L'abbé Etienne Fosse
Le 9 pluviôse an VII — 28 janvier 1799, Ramay, brigadier du Malzieu, en patrouille dans le bourg, entra 4ans l'auberge de la veuve Fournier. Celle-ci courut aussitôt, en criant, vers une salle où soupaient une -dizaine de personnes, qui essayèrent de faire évader un des convives ; mais le brigadier les prévint et arrêta l'individu suspect.
Celui-ci, conduit à Mende devant l'administration centrale, déclara s'appeler Etienne Fosse, âgé de quarante-deux ans, originaire de Saint-Pierre-le-Vieux, vicaire au Malzieu depuis quinze ans, ayant exercé son ministère secrètement dans la commune, n'avoir jamais prêté aucun serment. Trois jours plus tard, ^'administration le fit déporter, malgré ses infirmités, à Saint-Martin, dans l'île de Ré.
1. Arch. Lozère, L 133. Iiiterrpg. de Robert, prêtre réfra :taire. Arch. nat., VI 3G81 13. Procès-verbal de l'arrestation du curé de Puylaurent, 1.5 fruct. an VII.
» F7 7435. Rapport de gendarmerie.
Hulletin Lo.zère 18^4. IV, p. 271 et i72. Délibérations départementales.
Un an plus tard, le 9 pluviôse an VIII, le commissaire du gouvernement près l'administration munici- , pale du Malzieu écrivit au législateur Barrot.
Citoyen « Je viens réclamer vos bons offices pour un malheureux prêtre de notre canton, déporté l'année dernière à l'île de Ré. Les pièces ci-jointes vous prouveront que cet ancien vicaire de notre commune a toujours été infiniment paisible et que son langage, son exemple et ses vertus n'ont pas peu contribué à maintenir la paix dans cette commune. J'ai signé le certificat qui lui a été délivré et vous devez. être convaincu que je n'ai signé que la pure vérité. »
Les démarches de Barrot aboutirent et le 16 ventôse an VIII — 17 mars 1800, le ministre de la police écrivit au préfet de la Lozère :
« Les témoignages les plus favorables sont rendus, citoyen, à la moralité et à la conduite constamment paisible d'Etienne Fosse, prêtre insermenté du Malzieu, déporté à Saint-Martin, île de Ré, quoiqu'il ne paraisse pas douteux que ses infirmités n'eussent dû lui épargner ce traitement, en le mettant dans le cas de la réclusion. Je donne en conséquence des ordres, pour qu'il soit délivré à cet individu un passeport pour sa commune seulement, où il doit rester sous une exacte surveillance '. »