L'abbé J.-B. Robert
Celui-ci encore fut victime du 18 Fructidor an V. Le lendemain du coup d'état jacobin, parut la loi du 19, qui déportait tout prêtre réfractaire dans un délai de quinze jours ou le livrait à une commission militaire après ce délai expiré. Le directoire départemental prit bien des mesures, pour en assurer l'exécution; mais, le G nivôse an VI, un membre de l'administration se plaignit que « les fonctionnaires civils et militaires, chargés d'arrêter les réfractaires, n'étaient parvenus qu'à les faire disparaître des endroits publics. » Cependant de nouvelles recherches aboutirent à la prise de Jean-Baptiste Robert, de Bieuchamp, curé de Puylaurent.
Le i5 fructidor an VI — i""' septembre 1798, à trois heures du matin, la force armée fouilla, l'une après l'autre, toutes les maisons du village de Chabalier. Chez Combes, on trouva un autel tout préparé et dans la grange un chapeau fin avec un crêpe ; on retourna quarante quintaux de paille, après quoi on découvrit, dans la grange, une hutte et dedans le prieur, qui dit vouloir se rendre et demanda de n'être pas maltraité. Le brigadier le prit par la main et l'emmena avec Combes « recelateur » devant l'administration centrale. Là Robert déclara, le lendemain, 16 fructidor, s'appeler J.-B. Robert, âgé de quarante ans, prêtre et curé de Puylaurent, arrêté dans la grange de Combes, où il avait été se reposer ; n'avoir jamais eu connaissance des lois de la république, attendu qu'elles ne lui avaient jamais été notifiées ; n'iéna? n'être jamais sorti du territoire français ni porté sur la liste des émigrés et n'avoir pas d'autres observa-
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tions à faire, si ce rfest que, dans le cas où il serait sujet à la déportation par la non-prestation de serment, il était disposé à se soumettre aux peines que la loi prononce à cet égard.
Il lui arriva pire que la déportation. Traduit devant la commission militaire de Nîmes, il fut condamné il mort, s'évada et revint à Puylaurent. où il fut repris le 12 octobre, malgré les avertissements de Vialle, son receleur, qui, la veille, lui avait conseillé vainement d'aller coucher au moulin. De Mende, il fut renvoyé à la commission militaire, qui le fit fusiller le 3 frimaire anVIII — 24novembre 1799, à Montpellier '.