‹ La révolution des Pays-Bas au XVIe siècle (volume 2)Chapitre 8 sur 9 · JN · texte numérisé non relu

JN

RKVOLUTION DES PAYS-BAS

d argent pour ses troupes. On lui en donnait abon

damment, mais cela no suivait point. AussT es Z2~

•cena, res, en allendanti se ^^ j£jg£

dans les provinces méridionales; mangeant thtél vert et trouvant à voler et a pil^ , a K^ £ pillage avaient déjà passé tant de fois qu'on eût dû croire qu il n'y avait plus d'aliment aux rapines Voua comment les soldats traitaient les paysans" mdisqù^ Gand leur maître trempait dans les intrigues sans ■ ssue qu'étendaient sur cette malheureuse ^1 e deux démagogues, les plus odieux dont jamais cause sacrée ait été polluée. Le caractère de Jea'n Cas Sr é a t b en apprécie et par le cardinal Granvelk-. son ennemi et par Guillaume de Hesse, son parent et amTTl avai pour exp loils le vol et le pillage ; pour destmée d Im brouiller Je chaos. D'Anjou, dégoûté de la laveu momentanée dont jouissait un rival pour lequel il S? chait un souverain mépris, dans un a clé" de depft" «cencia ses troupes et se disposa à rentrer en France mm diatement, plusieurs milliers de ses solda £ pï renl service parmi les Malcontents sous Montignv grossissant ainsi les rangs des plus mortels ennemis" d ? ce pays que d'Anjou avait accepté de protège L armée des Etats, de son côté, s'était rapidement 5t soute. A peine leur restait-il assez d'hommes pour

SKSTiSS campag ? e ou iw ^~ ffi -«

v!n7 ! \ P USimp ° rtantes - Les malheureuses Pro- V mces déchirées par les discordes civiles et religieuses étaient parcourues par des hordes de soldats non payes, de toutes nations.de toutes croyances, d toutes

AlEnds S r gn0lS ' Itali6nS ' Bourguignons/wXS Al émanas Ecossais et Anglais; les uns venus pour

ou divi'J 68 "S* P0UI ' k dé,bnse > <»ais tous oisifs,

d o, ,, J , ' SaU qUand l! S ' agissaii de maltraiter et doutager les pauvres paysans sans défense ou les habitants des petites villes. Les chroniques du temps

ALEXANDRE DE PARME

regorgent de scènes domestiques, de meurtre et de rapine, dontles acteurs sont invariablement l'insolente soldatesque étrangère et leurs victimes au désespoir.

Gand, — l'énergique, la riche, la puissante, la passionnée, la turbulente Gand, — était pour le moment le foyer des désordres, le centre d'où rayonnaient non pas les chaudes et lumineuses effluves d'une liberté raisonnable et sage, mais les flammes incendiaires d'une licence sanguinaire et d'une sauvage anarchie. Ville citée uu nombre des plus riches et des plus puissantes de la chrétienté, la seconde ville des Pays-Bas, sa destinée l'avait si souvent conduile à dépasser les bornes du bon sens et de la modération dans son culte pour la liberté, et à devoir subir de la main des princes, que ses propres excès avaient rendus puissants, d'ignominieux châtiments, que son nom était passé en proverbe. Elle devait, cette fois encore, méconnaître, malheureusement et sans remède possible, sa véritable position. Le prince d'Orange, architecte savant des grandeurs de sa patrie, voulait faire de Gand la clef de voûte de l'arc qu'il s'occupait d'édiiier. S'il lui eût été donné d'amener son plan à perfection, le monument, rempart éternel contre la tyrannie et l'injustice, eût affronté les siècles. Mais le frêle échafaudage temporaire dont le grand artiste avait soutenu son œuvre inachevée, fut mis en pièces par des mains grossières et rudes; la clef de voûte disparut dans l'abîme, pour s'y perdre à jamais, et le travail d'Orange resta dès l'origine à l'état fragmentaire. Les excès démagogiques, l'horreur de la licence, la jalousie des nobles, la rivalité des chefs militaires, venaient chaque jour jeter sur sa roule héroïque de nouvelles pierres d'achoppement. Six mois à peine après avoir pris les rênes du pouvoir, Parnèse, hardi et souple, tenait l'épée à deux tranchants des discussions reli-

gieuses d une main aussi ferme que le fameux brandon avec lequel, à Lépante, il s'était élancé à bord de de la galère de Mustapha Bey, et il coupait les Pays- Bas en deux tronçons qui ne devaient jamais plus se réunir. Le traité séparé conclu entre les provinces wallonnes allait opérer la division de l'élément celte et romain d avec l'élément batave et frison, et détruire ainsi une nationalité qui, par la fusion de toutes ses parties, aurait constitué le plus admirable mélange à pariée résislance dont l'histoire ait jamais eu

En attendant, l'herbe croissait et le bétail paissait dans les rues de ce Gand où jadis les pas bruyants des artisans allant et venant étaient comme le mouvement cl une puissante armée. La grande majorité des habitants étaient de la religion réformée et décidés à opposer une résistance ferme aux Malcontents conduits par la noblesse aigrie. La ville, qui se regardait comme la tête des provinces méridionales, s'indignait de l'audace de la partie wallonne proclamant de nouveau la suprématie de Rome qu'on venait de renverser, et déclarant encore possibles des rapports d'amitié avec un souverain complètement déchu. Il y avait cependant deux partis dans Gand, tous deux conduits par des hommes dangereux et sans foi. Hembyze, le plus dangereux des deux chefs populaires, était changeant, cruel, lâche et perfide, mais possédante don de l'éloquence et de l'intrigue. Ryhove avait plus de courage, sans plus d honnêteté; il était- violent, acre et sans aucun scrupule. Ryhove se regardait comme l'ami du Prince. Nous 1 avons vu prendre l'avis d'Orange avant sa mémorable attaque contre d'Aerschot dans l'automne de 1 année précédente, et nous savons comment s était terminée cette conférence.

Le Prince, avec cette teinte de dissimulation oui provenait plutôt de ses théories politiques que de son

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caractère, et que peut-être, en ces temps d'intrigues, aucun de ceux qui aspiraient à gouverner les hommes soit en bien, soit en mal, ne pouvait éviter, le Prince avait souri à un projet qu'il ne voulait cependant point approuver ouvertement. A vrai dire, il ne connaissait pas à l'ond Ryhove, autrement il n'eût pas manqué de rejeter avec mépris un instrument aussi ignoble que l'était cet homme, comme on le vit par la suile. Les violences de ce personnage, lors de l'arrestation d'Aerschot, étaient delà douceur, comparées au forl'ait dont il va souiller la cause de la liberté. Il avait reçu l'ordre de quitter Gand pour aller à la rencontre d'une troupe de Malcontents qui se rassemblaient dans le voisinage de Courlrai ; mais il se jura de ne point franchir les portes aussi longtemps que deux des gentilshommes, arrêtés par lui le 28 octobre précédent, seraient encore en vie. Ces deux victimes étaient l'ancien procureur fiscal Visch et le membre du Conseil de Sang, Hessels. Ce dernier avait, à ce qu'il paraît, déclaré à Ryhove haine éternelle pour les outrages que celui-ci lui avait fait subir, et il avait juré, « par sa barbe grise, » que quelque jour il ferait pendre ce bandit. Ryhove, ne se sentant point en sûreté dans le présent état de choses, et sachant bien qu'il ne pouvait se fier ni à Hembyze, son ami jusqu'alors, ni aux nobles emprisonnés, ses ennemis implacables depuis toujours, Ryhove résolut de détruire au moins l'un des deux dangers qui le menaçaient avant de se mettre en campagne contre les Malcontonts. En conséquence, le 4 octobre 1578, Visch et Hessels, occupés à jouer aux échecs dans leur prison, reçurent tout à coup l'ordre de monter dans un carrosse qui venait de s'arrêter devant la porte. Une troupe de gens armés suffisante pour faire exécuter l'ordre par la force accompagnaient celui qui le portait. Les prisonniers obéirent, et le carrosse se mit à rouler lentement par les rues de la

Se ville 0111 ' ,a P ° rle ^ C ° Urtrai 6t Prit la route ^

Après quelques minutes, on fit halle. Ryhove appa-

né Ll T hère 6t ann ° nça aux Pri/onniersïtu-

petaits qu on allait incontinent les pendre à l'un des arbres qu, bordaient le chemin. Le vieux Hessels qu> 1 avait menacé lui-même de la hart en jurant par » sa barbe grise, >, offrait trop beau sujet de raillen" pour que Ryhove laissât passer l'occasion. « Tu ne vivras jamais assez longtemps pour porter barbe

HoZïïZ e V bandit! " ^^itaudaoieusemfnS Hessels plus furieux que tremblant en présence de la mort inattendue qui le menaçait. « Tu en as par ma loi ment,, faux traître! „ vociféra Ryhove, et pour appuyer ses paroles il saisit à pleine main la barbe eu vieillard, et, en arrachant une poignée, il se l'attacha au chapeau en guise de plume. Plusieurs de ses compagnons limitèrent, en coupant pour eux-mêmes • des mèches de cette même barbe grise et en s'en décorant comme l'avait fait leur chef. Ces préliminaires termines les deux vieillards furent pendus sans même un semblant de jugement ou de sentence.

1 elle tut la fin du fameux conseiller qui. au Tribuna de Sang, ne s'éveillait que pour crier « ad pat,:

SïïlK , f , PaS CrUd dG V0ir la f ' ace rayonnante de la liberté civile ne se découvrir après des années

d éclipse totale que pour recevoir de la part de ses

sectateurs d'aussi sanglantes insultes? N'est-il pas

triste de voir les crimes de personnages tels qu'Hem-

byze et Ryhove, coûter a la fortune de la liberté poli-

«que et religieuse, cent fois plus que ne valait la vie

ce vingt mille bandits comme eux? Sans l'mfluence

de leur démagogie impure, qui détruisait tout l'effet

des nobles efforts et de la vie sans tache de Guillaume

d Orange, jamais peut-être la séparation des deux

part,es des Pays-Bas ne se fût accomplie. Malheu-

ALEXANDRE DE PARME

reusement, le Prince n'avait pas assez de puissance et l'Etat naissant nssez de consistance pour arrêter les tendances désorganisatrices du fanatisme romain d'une part, et d'une ochlocratie à cruelles représailles, de l'autre.

De semblables événements, joinLs à la haine qui, de jour en jour, devenait plus intense entre les Wallons et les Gantois, rendaient hautement désirable la conclusion d'un accord bon ou mauvais. Dans les campagnes, les Malcontents, sous préLexte de protéger le clergé calhuHque, maltraitaient et dépouillaient le peuple, tandis qu'à Gand on outrageait les prêtres et saccageait les cloîtres sous prétexte de défendre la liberté, Dans cet embarras les yeux de tous les honnêtes gens se tournèrent naturellement, vers d'Orange.

Il y eut entre Anvers et Gand échange de députations et de messages. Le Prince posa trois points comme base indispensable de tout arrangement : premièrement, que le clergé catholique recouvrerait le libre usage de ses biens; secondement, qu'il ne serait point troublé dans l'exercice de son culte; troisièmement, qu'on relâcherait les personnes tenues captives depuis lé fameux vingt-huit octobre. Si ces points étaient acceptés, l'archiduc Math ias, les États- Généraux et le prince d'Orange s'engageaient à chasser la soldatesque wallonne et à défendre Gand contre toute agression. Les deux premiers points lurent acceptés, sous la condition d'établir des garanties suffisantes pour la sécurité de la religion réformée; mais le troisième fut rejeté et remplacé par la promesse de juger régulièrement, et dansl'entretemps de préserver de tout outrage les prisonniers : Champagny, Svveveghem et les autres qui, naturellement, depuis l'horrible mort de Hessels et de Visch, étaient des plus inquiets pour leur propre destinée.

Le 3 novembre 1578, ces articles furent rédigés et signes à Anvers. Pendant ces négociations, Gand était £!,« ? D ? u ™ ure f ; les extravagants parmi les partisans de la liberté déclaraient que tout en consentant

IZr*,™ ^^ ca(holi( î ues "s n'entendaient nullement introduire « la paix de religion. » Le 11 novembre, le prince d'Orange expédia à Gand des commissaires au nom de l'Archiduc et des Étatsbenérux pour sommer les autorités d'exécuter fidèlement 1 accord qu'elles venaient de conclure Le même jour, 1 envoyé anglais, Davidson, fit aux mêmes magistrats d énergiques représentations, leur déclarant que la conduite des Gantois excitait des regrets universels, et semblait prouver que leur but était non de finir, mais de continuer la guerre civile qui sévissait depuis s, longtemps. Leurs procédés faisaient douter de la possibilité de les soumettre à aucune loi a aucune autorité. Et comme on pouvait supposer que' la présence de Jean Casimir à Gand était autorisée par la reine Elisabeth, puisqu'on savait qu'il était subsidie par elle, l'envoyé saisit cette occasion pour déclarer que Sa Majesté désapprouvait hautement tout ce qui se passait. Il fit observer en outre que dans 1 opinion de Sa Majesté, il était encore possible de maintenir la paix en se conformant aux conseils du prince d Orange et des États-Généraux. Mais il iallait pour cela exécuter les trois articles dont on était conv enU- Enfin, il déclara aux Gantois que Sa Majesté britannique craignait que leur conduite ne la forçat à abandonner complètement la cause du pays, et que, en conséquence, elle réclamait — trait bien caractéristique de sa parcimonie - immédiatement des obligations au nom de la ville jusqu'à concurrence de 45,000 livres sterling.

Deux jours plus tard, des envoyés bruxellois arrivèrent chargés, eux aussi, de faire des remontrances

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à la cité flamande et de la sauver, s'il étail possible, de l'espèce de folie dont elle étail saisie. Ils rappelèrent aux magistrats les sages et fréquents conseils du prince d'Orange. Le seul moyen qu'il y eût de sauver la patrie des dangers qui la menaçaient, le Prince l'avait dit souvent, c'était l'union de toutes les Provinces et l'obéissance au Gouvernement central. Maintenant, sa propre réputation, l'honneur de sa maison étaient compromis, car à raison des dignités qu'il exerçait en ce moment, on lui reprochait méchamment, comme s'il en était l'auteur, tous les crimes commis dans Gand. Aussi allait-il sans plur; hésiter publier sa défense contre ces calomnies. Après ce préambule les envoyés supplièrent les magistrats d'accepter la paix religieuse que d'Orange avait proposée et de mettre en liberté leurs prisonniers. Quant à eux, Bruxellois, ils ^abandonneraient jamais le Prince, car il n'y avait personne, après Dieu, qui comprît aussi bien leurs intérêts ou trouvât dans chaque circonstance le remède nécessaire avec autant de promptitude.

Tels furent les arguments produits au nom des Etats et de la cité de Bruxelles, mais pendant que les envoyés argumentaient ainsi, une nouvelle émeute éclata dans Gand. Les démagogues, et surtout Pierre Dathénus, le moine défroqué de Poperinghe, qui, après avoir servi successivement le Pape et d'Orange, les haïssait tous deux avec la même ferveur, avaient excité le peuple et, sous leur influence, une populace furieuse s'élança sur les catholiques, brisa en pièces les images sacrées et les tableaux d'église, pilla les couvents et chassa hors de la ville tous les papistes. Tout cela avec tant de cris, d'emportement et de vacarme que, dit un chroniqueur, on eût dit que tous les habitants étaient en proie à une folie furieuse. Les tambours battirent l'alarme, les magistrats sortirent

pour arrôler ] a foule, mais leurs prjère3 Qu leurs or dres restèrent vains jusqu'à ce que l'œuvre de destruction fut complète ; alors enfin le tumulte s apaisa faute d aliment, apaisa

La situation devint plus menaçante que jamais. Rien n excitait davantage l'indignation du prince d Orange que ces stupides iconomachies. Il était parvenu même à obtenir des autorités de Gand une ordonnance qui les défendait sous peine de mort II partageait 1 opinion de Luther, disant qu'il fallait arracher le culte des idoles du cœur de l'homme et qu'aors les idoles des églises tomberaient toutes seules. H croyait aussi, avec le landgrave Guillaume, que « la destpuci, ond e ces idoles sans valeur se payait toujours par des torrents de fort bon sang humain. » On comprendra donc aisément que ce nouvel acte d'absurde violence, en réponse aux remontrances qu'il n avait pas encore achevées, en présence de ses envoyés lui inspira le plus profond mécontentement II fut sur le point de publier une défense contre les calomnies que sa tolérance lui attirait de la part des catholiques aussi b!en que des calvinistes. Il agita sérieusement la question de savoir s'il ne ferait pas mieux de tourner définitivement le dos à un pays si incapable d apprécier ses hautes idées, ou de seconder ses vertueux efforts. Heureusement on le détourna de ces projets ; et. quoique abreuvé d'amertume par ses amis comme par ses ennemis, quoique averti que, même dans sa iidele Hollande, on soupçonnait sa pureté depuis qu on parlait partout de ses sympathies pour le duc d Alençon, il conserva sa majestueuse sérénité, et souriait aux traits qui tombaient sans force à ses pieds. «J'admire sa sagesse de jour en jour davantage, „ s écriait Hubert Languet ; «je vois ceux qui se disent ses amis lui causer plus d'ennuis que ses ennemis; et cependant il reste loujours fidèle à lui-

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même, aucun orage ne trouble son égalité d'humeur, les injures les plus constantes ne le poussent à aucun acte excessif. »

Le Prince, cette année, avait élé choisi à l'unanimité par les quatre membres des États de Flandre, comme gouverneur de cette province, mais avait encore une fois refusé cetle dignité. Les habitants de Gand, malgré leurs turbulences, professaient de l'attachement à sa personne et du respect pour son autorité. On le supplia donc de se rendre dans leur ville ; sa présence seule ramènerait les bourgeois au bon sens. Mais pareille démarche n'était rien moins qu'agréable, et, de plus, pouvait offrir des dangers ; cependant, clans tout le cours de sa carrière, cette considération ne l'influença jamais. Hembyze et sa bande étaient capables de recourir à toutes les extrémités, à tous les guets-apens, pour se débarrasser de celui qu'ils craignaient et haïssaient en même temps. La présence de Jean Casimir ajoutait encore à toutes les complications ; car d'Orange, tout en préférant ce personnage, ne voulait pas s'aliéner ses amis. D'ailleurs Casimir s'était montré disposé à soutenir la causo patriotique et à s'en référer aux avis du Prince. Il avait mis sur pied une armée, à l'aide de laquelle il n'avait, il est vrai, rien fait, sinon ravagera fond les campagnes, et pour laquelle cependant il demandait à grands cris des subsides aux États. Les soldats des diverses armées qui parcouraient la contrée rivalisaient du reste d'audace et d'extravagance. « Leurs outrages sonfd.es plus exécrables,» écrivait le marquis d'Havre, « ils exigent les mets les plus exquis et boivent le Champagne et le bourgogne à pleins baquets. » Néanmoins, le 24 décembre, le Prince vint à Gand. 11 y tint de longues et anxieuses conférences avec les magistrats. Chaque jour il s'enferma avec Jean Casimir, dont il flatta la vanité et sut adroitement, comme

toujours, ménager le caractère emporté. Il dîna même

»< e ? y f ' et ' ? G C6tte façon ' aplanissant ïTsZ Acuités et calmant les passions soulevées, ,1 réussit enfin a oblenir une paix religieuse consentie par tout le monde et publiée le 27 décembre 1578. Elle «3 conçue dans les mômes termes que le projet préparé

c S? éîé n r é le " rT S ; BaS loit -«- Penfflt

S autorité P u L eXerCJCe Cles deux c "^es

était autou.se ; les insultes et les outrages, soit pat paroles, livres, peintures, chants ou gestes é Lien détendus de part et d'autre, sous des pefn 'sévè es et tous les doyens juraient de protéger la tranauïlité publique au prix de leur sang, de leur fortune S m me de leur vie. Les catholiques, en vertu de et accord, rentrèrent en possession de leurs églises e de

SS^,Hr epulrienob --^ d -

Les Wallons et les Malcontents furent donc snm mes de déposer les armes ; mais, comme on leva t ? Y " attendre, ils déclarèrent cette paix de reliai ônTnn I

ae uand et a 1 Union de Bruxelles. En somme la

suppression totale du culte réformé eût seTe pu 1 s

satisfaire, de même que l'extirpation du catholidsn e

omain pouvait seule contenter Hembyze et sa fâ on

des^ati e ue 1 sde , ' 0rtSe fÛt * W * -P^eÏe uc ' '«manques de ce genre

Pour j ean Casimir, l'arrivée du Prince à Gand fut

en définitive excellente. Gomme toujours ce person

nage sans cervelle s'était jeté, tête baiss , dans des"

"rTnVTvaiÎnf 1 ^ ^™*< -a able de t Ire A,, B • ■ P US qUG kire ' ni ( ' uel chemi » Prenh e Ap, è s avoir intrigué avec Hembyze et sa séquelle 1 mu t n pore de sa ^ eqaa le

mettait en entrant en rapports avec de pareilles gens Apres avoir m,s sur pied une forte armée, il s'apScï

ALEXANDRE DE PARITE

vait qu'il n'avait pas un sou clans ses coffres. Il sentait amèrement la vérité des paroles du Landgrave, lorsqu'il déclarait «qu'il vaul mieux avoir trente mille diables aux (rousses, que trenle mille Allemands réclamant leur solde ; car il est possible de payer les diables avec le signe de la croix, tandis qu'on ne peut se débarrasser des soldats qu'avec de l'argent ou des coups. » En outre, la reine Elisabeth, sous le patronage de laquelle il avait entrepris sa ridicule campagne, l'accablait de reproches et de demandes de remboursement. Elle lui écrivit do sa main pourse plaindre de ses grandes prétentions et de son chétif mérite. L'arrivée de Jean Casimir à Gand, si peu jusiifiée et si funeste ; l'impossibilité où il s'était mis d'opérer avec l'armée des États, commandée par Bossu, cette jonction qui eût permis d'anéantir l'armée royale ; l'occasion qu'il avait donnée au même peuple do soupçonner la Reine et le prince d'Orange d'être de moitié dans ses intrigues personnelles, et disposés à poursuivre leur intérêt égoïste plutôt que le salut des Pays- Bas en génépal; l'aggravation que par là il avait apportée au danger de voir les provinces wallonnes, sous l'empire de ces soupçons, se séparer de la « généralité » et travailler à conclure un traité séparé avec Parme; tous ces péchés de faute ou de négligence et d'autres du même genre passés en revue par la Reine, formaient le thème d'amères et mordantes remarques. «Ce n'était pas, disait-elle, pour toutes ces maraudes et ces intrigues qu'elle l'avait nommé son lieutenant et fourni de soldats et do subsides.il lui fallait bien vite changer de manière de faire, dans l'intérêt de son nom et de sa renommée, qui n'étaient déjà que trop flétris partout où ses soldais avaient ravagé le pays qu'ils venaient défendre. »

La Reine envoya Daniel Rogers aux Étals-Généraux, muni d'instructions du même genre, dans lesquelles

RÉVOLUTION DES PA.YS-BAS

elle désavouait nettement, et à plusieurs reprises les actes et blâmait la conduite de Casimir. Elle insistait en même temps avec force sur le payement de ses obligations. Bref, jamais général ne reçut de ses supérieurs semonce aussi verte et de ses subalternes déshonneur plus grand. C'est à l'ambition téméraire de prouver au monde que les princes d'Allemagne savaient non seulement porter sur leurs écus des griffons et des tigres, mais encore mordre el déchirer tout aussi bien que ces monstres, c'est à cette ambition que Casimir devait la ridicule position dans laquelle il se trouvait D Orange vint l'en tirer autant que poss.ble II lu, fit faire la paix avec les États-Généraux. Il rendit plus Imitables les Réformés extravagants et parvint même à obtenir des autorités gantoises le bon de quarante-cinq mille livres sterling sur lequel Elisabeth avait si opiniâtrement insisté. Casimir pava ces services du Prince en la monnaie que les esprits étroits et les natures jalouses emploient d'ordinaire dans ces cas : 1 ingratitude. L'amitié dont, dans l'origine il avait fait parade, fit tout à coup place à la froideur Puis ,1 quitlaGand et regagna l'Allemagne, a.ssant derrière lui une longue et ennuveuse reniontrance à 1 adresse des Etats-Généraux, dans laquelle 1 taisait 1 historique de ses exploits et s'efforçait de se laver de tout reproche. H terminait ce manifeste aussi lourd que superflu en déclarant que.pour des raisons soigneusement exposées en long et en large, il voyait bien «qu iln était ni trop utile ni trop agréable aux Provinces.» Et, comme on l'avait informé, disait-il, d une démarche des Etats-Généraux auprès de la reine d Angleterre pour qu'elle le rappelât, il s'était résolu, afin de leur éviter, à eux comme à elle, cette peine, à s en aller de lui-même, « laissanl le sort de la guerre en la haute et puissante main de Dieu.»

Les États répondirent a cette remontrance avec une

ALEXANDRE DE PARME

courloisieexqui.se; ils se déclarèrent «les obligés pour toute l'éternité » à raison de ses services, et lui llrent vaguement espérer qu'avant peu l'argent qu'il réclamait pour ses troupes lui serait fourni.

Casimir ayant répondu' à la lettre mécontente de la reine Elisabeth en rejetant toute la faute du démérite apparent de sa conduite sur les Étals-Généraux, et ayant promis de se présenter bientôt en personne devant Sa Majesté, ne resta que peu de temps en Allemagne el passa de là en Angleterre. Il y fut l'été, choyé et flatté, et investi de l'ordre de la Jarretière.' Dans l'ivresse de ces royales douceurs et de la splendide hospitalité anglaise, il oublia totalement «les trente mille diables, » qu'il avait laissés courant à l'aventure dans les Pays-Bas, et ces sauvages soldats, mourant littéralement de faim, car il n'y avait plus guère à ramasser dans un pays déjà si souvent ravagé, eurent l'impudence de s'adresser au prince de Parme pour recevoir payement de leur solde. Alexandre Farnese rit de bon cœur à celle proposition qu'il regarda comme une excellente plaisanterie. Cela avait, en effet, l'air d'une plaisanterie, mais elle était fort triste. Parme répondit au messager de Maurice de Saxe, porteur de cette proposition, que les Allemands devaient avoir perdu la tête pour lui demander de l'argent, au lieu de lui en offrir, el beaucoup, pour qu il les laissât quitter tranquillement le pays. Il voulait cependant pousser la condescendance jusqu'à leur donner gratuitement leurs passeports, pourvu qu'ils effectuassent leur départ immédiatement. Mais, s'ils y mettaient le moindre retard, il allait tomber sur eux sans plus de cérémonie, et, ajouta-t-il, avec l'arrogance caractéristique de tout général espagnol, un courrier était tout sellé pour aller porter en Espagne le chiffre de ceux d'entre eux qui auraient survécu à 1 attaque. Abandonnés par leur chef, terrifiés par les

fanfaronnades de leur adversaire, les mercenaires, peu disposes d ailleurs à combattre sans solde, acceptèrent les passeports que leur offrait Parme. Ils se vengèrent de la manière dont ils avaient été traités par Jean Casimir et les Etats-Généraux, en chantant tout le long de leur route une sorte de ballade hybride — moitié flamande, moitié allemande - dans laquelle Us donnaient, avec une certaine verve grossière car ncre à leurs griefs.

Casimir reçut l'annonce du départ de ses soldats en guenilles, le. jour même où la belle main d'Elisabeth en personne venait de l'investir de la Jarretière Quelques jours après, il quitta l'Angleterre, escorte par une troupe de gentilshommes et de lords désignés expressément par la Reine. Il aborda à FJessingue ou par ordre du prince d'Orange, on le reçut avec distinction, et, le 14 février 1579,il passa par Utrecht Loge à la « Maison des Allemands, .. il ne s'y fit pas faute de gorges chaudes au sujet de ses 'troupes vagabondes dont les dernières aventures parurent 1 amuser beaucoup. Pour divertir ses convives il chanta même après le souper quelques vers de la bal- Jade dont nous avons fait mention.

Dans l'entretemps.le duc d'Anjou, après avoir licencie ses troupes, s'était tenu quelque temps au guet à la frontière. Mais s'étant enfin résolu à partir il en voya son plénipotentiaire, Des Pruneaux, porter aux Ltats-beneraux une longue missive dans laquelle il se plaignait de ce qu'ils n'avaient ni publié ni exécuté le contrat qu il avait avec eux. Il excusait de son mieux la circonstance fâcheuse de l'asile trouvé par .ses troupes aussitôt après leur licenciement clans le camp des Wallons, et affectait de motiver son propre départ par d'urgentes affaires publiques de France, pour I arrangement desquelles le roi, son frère, réclamait son instante intervention. Il exprimait ensuite le désir

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hypocrite de voir les Provinces se réconcilier promptemenL avec leur souverain, et, quoique dans leur intérêt il se fût l'ait l'ennemi de Sa Majesté Très Catholique, il était résolu, disait-il, à ne mettre aucun obstacle à la réalisation d'un événement si désirable. A ces phrases creuses, les États répliquèrent avec la plus délicate urbanité, car d'Orange voulait éviter à tout prix, en cette conjoncture, do se faire des ennemis à la fois en France et en Angleterre. Les Provinces en avaient déjà suffisamment sans cela, et en ce. moment tous les gens, au courant, des affaires, étaient persuadés qu'une alliance matrimoniale ne tarderait pas à unir les deux couronnes. Au fond, cette probabilité du mariage d'Anjou avec Elisabeth était la principale raison de l'alliance étroite d'Orange avec le Duc. L'édifice politique, comme élément duquel il avait fait du prince français le protecteur des Pays-Bas, était dessiné avec habileté ; malheureusement il reposait sur une base chancelante : les sables mouvants de la coquetterie d'une femme et d'une Reine. Ceux qui ne jugent que d'après les résultats, blâmeront une politique qui eût pu cependant aboutir autrement. Ceux qui, au contraire, se placent, pour juger, clans les temps qui précédèrent le voyage d'Anjou en Angleterre, admettront qu'il était presque impossible de ne pas se laisser prendre aux usages politiques d'alors. De plus, la Reine avait pris de son côté la peine de reprocher, par lettre, aux États-Généraux, leur dédain et leur ingratitude envers le duc d'Anjou, conduite qui l'avait «justement scandalisé.» Elle leur avait assuré, que, pour sa part, elle avait appris avec un extrême déplaisir que les États-Généraux croyaient la contenter en se montrant ainsi, « comme si la personne de Monsieur, fils de France, frère du Roi, pouvait lui être désagréable, ou comme si elle lui voulait du mal ; » tandis qu'au contraire, ils

RÉSOLUTION DES PAYS . BAS

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adressé au Duc°de longes Iv deS ' rait ' Ils avaie ^

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Premier du mois de ï a ^Tv^o' ^ JUSf ' U ' aU conclu avec Sa M^STS^" £ » « P aS croiraient obligés de riL» ? ^ hon °rable, ils se drct de souveSin é sur ^P^ "^ de t0Ut citoyens étant dégagés detltT ?' Al ° VS ' les

naissan Va v ti,Xner ranCeS ' maJS leS États - conperspeciiveldon mdZïï?**' l^ 1 ^ Vautres les. Ils lui rnSe^T^Z^TïT* PUéri " éngeesurles places publi, mes r V e ° bronze se rait «elles, pour l'éternelle ïï' d Anvers et de Bruque « cLaue an„™ un ea ronT d ? T*** » 6t 1 ^i serait offerte. » Loi) " n 1 ' ,leS d ' olivier

sible à d'aussi courfni . \, de Se mon trer insenment atteind a pu? nc !° ï?"*" - ' désirait fortenuant ses TtJZF^»*^™* « «J* répond [-il avec une n«i!tl! tats ' aussi le "r

bientôt à exposer e'rés,?! T" 86 " N ° US a ™* civilités. P résuItal de cet échange de

Versl afi nderannée ; mouru,l ecomtedeBossu

ALEXANDRE DE PARME 285

laissant de grands regrels au prince d'Orange dont, depuis sa mise en liberté à la suite du traité de Gand, il avait chaudement épousé la cause. « Nous sommes dans la plus profonde détresse du monde, » écrivait le Prince à son l'rère trois jours avant le trépas du Comte, « à cause do la dangereuse maladie de M. de Bossu. Certainement le pays aurait beaucoup à perdre par sa mort, aussi j'espère que Dieu nous épargnera cette affliction. » Malgré cela les calomniateurs contemporains no se firent aucun scrupule de répandre, pas plus que les historiens royalistes de conserver les fables les plus absurdes et les plus infâmes au sujet de la tin de ce gentilhomme. Il mourut d'un poison, dirent-ils, qui lui fut administré « dans des huîtres, » par ordre du prince d'Orange ; celui-ci alla même jusqu'à assister aux derniers moments de sa victime, expressément pour porter un ironique défi aux cérémonies catholiques par lesquelles on lui rendait l'agonie moins amère. Tels sont les contes que de graves historiens nous ont transmis à propos de Maximilien de Bossu, pour qui le Prince avait, tant fait. Le commandement de l'armée des États et une pension annuelle de cinq mille florins, accordés quelques mois auparavant au Comte sur les instances personnelles du Prince, joints au profond regret dont témoigne la lettre intime que nous venons de citer, répondent assez à toutes ces infamies.

Le courage personnel et la profonde science militaire de Parme étaient d'une immense utilité pour la cause royale ; mais sa politique souple, souterraine et sans aucun scrupule, au moment où nous sommes arrivé, lui rendaient encore plus de services. Jamais personne ne comprit mieux et ne pratiqua plus adroitement la corruption. Un homme d'État, un général, un grand seigneur, ou un régiment d'infanterie, était toujours acheté par lui au prix le plus bas possible, et

DÉVOLUTION DES P AYS - BAS

au gouvernement cl W un \' T"™^ 63 se «ndre florins et deniers soit en n LïïV ëterniinâ ' soit ™ nudité éhontéedeleu™ trafc ? en pensions ' et h voile décent de p £ "± ™ trou ^it toujours un

elle pût se cachet dT s h O m m rr nt ' 0n S0US le ^ cêtres illustres, de valeur S t ™? S éleVé ' d ^" °an, et livraient leur "atne "' S ° ffi ' aienl à l'eo-

uniquement par un appât non £° P C ° nfiante ' attirés q»i conduit au gibeÏÏLfS S ' gnoble ? ue ce ^i

tfdis CJUe poufle P ub ]C 1l s Ï"S ° U leS ™^<*t ^s que par les mcS Te s ni embl . ai 1 ent Q '*™ pousantiques olasons.Ts'étaSien. ™ n ° bIeS - Sous Ie ^ vieilles devises de fldX S T C ostent ation leurs tançaient une main m nd ïnte° ' •""&*.* qu'on se refuserait à croirTsiX T° Unc avidite des monuments plus dn^M " ° tait aUestée par Propres lettres et la reLfon^f qUe laira in ^ leurs

Déjà, avant que Parm " ^ Conve ^tions.

™use trahison du sSnT ur IvTlt &U P ° UVOir > ]a *■ quelle était lavraie 2 " n ? • M ° Ue avait montré Provinces. Ce gentilhomme ."^ * I& désuni °* des » la solde deslta SmSTr^ U " **»*« Gravelines. MoyennanT^n 6 &lt S ouv erneur de

Pour tout son S de £%?" d > ^on absolu des charges mSes ^ Sf ^f ° D S ° US Phili PPe ft d'une « «^^î^^»"'? 00 - ^patriotes, les rêves les plus cupTdes S ' \ ^ P our ^faire du Roi.La négociation futriw^ aU gouvernement agent du Roi pour es £ nr " ' Par A1 ° nzo Gurie2, beaucoup d'^J^SS^J" ^«««t» pas ^re qu'une pure question d'If ♦ V ° yant dans l**aufond-avait vo2lu réallerTf* ~ ° e qu ' elle ét °& U n'offrit que 50,000 cou t n Z^ tr ° P r grand bénéT ^. ami le baron de Cnti^TaS >* Motta 6t S0 " » y. et assura a son gouverne-

ALEXANDRE DE PARME

ment qu'à ce prix, ces seigneurs et les soldats qu'ils commandaient étaient encore payés fort cher. La Motte se démena fort pour avoir plus, il invoqua d'un ton pathétique ses services et ses blessures, car il comptait de nombreuses campagnes pleines de distinction cl de courage, mais Alonzo l'ut inexorable. Un certain Robert Bien-Aimé, prieur de Renty, avait assisté à toutes les conférences. Cet ecclésiastique était grand intrigant, mais assez maladroit. Il désirait se rendre utile au gouvernement, pour arriver à la mitre d'ôvêque de Saint-Omer, objet de ses secrets désirs ; il était l'auteur d'un ingénieux libelle contre le prince d'Orange, dans lequel « quoiqu'il ne prétendit être ni Apelles ni Lysippe, » il espérait que le Gouverneur- Général reconnaîtrait un portrait d'après nature. Mais cet excellent artiste n'était pas aussi heureux dans ses entreprises que pittoresque et industrieux. Il était extraordinairement vain de ses services, et se croyant, comme le disait plaisamment Alonzo, « digne d'être « porté à la procession comme un petit saint, » et comme il avait la langue aussi remuante que le cerveau, il possédait à merveille l'art, de se rendre parfaitement insupportable. Ce n'était pas le moyen de gagner son évêché. La Moite apprit, par les indiscrétions du Prieur, que dans le camp et le cabinet du duc de Parme il était l'objet de toutes les railleries; trahir sa patrie et son parti n'y était pas regardé, semble-t-il, comme un acte bien noble, quelque utile qu'en ce moment il pût être à lacause royale. D'après le Prieur c'était surtout Octave do Gonzaguo dont les remarques sur le compte de La Motte avaient été le plus mordantes. Enflammé de colère en apprenant de quelle façon les chefs de l'armée royale appréciaient sa conduite, le vieux brave vénal voulut rompre toute négociation. On se l'assura cependant de nouveau par des offres plus considérables : Alexandre lui ac-

plflfll

K a M°o r mmenl fUl aCC ° mp]i rachat ** »S

S è ;tïïT ,donl Ie traîchaat ASKS

en leuv D lr[ ^P^Pour jamais les Provinces ma chi 2 r ° P , re , mier dune triade honteux

Cs i ■ ; n ; ; s,,uels s? noms 1m plus nobies des

Sp^on Dl SeS0U ' Uer PiiP ^ «et par la

fcSÏÏ?? 1 ' lcC0Lirs ^s négociations avec La Motte les AWegonde a Arra.s.Les Etats d'Artois avaient lait de

sept md « flonns que leur demanda,! le pouvoir central. Cette circonstance était habilement exploitée pa les agents du parti royaliste, désireux dXbS

o nef"'!?'; ° ' ^ ? ^ ^ ^ "*

; an , J a CdUse Palnol.que. Sainte-Aldegonde prit

in pa oie en pleine assemblée en déclarant hardiment

et cVlKeT T P ?" r ° bjet Ia llberté de ««science et cène de la patrie, et que tous les catholiques et les

protestants étaient également tenus de contiibu i"

cetleœuyresamte.Lasommefutvotée.maisàlacondiion que la moitié de la contribution serait fournie par 1. ordre du cierge et cette stipulation souleva un tumulte effroyable. Le banc des prêtres regardait celte axe comme un vol et une injure. « La chose en étoit venue jusques de venir aux mains et jouer des coustcaux pour veoir quy aurait belle amye,» raconte l'ec-

ALEXANDRE DE PARME

clésinstiquo le plus distingué do l'assemblée, « les ecclésias tiqu es n'eussent, certes fait joucq (prié assez!).» Furieux, ils quittèrent tous ensemble la séance pour aller se consulter entre eux sur « ces demandes exorbitantes et plus (jue turcques. » Jean Sarrazin, prieur de Saint-Vaasl, le plus fin, le plus hardi et le plus infatigable des partisans du roi à cette époque, leur tint un habile discours. Ce personnage, meilleur politique que l'autre prieur, jouait aussi pour une mitre, mais il faisait meilleur usage de ses caries. Il fut bientôt l'agent le plus précieux de la grande trahison alors en voie de préparation. Nul n'avait plus de silencieuse dextérité et moins de scrupule que lui, et il ne tarda pas à être reconnu parle Gouverneur-Général et le Roi. comme celui auquel par dessus tout autre serait dû le rétablissement de l'autorité royale dans les provinces wallonnes. Chaussé de vitesse, vêtu d'ombre et ta bourse à la main, il courait invisible et sans bruit d'un Malconfent a l'autre, achetant tout : centurions, capitaines et simples soldats; déjouant les Orangistes, les démocrates gantois, les partisans d'Anjou; nouant mille intrigues, éventant cent mines hostiles et traversant intact les plus graves dangers et les plus formidables obstacles. Éloquent au besoin, il jugeait en un instant son auditoire; aussi, dans le cas qui nous occupe, mit-il au clair l'arme la plus incisive, chose la plus parfaite dont on puisse user dans un débat. Ce qui coûtait le plus, dit-il à ses collègues, c'était d'être patriote, tandis qu'en étant royaliste on gardait son argent, et on gagnait de l'or. Il valait mieux tenir ses fonds soi-même pour sa propre défense, que de les donner au prince d'Orange, qui les empochait à son profit sous le prétexte des nécessités publiques. Le Ruward de Brabuntne larderait pas à se retirer en sa tanière, s'écria-t-il, et à les laisser tous dans les griffes de leurs ennemis. Puisqu'il en

était ainsi, ne i'ernipni ;io „

mêmes dans loS f ^ ieUX de M 'J*« d'en* les leu, tendait enc £ ".£?!"? P^" 1 qU ' JI entraient dans un labvrinIL ifi ]•• " Q P^'Pice, ils et, non seulement a TelflZn] 'T™ lefW corps les menaçai! m5f 1- ? de J âme et du leur être pris 2'! , ? h ' CnS allaient «usai jambes. « Pa ce e ch S ' Cra,t le Chat dans ^s vial des proverbes Jean s ^ 1Qe dans le P lus «• auditeurs qu'ils allaien.ÎT Voulait dire à ses

difficile don 1 ! on I^ÎSU^ÏÏS 1«7 ^ P ° S,ti ° n la responsabilité » Serait tou( le danger et toute

disait le Pneur. T fi JmallrS T^' C ° mme le barbarement ty^annté* p^tn lïï %?**"»• que

mirent plus niH.iam-n-^i, hérétique, ,. s'afferter contre I? g<Xnem^ ^o» de se révoltaient reconnïS S J Ue I °? tréCemment i,s dans ces âmes tou iour ô g T* 6 * Colôro excitée

demande de 3y°E- CnP ' ,0S '" «**• P ar «*«

g ratrbat:;Ir n ;t! b d- mVi,é d; "--aun dont Jean sïrrLn" Z p^Zt^n 'ET ^^^ 1 attaquer sur son nronrl-n t qUG " c6tait

lustre patriote nurMfnn "' " L ° len demain, Til-

de la provint ; P S* Jes Papales villes à profit pour exe ter 1 „f , m ° ine miL cet(e abs ence ordres dTr o s on, » Z* ^ rhostilile des l'autorité cent k c 11 r T^ 08 *"^ de tache, ce f u t Une orilon ^ beaUC0U P dans œtte nom de rSSdLuS^ "^ d * BrUxelles au tribulion du c lemé nï. a ?' COmraand ant,si la coude saisir incVnlinfuU d S^ïrir^r 1 ^^ neaux, joyaux et relimlvl , eghses '' « an "

la son^a ll^r'^rs^uïr"" 61106 de

âge aes prêtres ne connut

ALEXANDRE DE PARME

alors plus de bornes, et avant que Sainte-Aldegonde ne revînt, une formidable opposition s'était organisée. L'envoyé du gouvernement rencontra un accueil glacial; adieu banquets et discussions, « ses demandes d'argent » aboutirent à « un beau nihil, » dit Saint- Vaast, et sa polémique à cette conclusion proclamée par ses adversaires (au dire du même) : que pour le bien du pays, « il fallait tuer le prince d'Orange et son ministre aussi. » Plus d'une fois déjà le Prieur avait insinué au gouvernement que « dépêcher d'Orange, auteur de tous les troubles, » était un préliminaire indispensable de tout arrangement politique. Chez Philippe et son Gouverneur-Général, comme chez le plus obscur de leurs partisans, cette conviction gagnait do jour en jour, le couteau ou la balle d'un assassin était le seul moyen d'en finir avec la rébellion incarnée.

La situation s'empirait donc de plus en plus en Artois. Le Prieur, plus actif que jamais, fut un jouiarrêté en compagnie d'autres émissaires royalistes, tenu quinze jours « dans une cave puante où la servante lavait les plats, » et enfin envoyé à Anvers pour y paraître devant les Etals-Généraux. Il montra beaucoup de fermeté, quoiqu'il eût de grands motifs pour trembler et craindre pour ses jours. Interrogé par Léoninus au nom du gouvernement central, il déclara fièrement que jamais on n'obtiendrait les requêtes d'argent adressées aux Étals du pays wallon el surtout celles qui regardaient le clergé. « Au temps du duc d'Albe, » dit Sarrazin, « on écorchail les gens mais on ne les tondait pas. » Ceux qui tenaient plus h leur peau qu'à leur toison pouvaient blâmer les pratiques des bons vieux temps du Duc, mais telle n'était pas l'opinion du Prieur et de ceux de son ordre ; leur peau ne courait aucun risque. Après un interrogatoire sans résultat et quelques jours de prison, ce clerc

intrigant fut relâché • a,

«ses deSL's 1?*? ° n f' avait ? as <™P-

«"our avec p, us d'ard^guïS ^ ^ à S ° n

quant au P ai des £ sonTe S"" ™" ^ Molte i de. Gand, gouverneur «ÏZttT^ ^ VJCOmte Puissant à Arras T p „„,, ' P as «ait pour être fout

Position de La MottuTeTHr" 6111 ""* mis à la £S etlui avait donné ^ iÏÏS™!^" 80 ^ sur le pm d'acha» ri« lnstluchon « d 'être très large

toutefois celât \upX S °r: geS *> d ' S,incllon naturellemen, ave c taffi» I?? ^ ^ excessives et de jour en ônrn, de ? aande8 même

sées à la bourse royal «ï"? ." S p nombreus es, adresser donnait à £ ^ ?' ^ ffite > >-°* que le Montigny, son frère, arclèmm ni ^ Ie baron de

vernement; ] es gWÏÏÏÏÎ S"*"* *"*> •**• mable. Mais, on JJ*"? «J l «f d une valeur inestila « fleur de ys » J r f! aleme ut qu'ils avalant

le cœur: l'effet produnTr M ement impnmée *»

Lalaing, gouverneur du^int^T ?■ f° VaI ° iS SUr avec la même f orce . "£ ■nta-te.t toujours aussi en faveur du prince ?-' 1U ° lqUe P encha nt facile à convaincre Eu- T'' P<iraiSSait plUS entre lui et La Mo, e et les ron -f'^ P arfic ^ers Prieur de Saini-Vaasl 1 dont , eVan § éli ^es du son na ie nt avec un charme irré^Lf gUment8 doi ' és tôt modifié les idées du seinenn ' ~ CUrent bien ' étaient l'objet des JmZmZ^ 00 ^ D ' autres ^ Hè f e, d'Havre, CapZ, é^ZT^ Léïaiu *>

^P-tidi g ,atio„sdfl'ad£^r?S-S-

ALEXANDRE DE PARMK

à leurs yeux toutes ses séductions. La plupart cependant n'avaient point encore ouvertement pris parli ; mais de lous les seigneurs commandant des corps de troupes importants et possédant dans leur classe une influence réelle, pas un dans toute l'étendue des provinces wallonnes ne restait assuré à la cause delapatrie. La noblesse et le clergé étaient donc tout prêts à s'unir pour soutenir l'Église et le Roi, mais dans la ville d'Arras, chef-lieu de la province, le parti d'Orange et de la liberté conservait une grande puissance. Gosson, homme de grande fortune, un des avocats les plus fameux des Pays-Bas, et cloué à un point remarquable du don de l'éloquence populaire, était le chef de ce parti bourgeois. Au début de l'administration de Parme, juste au moment où les provinces wallonnes étaient près de se former, en faveur du Roi, en une ligue déclarée, les orangisles d'Arras tentèrent un coup d'audace. Enflammés par les harangues de Gosson et soutenus par cinq cents fantassins et cinquante cavaliers sous les ordres d'un certain capitaine Ambrose, ils se soulevèrent contre les autorités municipales, acquises au parti de Parme, et les jetèrent en prison. Puis, ils constituèrent un nouveau conseil de quinze membres, moitié catholiques et moitié protestants, mais tous patriotes et dont Gosson fut nommé chef. La ville fut d'abord surprise et les conjurés parvinrent à se maintenir. Mais ils n'avaient de secours à attendre que de Bruxelles. Le parti du Roi et de l'Église se remit bientôt de sa surprise, cl un vieux soldat du nom de Bourgeois, déclara un jour en public que le capitaine Ambrose, le général du parti révolutionnaire, n'était qu'un couard sans valeur, et se fit fort, avec trente bons hommes d'armes, de réduire en poussière toute l'armée des rebelles, — « un tas de corbeaux, » dit-il, « qui ne valaient pas leur nombre de hiboux, pour les choses du militaire. »

Trois jours après l'incarcération dos anciens raaW Ira s, une grande manifestation catholique fut faite en leur faveur sur le Marché au Poisson; le prieur de bain t-Vaast, qu on rencontrait partout, y assistait ■ il volait de groupe en groupe, allègre et prompt comme d hab. ude quand se formaient des orages Mathieu Doucet, de la taction révolutionnaire, adonné à la fois aux arts de la paix et à ceux de la guerre, et non moins ém.nent comme fabricant de pains d'épices que comme homme d'épée, jura qu'il aurait la vie du remuant petit moine, quand bien môme il devrait aller le chercher à l'autel; mais le Prieur avait bravé bien d autres menaces ! Du reste, le maître-autel n'était pas précisément la place où on l'eût trouvé ce jour-là Tandis que Gosson faisait à l'Hotcl-de-Ville un émouvant discours en faveur de la liberté, de la conscience et de la patrie, Jean Sarrazin plus pratique provoquait, bourse à la main, le capitaine Ambrose en combat singulier. En une demi-heure, le guerrier était vaincu et fuyait du champ de bataille, suivi par ses corbeaux car rien ne résistait h la puissance devant laquelle avaient cédé les La Motte et les Montigny. L éloquent Gosson se trouva seul et sans défense, tenant captifs les magistrats catholiques sans avoir personne pour les garder; il ressemblait, comme le lait observer un malicieux contemporain, à un homme qui a pris le loup par les oreilles : — craignant également de le lâcher et de le retenir

Il fut bientôt tiré do ce dilemme. Tandis qu'avec ses collègues : Mordacq, vieux soldat, Crugeot, Bertoul et autres, il délibérait s'ils resteraient ou s'ils prendraient la fuite, ils entendirent les royalistes qui s'avançaient tambours et trompettes en tête. L'instant d après l'HAtel-de-Ville regorgeait d'hommes armés conduits par Bourgeois, le vétéran qui s'exprimait si crûment sur la valeur du capitaine Ambrose. Les

ALEXANDRE DE PARME

labiés furent renversées, la révolution en miniature close, la contre-révolution accomplie. Gosson et ses collègues s'échappaient par une porle de derrière, mais ils ne tardèrent pas à être pris. Le lendemain malin, le baron de Câpres, l'un des grands Malconlenls, campé avec son régiment à peu de distance de la ville, cl qui depuis longtemps négociait avec le Prieur et Parme, entra en ville avec un fort détachement el fit incontinent dresser un grand gibet en face de l'Hôtel-dc-Villc. Cela plut grandement aux magistrats qu'on venait de tirer de prison et de réinstaller, el sans tarder ils firent paraître devant eux Gosson, Crugeot et tous les autres. Peut-être l'avocat se dit-il avec un soupir que ces juges, il y a quelques instants encore ses prisonniers, eussentfait bonne figurependus à la potence, s'il avait eu l'idée d'en planter une quand il était encore maître du sol ; mais faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il s'attacha à encourager ses collègues — maintenant ses co-accusés. Crugeot, imperturbable, apparut devant le tribunal, en corselet d'acier, avec l'épée à poignée d'or, l'écharpe brodée d'or et de perles, et le chapeau bravement empanaché de plumes blanches, oranges et bleues : les couleurs de Guillaume le Taciturne; mais à peine entré dans la salle, il se vit, en un clin d'oeil, dépouillé de tout cet attirail.

Le procès fut rapide. D'heure en heure pouvait arriver de Bruxelles l'ordre de porter la cause devant la juridiction du pouvoir central, et comme les provinces wallonnes n'étaient pas encore mûres pour uno révolte ouverte, cet ordre eût été des plus gênants. De là provenait la nécessité de hâter le dénoûment. Le Conseil d'Artois, auprès duquel il y avait appel des sentences du magistral, se réunit immédiatement dans une des salles de l'Hôtel-de- Ville, pendant que les juges du premier degré en finissaient avec les pri-

HÉVOLUTION DES PAYS-BAS

do quelques heures cond 1 S T^' * fUr6nt au boul avertit Qu'ils ^SÎ^XT^Z?» l6S mais, apprenant que celle coEr ° NH ? d Art01s '

la chambre voisine et L 6n séance dans

valent pas à esS d5£5*f^ CflMéqMnl ' ils na " ™s, i£ se décKj t * t sï^ r T P™ parles son n'était pas encore S , '* sentenc e- Goslendemain. JUg<5, ° n le rés ™t pour le

••éïï^AsZ^ journée ■**»-

et de pluie, MaZ 17^11" ^ ^ ^ bourgeois et soldats masïïf^eiVe ! ^s'*' jusques aux dents et poussant , ' , t0US armés

la fantastique lueur deÏÏo^es eTéT^T^ enflammée, continuail h f»iJ k lls de P 01X

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gnait, qu'il tenait dans « ieaestIne j au sort qui l'atteidressé pour sïccoîtumpr r^ dem6Ure un ^ emmené'le p^ TpemiuT SLT' *?*** C'était un honnête tam^£ ^™ d « «*•

Sur"' b ° n Ca,h0H - e ' i^JÎSB

milieu de l'echel e S ' * m î* 6har à la mo *- Au torches, il Icla ta , on Tir Vac ! llantes «ammes des

ses, secouant ave ténése lIP sa e ïon mPr ï at i,° nS fUf ' ieU faisant de hideuse Tgrimac ï X ^ blanche ' cruel qui, après tant de ÏÏ£ «îwSïïSdïï* L" ^ de batadle et dans des ville! ass^^^

ALEXANDRE DE PARME

une mort semblable. La corde coupa court a ses malédictions. Crugeot ne fut exécuté qu'à trois heures du matin ; il obtint quelques heures de répit afin de se préparer à la mort et de mettre ordreàses affaires, ce qu'il fit avec le même calme que s'il eût été a la veille d'un voyage d'agrément. Suivant des témoins oculaires, il ressemblait à un spectre, lorsqu'au pied du gibet il s'arrêta pour adresser à la foule quelques paroles très pieuses et très orthodoxes.

Toute la journée du lendemain fui consacrée an procès de Gosson. On prononça sa condamnation à la tombée du jour, il en appela et comparu! immédiatement devant la cour supérieure.

Le 25 octobre 1578, à minuit, il fut définitivement condamné à perdre la tête et l'arrêt ordonnait une exécution immédiate. Les gardes urbaines et le régiment d'infanterie sous les ordres de Câpres continuaient à bivouaquer sur la Grand'Place ; comme la veille, l'ouragan hurla.il. mais, grâce à la flamme défi fagots et des torches, on y voyail comme en pleine lumière du jour. L'ancien avocat, les yeux hagards el les traits contractés par la colère, ayant à ses côtés le prévôt et un moine franciscain, traversa la grande salle de l'hôtel entre deux rangées de hallebardiers, et apparut sur l'échal'aud dressé devanl la grande porte d'entrée. Secouant son poing serré avec une rage impuissante du côté des magistrats, que la veille encore il tenait prisonniers et à sa merci, il déplora sa malencontreuse indulgence, grâce à laquelle sa tête allait tenir sur le billot la place que les leurs eussent dû occuper. Il reprocha amèrement aux habitants la lâcheté qui les empêchait de frapper un coup de vigueur en faveur de leur patrie et de celui qui les avait toujours si fidèlement servis. Le greffier de la cour lut alors la sentence au milieu d'un silence si profond que chacune de ses syllabes, chacun des.

D autre pari, 1. capitaine Ambro m m S " "^ ""*•

Etats, mis à la torture ni 'V^^ment des temps aussi prof^S^ c *^ . ^ des

fois le sor. quKéri taTent 1T- renC0 , ntraient P^ l'avantage d'une mustr n * qu lls n ' eussent

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effort deZ\CTZ C :r 0rme - ^^ le de ™er scission qui a duré i! î &S P ^' s - B ™ cette

finie MWfiï iw T g ' Avant c I ue 1 année ne fût

ALEXANDRE DE PARME

ses soldats, n'était point un maître qui lui convînt. En conséquence, il se mit d'accord avec La Motte et Sarrazin, agissant au nom d'Alexandre Farnèse, et reçut le commandement de l'infanterie dans les provinces wallonnes, une rnerced de quatre mille couronnes par an, et pour lui et ses soldats une part dans les cent mille florins de La Motte, aussi large qu'il put l'arracher à ce dernier.

Le baron de Câpres, pour l'acquisition duquel Jean Sarrazin, auquel il élait spécialement recommandé, avait, suivant ses propres expressions, « tiré sang et eau, » le baron de Câpres finit par consentir à se rallier au parti du Roi moyennant la place de Gouverneur général d'Artois, et de Gouverneur spécial de la ville d'Hesdin, emplois très lucratifs dont le vicomte do Gand était titulaire en vertu de commission des États-Généraux. Mais ce dernier dont la répugnance à abandonner le parti libéral auquel il devait de si hautes fonctions, paraissait si marquée, que le Prieur avait dressé contre lui et le marquis d'Havre une embuscade afin de s'emparer de «deux ennemis aussi puissants, » ce vicomte de Gand, déploya alors ses véritables couleurs. Il se déclara également prêt à se rallier, à condition de recevoir par l'investiture royale les mêmes pouvoirs qu'il tenait des autorités nationales, et en outre le titre de marquis de Richebourg, le commandement de la cavalerie dans les Provinces méridionales, et certaines sommes à fixer. En tenant au Roi la dragée haute, et en restant à distance, il obtint le prix auquel il s'évaluait. De Câpres, au nom de qui Philippe, à la demande de Parme, venait d'expédier le diplôme de Gouverneur d'Artois et de Hesdin, l'ut obligé de renoncer à ces belles charges, malgré l'antériorité de sa « réconciliation » et « le sang et l'eau » de Jean Sarrazin. Le vicomte de Gand ne se tint pas encore pour

satisfait, il insinla c „„ i„

cavalerie, y om pri s la han^T^ de «** »• avait donnée à Laîai^ cont ? 0rdo ( nnancc < uc ] '°« Propre trahison ; il ToCnîZ IgJ Te s'crÏ 5* * ? comte » qui non mm™ S, , cns du « petit

belIiqueoLous^r: J^f/f f J--n P et ' «

W les premières We S d e celtS l0,tS ° nt ilIus haulement Parme etleRn; i , , ° lr °' ~ accus a pouiller pour pï4 e a * ' ' le tncher Ct dc ]e ««" n'étaient parcomna.ables fT"? , dpai les service * laing. S'étant Sï£ihî f , ^ d ° lamaison de La- Iui, I son couVa "e e a t Vl^ V^' due ' solon aussi bien „ U W ' m -! ? ° S miIltaj res notoires, dont il dLoir.vTt * - nflUenCeS d0 iami 'I Prince d'Espl; 's'S "ha horo° rr- " 1 ? 80n ,VèrC lo se rallier aussi au païi du Roi ! ° dU HainaUt ' h annonça en riant aunÎnÏÏ J 01 ' le VICOra ^ de Gand «urles deux ^mZ^e^T!^ ^^ remplacer ceux cm'il lv , !?, V?. n ecunc Pour sastreuse journée dans^alS M * à Gemblou ^ dé-

ncne et le plus puissant des Pavs-Bas pi,,! , /

ALEXANDRE DE PARME

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