CONDITIONS DE I,' ASSOCIATION
Les colons sont solidaires. Ils sont associés pour les travaux agricoles et pour les travaux industriels, et les bénéfices à partager se composent des produits des deux industries combinées.
Sur le produit brut de la colonie, on commence d’abord par prélever le salaire du travail.
Ce salaire est uniforme pour les travailleurs de la même catégorie ; mais il pourrait y avoir plusieurs catégories différentes.
Le conseil d’administration, nommé par les colons et présidé par le directeur, déterminerait les diverses catégories et fixerait le taux des salaires pour chacune d’elles.
Le salaire serait payé chaque semaine, mais, en dehors de ce salaire fixe, tous les associés auraient droit à une part dans les bénéfices.
Dans la fixation du prix des salaires, on prendrait pour base du minimum le taux moyen actuel de chaque profession et de chaque contrée.
Ce taux moyen pris pour minimum d’une part, les économies réalisées dans les dépenses, par la consommation sur une grande échelle, d’autre part ; enfin, le droit à un dividende ou à une fraction des bénéfices, introduirait dès le principe des améliorations notables dans le sort des travailleurs.
Le minimum du salaire serait garanti, dans tous les cas, par le fonds de réserve dont il va être parlé.
Après le montant des salaires, on prélèverait sur le produit l>rut les frais quelconques d’exploitation, les frais d’entretien du matériel, enfin l’intérêt à 3 p. 0/0, au profit de l’Etat, de tout le capital engagé. Ces frais et cet intérêt feraient partie des dépenses annuelles, et seraient mis à la charge de l’association.
Ainsi, les colons payeraient chaque année à l’Etat l’intérêt à 3 p. 0/0 de tout le capital que la colonie aurait coûté.
Tout ce qui resterait du produit brut formerait le produit net, ou le bénéfice.
Ce bénéfice serait ainsi partagé :
1° Un quart serait prélevé au profit de l’Etat pour servir à la fondation de colonies nouvelles ( affectation spéciale. )
. 2° Un autre quart serait consacré à composer un fonds de secours destiné aux vieillards, aux malades de la colonie. Sur ce fonds, on payerait le médecin, les frais de pharmacie et d’infirmerie, etc. Toutes ces dépenses seraient supportées par l’association.
. 3“ Un autre quart servirait à former un fonds de réserve, lequel serait affecté à réaliser la solidarité de toutes les industries, l’assurance mutuelle entre les colonies différentes et entre tous les ateliers sociaux de la République. De la sorte, les ateliers ou les colonies qui, une année se trouveraient en souffrance, pourraient être secourus par ceux qui auraient prospéré.
Ce fonds de réserve, composé d’une retenue d’un
quart sur les bénéfices de toutes les colonies et de tous
les ateliers, formerait bientôt un capital considérable,
lëqrtèl n'apfKtrtieudrnit à personne Pli particulier, niais Appartiendrait à toits collectivement.
Le fonds de réservé «h* lotis les ateliers dé l'VafMüft serait confié, Sous la SltfVenlâniîê de FÊtat, à Un conseil Supérieur d'administration <jui, lé cas èCraéftnt, aurait à répartir les secours, tjui aurait, en outre, à employer prodUctivcmént lé capital collectif.
V’ Enflh, le dernier quart des bénéfices serait attribué aux colons et réparti entre tous, proportionellemefit au nombre dnS journées dé travail fournies dans l’année par chaque associé, tolttés les journées de travail étant considérées cohimé équivalehtes.
Lés femmes, les èbfants deé débit sexes qui auraient travaillé dans la colbllië, auraient droit à une part dans les bénéfices.
Or, comme dans les ateliers agricoles industriels on ftéiit tiref parti des bhis les plus faibles, des intelligence^ les plus bohiées, le père d’uhe nombreuse fafhille n'aurait pas, comme aujourd'hui, à supporter seul les dépensés d’Ü méhàge. lVun autre coté, la erèèhe, là Salle U’ftsllo , l’éè'ole gratuite, se chargeraient de l'éducation des enfants, et la colonie pourvoirait, sur le fohds de Secours, aux frais de maladie, à l’entretien dés Infinités et des vieillards.
À eès colonies on pourrait aimexer deS établisse-» ïhëiits qui deviendraient pour elles dès cattses de pros-» périt#'- cfert aillé, des sources fécondes de revenus :
1° (me école d’agriculture dans laquelle on adriiët- Iràil élèves payant pension , lxnirsiers entretenus aux frais de l’Etat, dés départements, des communes; lëé profeSseiirs seraient baturcllcmeni payés sut le budget
— j or, —
dé l'éducation publique; les enfants (loin colonie ?>crtrféUt admis h 'suivre le cours à titre gratuit ;
2" t.os hospices à fonder pour les invalides de l'industrie ^ les maisons de retraite à fonder pour les vieillards de l’un et de l’autre sexe;
J" l.es établissements charitables placés aujourd'hui au sein des villes, et qui seraient bien mieux à la campagne, où ils coûteraient moins cher, où les pensionnaires mèneraient une existence plus heureuse, en même temps qu'ils pourraient se rendre utiles dans les travaux dç jardinage ;
'f" lies hospices d’orphelins ou d’enfants trouvés. De ces enfants on s’attacherait à faire des cultivateurs.
La vie étant moins Coûteuse à la campagne, l’Ktnt, les departements, les communes, qui supportent les frais de ces institutions de charité, auraient intérêt à s’entendre avec l’administration de la colonie, et pour» raient ainsi réduire la liste civile de la misère ou faire participer aux secours un plus grand nombre de malheureux.
Si l’on transportait dans les colonies les invalides, lés infirmes, les vieillards, les indigents, les orphelins entretenus à grands Frais dans les villes, on donnerait à nos colons des consommateurs pour leurs denrées et pour leurs produits manufacturés, et fou enrichirait le sol des éngrais qui peuvent être fournis par une population nombreuse; < . ’ ' i
Dans notre jiénséê, il devrait êtée établi de§ rapporté d’étroite solidarité entre les différentes colonies, puft
entre tous les ateliers places sous la direction de l'État. Ces ateliers deviendraient naturellement clients les uns des autres, et régulariseraient entre eux les échanges de services. Chacun produirait de préférence ce qu'il excelle à produire, soit à raison de la nature même du sol ou de la situation géographique, soit à raison des aptitudes spéciales de la population. l’État, directeur suprême, combinerait et distribuerait les travaux, répartirait les commandes , maintiendrait l’équilibre de la production et de la consommation.
Voilà l’exposé sommaire de notre plan. Nous aurons à le développer devant vous dans ses moindres détails.
Il nous reste maintenant à expliquer à l’aide de quelles ressources l'Etat pourrait suttirc à la fondation des colonies.
Ces ressources nous seraient fournies par le produit des entrepôts et des bazars commerciaux, par le produit des assurances centralisées , par les bénéfices annuels des banques nationales.