L'abbé Forestier
L'abbé Jean Forestier, de Cadoule, paroisse de La Canourgue, s'était caché quelque temps chez son beau-frère de Manjoulet; mais, craignant de le compromettre, il alla demander asile h une autre de ses soeurs, Claudine Gazanhe, mariée au Villaret, de Saint-Saturnin. Le comité de surveillance de La Canourgue ordonna de fréquentes visites dans la maison paternelle, mit ses parents en réclusion et eut l'infamie de demander à la mère de livrer son fils, moyennant sa mise en liberté. La mère refusa et les deux frères dirent qu'ils ignoraient la retraite de l'abbé.
Le comité fit alors cerner la maison Gazanhe h -iS prairial, à minuit. Un garde national vit sauter par la fenêtre un individu et jeter aussi divers objets : un sac de livres, une capote, une redingote minime, une chasuble, une patène en fer blanc, un calice en étain^ une pierre sacrée. On arrêta aussitôt Claudine ; puis les villages furent fouillés par ordre du maire de Banassac. Vers quatre heures du soir, Vézin, lieutenant de la garde nationale, vit sur la côte du Villaret un homme, qui avait l'air de fuir vers le causse de Sauveterre ; le détachement doubla le pas, et Vezin, qui avait pris les devants, arrêta Jean Forestier et le conduisit avec sa sœur à Marvejols.
Le 28 prairial, l'abbé comparut, ii Mende, devartt le tribunal criminel.
« Quels sont tes nom, surnom, âge, profession et demeure ?