‹ La révolution du 24 février (volume 2)Chapitre 87 sur 111 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

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Quelles que fussent d’abord, au moins en apparence, la mollesse du pays et sa disposition h se résigner à la révolution nouvelle, pour peu qu’elle fût honnête et sensée, il n’était pas possible qu’un fait si plein de violence et de fraude ; un fait où toutes les oppositions constitutionnelles avaient été si effrontément jouées; où la grande masse de la population d’ailleurs avait été comptée pour si peu de chose; où, sans prendre la peine de la consulter, une poignée d’hommes venait de disposer souverainement d’elle et de renverser de fond en comble ses institutions ; il n’était pas possible, dis-je, qu’un changement si étrange, si en dehors de toutes les prévisions, si au delà de tout cc qu’on avait pu attendre, si brusquement opéré, si audacieusement

surpris, et au fond duquel d’ailleurs sc laissaient apercevoir, dès les premiers moments, les desseins les plus extravagants et les plus tyranniques, n’éveillât pas bientôt la susceptibilité, la raison, la dignité naturelles de la nation, et ne finît pas par rencontrer des résistances de plus en plus insurmontables.

Ces résistances n’ont pas tardé à se manifester. Elles ont commencé au bout de peu de semaines, et, comme de juste , l’initiative en a été prise à la source même du mal, c’est-à-dire au sein de cette garde nationale parisienne que les factieux avaient su engager si habilement dans leur entreprise , et à qui ils avaient fait faire une révolution, la révolution la plus radicale, sans que seulement elle y songeât et en fût le moins du monde avertie. Qui n’a présentes à sa pensée les démonstrations successives du 16 mars, du 16 avril, du Ib mai et surtout cette horrible lutte des derniers jours de juin, où la population de Paris, déjà si cruellement atteinte dans sa fortune, a dû payer en outre de tant de sang la faute de l’assistance qu’elle avait prêtée aux émeutiers de février? A ces actes de Paris , ont correspondu , dans les départements, des manifestations non moins significatives, et, avant tout, la réception plus que vive qui a été faite, en tant de lieux, à ces commissaires plus ou moins généraux du gouvernement provisoire, qui n’ont pu tenir devant la réprobation dont leur personne, leur mission, leurs actes étaient l’objet, et qui ont été forcés de vider honteusement la place, sans qu’on ait seulement pu songer à Paris à les venger de cet affront; et ces élections politiques d’avril, qui , en dépit des violents efforts de la république rouge,

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