‹ La révolution du 24 février (volume 2)Chapitre 23 sur 111 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

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Nous venons de voir eomment la corruption, depuis cinquante ans, a successivement ruiné tous nos établissements politiques,, et comment elle a notamment préparé la révolution du 24 février , comment elle l’a rendue possible. Mais, si elle l’a rendue possible, l’avait-elle aussi rendue nécessaire ? La question est assez importante pour mériter d’étre examinée.

11 va sans dire que je ne fais cette demande ni aux factions diverses dont l’ambition ou la vengeance avaient depuis longtemps armé les mains, qui voulaient à tout prix une révolution et qui y marchaient par toutes les voies possibles, ni aux niais systématiques à qui nulle

expérience n'a pu apprendre que les révolutions ne remédient pas à tout, ni aux esprits turbulents et enthousiastes à qui plaisent ces grands bouleversements, qui les regardent comme de magnifiques prouesses, comme des actes merveilleux de virilité, et aux yeux de qui toute révolution, par cela seul qu’elle est une révolution, est, en quelque sorte, excusée d’avance; non, j’adresse ailleurs mes questions : je parle à celte masse de citoyens honnêtes, judicieux, avises, qui savent à quel point les révolutions sont une extrémité redoutable, à quel point il est chanceux d'y recourir, et qui néanmoins ont laissé faire et jusqu’à un certain point ont secondé celle-ci, détachés qu’ils étaient du gouvernement par les fautes qu’il pouvait avoir commises, et, bien plus encore, par les perfides excitations de scs ennemis. C’est à ces hommes que je m’adresse ; c’est avec eux et pour leur gouverne que je veux examiner s’il y avait lieu de faire une révolution, s’ils se trouvaient véritablement réduits à cette nécessité déplorable.

C’est rarement de dessein prémédité sans doute qu’une nation se laisse entraîner à faire, à seconder, ou seulement à laisser faire une révolution. Mais quand y a-t-il lieu pour un peuple qui se respecte, pour un peuple honorable et sensé, de donner les mains à une entreprise de cette sorte ? Nous avions fait une révolution contre le roi Charles X, en 1850, parce qu’il avait voulu gouverner contre la volonté légitime et constitutionnellement manifestée de la majorité du pays et des chambres, et nous en avons fait une nouvelle, en 1848, contre le roi Louis- Philippe, quoiqu’il n’agit que du plus parfait accord avec

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