Arch. naf., F 7 7539. Dossier Etienne Fosse
Pour l'abbé Solier, prieur de Colognac, qui n'était ijas lozérien, mais qui prit une part active aux troubles de la Lozère, voici comment il tinit.
Après le combat de Chanac. il fuit vers le causse Noir, au sud de Lanuèjols du Gard, près du moulin de Randavel ; là il vécut dans une gorge sauvage avec les deux Bastide et les deux Pourquery. Les meuniers leur portaient des vivres dans le creux d'un rocher voisin. Couchés sur des feuilles, la nuit ils allumaient du feu, méditant pendant la Terreur les vengeances des Chouans. Amnistié en 1795, l'abbé Solier rentra en Lozère ; en l'an VIII, il commanda une bande près de 8t-Jean-du-Bruel. Pris en messidor ot traduit au conseil de guerre d'Avignon, il s'évada et recommença la lutte implacable, disant la messe, quand il le pouvait^ « armé de deux paires de pistolets et d'un fusil à ileux coups posé sur lautel. >■' Ce prêtre, enfant perdu de la Chouannerie, périt dan.'v le mois de pluviôse an IX, les armes à la main, dans un vieux château des Cévennes, où il s'était réfugié. (Bibliothèque nationale, fonds français, 11.361).
Il est temps de clore enfin la liste des victimes de la déportation et de la guillotine.
Le monde les vit traqués comme des fauves, « rôdant en peaux de bêtes, manquant de tout, dans l'affliction et l'angoisse, errant dans les solitudes, les montagnes et les cavernes », suivant l'expression de saint Paul, « dormant à l'ombre des buissons », non pour ramener le roi, exception faite de quelques laïques et de quelques prêtres conspirateurs, mais pour rendre. au Christ Le suprême témoignage, sauver les droits de la conscience et passer aux successeurs, dans l'épouvante et la tempête, le flambeau de la foi.