans plan, sans système arrêté; nous vivons au jour le jour, dans une

confiance aveugle, tandis (juc Toraire se forme et nous menace de toutes parts. » La nécessité d'iim' modification ministérielle commençait donc à s'imposer.

Une circonstance particulière lit croire un moment que cette modification serait immédiate. Il y avait alors un homme qu'un long séjour aux affaires, les talents par lesquels il s'y était révélé, la confiance dont le roi l'honorait semblaient désigner pour diriger heureusement la monarchie à travers les périls qui se pressaient autour d'elle. C'était M. de Villèle*. Après s'être tenu longtemps éloigné de Paris, il venait d'y rentrer au lendemain de la prorogation de la Chambre, et presque aussitôt, la plupart des amis éclairés de la royauté, des membres du centre droit et du centre gauche, les mêmes qui jadis l'avaient renversé, oubliant les griefs du passé, oubliant même son attitude malveillante envers l'administration

1. N«' à Touluiiso on ITTM, iiiorl vu isrvi. M.iirc de s;i ville natale pl (Icpiité en ISlo; ministre sans portelenillc pendant les six premiers mois de 1S2I ; ministre des llnanees à la lin de telte même année. Son avènement à la direelion <\v^ aiïaires man|ua le triomphe de la politiciue de droite et la défaite d»' la politiqne du centre, irréparablement atteinte par une coalition dans la personne du duc de Ilichelieu et du comte de Serre. Au mois «le septembre 1S22, il devint président du conseil et conserva le pouvoir juscju'en 1828.

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de Martignac, ne se souvenant que de ses services et de son habileté, s'étaient hâtés de se réunir autour de lui, en le déclarant seul capable de dénouer sans conflit la crise provoquée par Polignac.

L'accueil que lui fit le roi permit de croire que sa rentrée au pouvoir était arrêtée dans la pensée de Charles X. Mais on se trompait. La bienveillance dont Yillèle fut l'objet cachait le dessein formel de ne pas utiliser ses services. Polignac le redoutait. Il ne voulait pas abandonner le gouvernement. 11 comprenait qu'un homme de la valeur de Villèle aurait bientôt réduit à rien son rôle et annihilé son influence sur le roi, et il avait jeté dans l'esprit de ce dernier les préventions les mieux faites pour écarter du ministère ce terrible rival. On peut résumer cet incident en affirmant qu'à cette heure, la monarchie menacée toucha le salut. Villèle blâmait énergiquement la politique de M. de Polignac, et s'il était devenu ministre, en aurait arrêté sur-le-champ le funeste développement. Cette majorité parlementaire dont Polignac entendait se passer et que l'un de ses collègues voulait former, même à prix d'argent, Yillèle l'eût apportée au gouvernement. Sur

le liniit <lo sa rentrée, elle était venue s'offrir à lui avec une unanimité rassurante pour l'avenir. Une fois de plus, Tinfluence de Polignac fut fatale à la maison des Bourbons, et tandis qu'il croyait se consolider au ministère en écartant Villèle, auquel il n'offrit un portefeuille que par politesse et pour la forme, dans des conditions inacceptables, il assurait sans le vouloir, avec les meilleures intentions, la chute de la monarchie, à brève échéance.

La candidature avortée de M. de Yillèle fut le dernier effort de l'opposition constitutionnelle. Il repartit peu de jours après pour sa terre de Morville, en disant :

c( La monarchie m'a fait l'effet d'une place minée et contre-minée dans tous les sens, que la moindre étincelle peut faire sauter. »

Un mois environ s'écoula qui fut entièrement consacré aux derniers préparatifs de l'expédition d'Alger, et qui ne fit qu'accentuer l'impopularité du cabinet et ses dissentiments en ce qui touchait la politique intérieure. Ces dissentiments éclataient dans le conseil toutes les fois que le projet de la dissolution était soumis à son examen. Quelques-uns des ministres persistaient à adjurer

Polignac de faire connaître quel plan il tenait en réserve pour ressaisir la situation et en rester maître, si la nouvelle Chambre était hostile. Mais il ne répondait [(as ou répondait évasivement, laissant toujours entrevoir le dessein de recourir à Tarticle 14 de la Charte. Néanmoins quand les minisires eurent pris connaissance des rapports des préfets, presque tous favorables à des élections, les [(artisans de la dissolution l'emportèrent. Ce fut le signal de la retraite de Courvoisier et de Chabrol, qui n'avaient cessé de déclarer qu'ils ne s'associeraient pas à une politique de coup d'État. Le roi fit alors appel à Peyronnet* et à Chantelauze " que depuis longtemps il tenait en réserve pour cette éventualité.

Peyronnet devenait ministre pour la seconde fois, ayant fait partie du cabinet Villèle dont il avait partagé la fortune jusqu'au bout. Nature ardente et passionnée, avec des dehors de misanthrope, plein de confiance en lui-même, au même degré que Polignac, dévoué au roi comme un fidèle serviteur, dogmatique et vaniteux, autoritaire à l'excès, Peyronnet, en dépit de sa scrupu-

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