Né à Montbrison en 1787, mort en
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leuse honnêteté, a mérité d'être jugé sans bienveillance. Un de ses collègues, d'Haussez, a écrit : « 11 avait un ton tranchant et affirmatif qui semblait repousser toutes les assertions qui ne venaient pas de lui, et il avait été sans doute deviné par Tauteur des Lettres Persanes lorsqu'il disait de deux pédants : la conversation de l'un se résumait à ceci : « Ce que je dis est vrai, parce que je Tai dit » ; celle de l'autre : « Ce que Ton dit n'est pas vrai, parce que je ne l'ai pas vu ou entendu ».
Le roi jugeait autrement M. de Pevronnet.
« C'est Ihomme qui i>eut le mieux réussir dans les élections, disait-il; il donnera un coup de fouet à l'opinion. »
Le roi se trompait. Pevronnet n'avait pas bénéficié de la réaction qui s'était opérée peu à peu en faveur de Villèle. Le souvenir des lois déplorables auxquelles il avait attaché son nom, par la violence «ju'il mit à les défendre après les avoir présentées, demeurait vivant dans toutes les mémoires «'l maintenait son impo|>ularité, qui devait lalalcment accroître celle du cabinet dans lequel il entrait comme ministre de l'intérieur. Quand on vit Polignac s'associer un tel collaborateur, il n y eut plus
de doute sur ses intentions.il poursuivait la dissolution; il entendait épuiser jusqu'au bout les conséquences-de son système. Ce trait mit le comble à l'animosité des partis et détacha de la cause royale des hommes qui déploraient la faiblesse et raveuglement de Charles X, sans cesser d'espérer cependant qu'il se séparerait à temps du prince de Polignac. Mais telles n'étaient point les dispositions du roi, qui s'écriait :
a Ce qui a toujours manqué, c'est l'audace de planter son drapeau; eh bien! le nom seul de Peyronnet est un drapeau que j'élève. »
La nomination de Chantelauze comme garde des sceaux, en remplacement de Courvoisier, ne souleva pas les mêmes ressentiments. Premier p'résident de la cour de Grenoble, Chantelauze, magistrat éminent, était peu connu comme personnage politique. Il avait résisté pendant plusieurs mois aux obsessions du roi, qui le souhaitait comme ministre, à la recommandation du dauphin. Enfin, ce dernier, revenant de Toulon, passa par Grenoble et arracha à Chantelauze un consentement qui ne fut donné qu'à contre-cœur. « Regarde-moi comme une victime à immoler et plains-moi, écrivait-il à son frère. Je cède à des ordres qui ne per-
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mettent que lohéissance ». Et ailleurs il ajoiilail : a Je vais jouer ma tète pour une haute fortune! » Comment nètre pas touché «le ces elTorts pour échapper à un périlleux honneur et de cette résignation à suhir par dévouement au roi une catastrojdie certaine?
Monthel fut victime d'un dévoùment analogue. Après avoir cédé le ministère de l'intérieur à Peyronnet, il s'était retiré et se croyait lihre. Mais le roi le contraignit à accepter le portefeuille des finances, et ses efforts pour échapper à cette douloureuse obligation furent vains. Afin de couronner ces modifications, on détacha du ministère de l'intérieur la section des travaux publics qui, réunie à la direction générale des ponts et chaussées, forma un ministère nouveau, le ministère des travaux publics, à la tète duquel on appela le baron Gapelle ', préfet de Versailles, ancien secrétaire irénéral de l'intérieur.
Les changements qui viennent dèlre indi(piés avaient été arrêtés en inincipc jiai' le cabinet tout entier. Mais quand vint Theure de les exécuter, Polignac jugea bon (h- n'en pas entretenir de nou-
1. Nf il Salcs-Curaii (Htuicr^MM' m ITT.'i. iiiorl ii .Minilpcllirr ni
veau ses collèirues. Tout fut combiné entre le roi, le président du conseil et les intéressés, à Texclusion des ministres qui conservaient leurs portefeuilles. Le maintien de Guernon-Ranville dans le cabinet ne fut dû qu'à son ignorance de l'événement. Il n'attendait rien de bon de la marche de Polignac et avait exprimé plusieurs fois le désir de se retirer. Le 19 mai, les ordonnances portant nomination des nouveaux ministres étant déjà signées à son insu, il reçut le matin la visite du président du conseil, qui lui dit d'un air dégagé :
(( Eh bien? nous avons trois nouveaux collègues.
— Vous me soulagez d'un poids énorme, répondit-il, en prenant la main de Polignac et se croyant remplacé par l'un des trois nouveaux, ce sera pour moi un heureux moment que celui où j'installerai mon successeur dans cet enfer qu'on appelle le cabinet du ministre.
— Que voulez-vous dire? Mais vous nous restez! s'écria le président en exposant à son collègue la nouvelle combinaison. Et comme ce dernier le suppliait de proposer au roi son remplacement immédiat : — C'est impossible, absolument impossible; le roi ne veut plus entendre parler d'aucun