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introduits au milieu des plus vives acclamations de l’Assemblée et des cris de : Vive la République ! vive le Gouvernement provisoire! Jamais accueil plus sympathique et plus cordial ne fut fait à un Gouvernement. L’émotion est dans tous les cœurs.
M. Arago, membre du Gouvernement provisoire.
Citoyens délégués, le Gouvernement provisoire a désiré vous voir réunis autour de lui, pour vous remercier du fond de son cœur de la magnifique, de l’imposante manifestation d’avant-hier. Vous avez montré au monde entier que nous avons résolu dans notre pays un problème qui semblait insoluble, que nous savons faire marcher de front l'ordre et la liberté.
Nous avons parcouru, avec la plus vive satisfaction, le tableau de l’effectif des gardes nationales. Ce tableau est la preuve parlante du zèle intelligent que vous avez mis à vous faire inscrire. Mais votre tâche n’est pas finie; il vous reste encore un devoir à remplir : réunissez-vous, concertez-vous afin que les nominations soient l’expression de la volonté de tous, afin qu’elles n’amènent pas à la tête de la garde nationale des personnes qui seraient indignes de la commander afin que ces nominations se fassent, pour tout dire en un seul mot, dans un sens véritablement républicain. (Bravo!)
Un délégué. C’est le vœu de tous les délégués.
M. Arago. Si quelques-uns de vos camarades ne sont pas encore inscrits, qu'ils se hâtent : toutes les facilités leur seront offertes ; le Gouvernement provisoire a désigné plusieurs de ses membres pour aller s’enquérir, dans le sein môme des municipalités, des
difficultés qui pourraient s’y rencontrer et pour les brisera l'instant. (Applaudissements.)
Citoyens, je le répète, concertez-vous, formez des comités séparés, ou réunissez vous à d'autres comités déjà existants; examinez le mérite, la moralité, les principes de tous les candidats; ne vous prononcez qu’en connaissance de cause.
Citoyens, afin d’arriver à un examen plus complet, à un concert moins superficiel, plus profond, vous avez désiré que les élections fussent ajournées. Elles sont ajournées. (Bravo! bravo!)
Elles auront lieu le 5 avril. 11 ne nous reste plus que ce vœu à émettre : faites vos élections avec votre cœur, en mettant de côté' toutes influences étrangères, et la République sera satisfaite. Vive la République !
Le Gouvernement provisoire se retire au milieu des acclamations répétées de : Vive la République! vive Arago ! vive Dupont (de l’Eure) ! vive Ledru Rollin ! vive fout le Gouvernement provisoire !
Louis Diane rentre quelques instants après en séance et s’exprime en ces ternies :
« Mes amis, nous vous convoquerons très-prochainement pour agiter, devant vous, les grands problèmes qu’avec vous et pour vous nous avons décidé de résoudre. Aujourd’hui, la séance devait se borner pour vous à un échange fraternel de sympathies et de sentiments avec les membres du Gouvernement provisoire. Je viens donc vous annoncer que la séance est levée, en vous disant de nouveau du fond du cœur : merci! » (Vives acclamations qui se prolongent longtemps après le départ de M. Louis Blanc.)
Les délégués commencent à sortir de la salle ; mais M. Louis Blanc, reparaissant tout à coup, le visage rayonnant de joie, les arrête dans les escaliers par ces mots : « Mes amis ! remontez ! j'ai une grande nouvelle à vous donner ! » Tout le monde s’élance aussitôt dans la salle.
M. Louis Blanc. Deux mots seulement. (Profond silence.)
La République , que nous avons proclamée, va triompher sur tous les points de l’Europe.
Je viens d’apprendre de mon honorable collègue, M. de Lamartine, ministre des affaires étrangères, qui vient d’en recevoir la nouvelle, que l’Autriche est en révolution. (Explosion d'applaudissements. — Cris de joie.)
L’Autriche est si bien en révolution, que Metteraich est en fuite. (Immense enthousiasme.)
De toutes parts : Vive la République 1 vive lu République universelle !
Coinniitwion de Gouvernement pour Ica travailleur*.