‹ La révolution du 24 février (volume 2)Chapitre 108 sur 111 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

conséquent que nous ne le sommes , vise uniquement à compléter, et qui met de plus en plus la fortune et la liberté des contribuables à la merci de tout ce qu’il jieut se développer dans le pays d’intrigants et d’aventuriers.

Je tiens fermement, quant à moi, que, sous un tel régime, sous un régime qui a la prétention de constituer en régies publiques, en dehors du gouvernement proprement dit, tout ce que le nôtre y a déjà mis, les ailles, Y enseignement, les travaux publics, les banques, etc., etc., et tout ce qu’il prétend avoir le droit d’y mettre encore , les assurances, les mines, les eaux thermales, les canaux et chemins de fer possédés par des compagnies, et nombre d’autres articles; qui ajoute à cette prétention celle de gouverner directement par des règlements préventifs à peu près tout ce qu’il n’a pas accaparé pour son propre compte ou livré en monopole à des compagnies ou a des corporations privilégiées ; je tiens, dis-je, que, sous un tel régime, il pourra bien arriver qu’on parle d’économies à titre de réclame électorale, ou pour tracasser le gouvernement, ou dans la vue plus sérieuse de le déconsidérer et de l’exposer à l’animadversion des contribuables ; mais il n’arrivera pas qu’on en parle avec la pensée sérieuse d’en effectuer , parce que sous un tel régime, encore une fois, il n’y a de possibles que des aggravations de dépense, et qu’il faut commencer par se départir du régime pour pouvoir former avec sincérité la pensée de • faire des économies.

Il n’y a, en réalité, qu’un moyen d’arriver à des épargnes qui comptent, de donner aux travau.x du pays le degré d’extension et d’activité qu’ils sont susceptibles d’acquérir, de licencier les partis enfin, et d’éloigner peu à peu

du pouvoir, quel qu’il soit, la cohue d’ambitieux et d’aventuriers qui ne cessent de menacer son existence ; et ce moyen, le même pour toutes ces fins, c’est, en conservant largement au pouvoir des instruments d’ordre, de police et de justice que ne lui rendent que trop nécessaires la déplorable exaltation des partis et nos innombrables infirmités sociales, de faire d’ailleurs, avec toutes les précautions qu’on voudra, subir des réductions notables à cct amas d’attributions administratives qu’a accumulées dans scs mains l’ignorance unie aux plus mauvaises passions, et qui est la vraie source des difficultés et des périls qui l’entourent, comme des maux qu’endure la société. La liberté, voilà le souverain remède : non pas celle qu’aiment et que poursuivent les factions, la liberté de l’oppression et de la violence, la liberté de s’ertiparer du pouvoir pour le faire servir aux plus détestables fins ; mais la liberté du travail, la liberté de se livrer sans contrôle, en répondant devant qui de droit de l’usage abusif qu’on en pourrait faire, à l’exercice de toute honnête profession. Il n’est pas un des ordres de travaux que notre législation administrative a plus ou moins asservis qu’un gouvernement habile, surtout dans ces temps d’agitation ambitieuse, ne dût avoir la pensée d’affranchir. Il y aurait pour lui tout profit à les voir passer de son domaine particulier dans celui de l’activité commune. En laissant échapper de scs mains les pouvoirs arbitraires qu’il exerce plus ou moins sur tous, il se verrait déchargé de la dépense, dégagé de la responsabilité, affranchi des obsessions et des agressions sans nombre auxquelles l’exposent ces pouvoirs abusifs ; il pèserait infiniment moins sur les masses ; il livrerait un champ beaucoup plus vaste à leur

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