René Duparc
Un petit nombre de ces contumaces furent saisis par la main de justice ; le premier fut René Duparc» Avant 1789, il était avocat au parlement, familier de Mgr de Castellane et son greffier à la séance épiscopale du bailliage de Gévaudan. Propriétaire à Méjantel, il avait, à ce titre, commandé le contingent de; Barjac dans l'armée de Charrier. Il comparut, le 2S lioréal, devant le tribunal criminel.
« J'ai été arrêté, dit-il, aujourd'hui à Chaldecoste, dansun clapier, par des citoyens que je ne connaissais point.
— Depuis quand y étais-tu ?
— Depuis environ six semaines.
— Comment vivais-tu là ?
— Par l'effet de la Providence et le secours des pauvres^ qui m'apportaient des vivres, moyennant une petite rétri*. bution, à condition que je ne leur demanderais pas leur nom.
— Depuis quand étais-tu absent de la commune ?
— Depuis environ onze mois.
— Dans quels bois t'étais-tu réfugié ?
— Dans les bois de Malaval et du côté de Méjantel.
— Où prenais-tu ta nourriture dans ces bois ?
— C'étaient les mêmes pauvres qui me l'apportaient.
— Reconnais-tu, comme t'appartenant, cette farine, ce lard, ce pain, ce drap, cette « couverte », bouteille, assiette^ et cet assignat de cinquante livres ?
— Oui, je les reconnais. >/
René Duparc fut fusillé le jour même de son arrestation, le 12 mai 1794 — 23 tloréal an IL La tradition rapporte qu'une personne, rencontrant ce soir-là son jeune fils, Jean Arnaud, courant vers l'Angiran, lui demanda où il allait. « Je vais, répondit-il, voir
guillotiner un homme. » Le pauvre enfant dut rebrousser chemin, en se demandant pourquoi '...