LIVRE SIXIÈME
fait, depuis plus de quarante ans, aucune des monarchies qui l’avaient précédé , c’est-à-dire à essayer do grever le pays d’une série de taxes nouvelles, et à le charger, en effet, de nouveaux impôts très-durs.
Encore un coup, ce n’est donc pas aux dépenses de la monarchie, quelque abusivement exagérées qu’elles pussent être, qu’il faut attribuer les maux de toute espèce que nous avons soufferts depuis seize mois, et l’interminable crise financière et commerciale que nous traversons : c'est au régime que nous avons subi d’abord, qui s’est efforcé de se maintenir ou de se relever ensuite , et qui, en exagérant encore ces dépen.scs, déjà outrées, en s’évertuant à pousser plus loin le système d’accaparement et de concentration qui les rendait inévitables, n’a su déployer d'habileté que pour détruire les moyens naturels que la monarchie avait d’y pourvoir, et pour ruiner le peu de principes libéraux qu’elle avait le bon sens de maintenir et auxquels elle était redevable de ses immenses ressources. Tous les résultats d^astreux qui viennent d’être signalés n’ont eu pour cause, en réalité, que l’essai de république socialiste qui est venu, systématiquement et de propos délibéré, s’attaquer à ces principes et battre en brèche toutes les défenses naturelles de la société, tous ses moyens de conservation, de prospérité et de puissance.
Ce que cet essai a causé de mal à tous , et non-seulement aux classes contre lesquelles il était dirigé , mais à celles particulièrement en faveur desquelles on le prétendait fait, et même aux auteurs et complices de l’entreprise, est évident à tous les regards et de notoriété profondément sentie pour tout le monde. Qu’on me cite, je ne dirai pas
m RÉVOLUTION DU U FÉVRIER.
une classe de propriétaires et de capitalistes, cela est tout simple et peut être pour les auteurs un sujet de satisfaction, mais une classe de travailleurs quelconque à laquelle .il n’ait affreusement nui! Qu’on veuille bien considérer à quel point il a nui surtout à la classe de travailleurs la moins heureuse, à celle, dont il devait, disait-on, relever la condition et adoucir le sort! Qu’on fasse le dénombrement des malheureux ouvriers qu’il a fait périr dans d’odieuses luttes! Qu’on voie la masse de ceux qu’il a fait condamner à la transportation ; la masse plus grande de ceux qu’il a mis dans la cruelle nécessité de s’expatrier, de se déporter eux-mêmes, et celle plus grande encore de ceux dout il a détruit le travail ou qu’il a forcés de se résigner à de dures et inévitables réductions de salaire! Qu’on cherche enfin, pour les placer en présence de tant de maux, ceux qui en ont été les principaux artisans, et qu’on leur demande ce qu’ils ont recueilli de leur entreprise, je ne dirai pas de gloire, mais seulement de considération et d’honorable notabilité !