Société populaire de Meyrueis, 25 germinal an II
« Sur la motion d'un membre, la Société arrête qu'il sera fait «ne invitation aux autorités constituées de vouloir bien à l'avenir rendre compte au peuple de leurs opérations chaque décade... »
Ainsi les Jacobins de Mende voulaient faire « marcher » tout le monde, comme les Jacobins de Paris; mais, si la Société filiale imitait assez bien le geste impératif de la Société-mère, elle en copiait encore mieux, parce que plus facile, le geste antichrétien contre les ministres et le culte catholiques.
Le 17 fructidor an II, Borie, « considérant que la plupart des prêtres reclus à Mende étaient jeunes et vigoureux; que la maison où ils étaient détenus ne présentait aucune sûreté ; qu'elle était placée hors des murs, ce qui leur laissait la facilité de sortir et de rentrer sans être aperçus ; qu'il était instant d'éloigner les prêtres de Mende et de débarrasser ainsi leurs familles, dont la plupart se privaient du nécessaire pour les alimenter, arrêta qu'ils seraient tous conduits successivement à la citadelle de Nîmes 2.
Le « patriotisme » applaudit. « Je te dirai, écrit l'administrateur Hermet à l'un de ses amis, que Borie a établi entre le département et celui du Gard un commerce très avantageux pour nous : c'est de leur envoyer des charrettes chargées de prêtres et de les faire arriver chargées de blé. Tu es trop bon républicain pour ne pas ramasser le plus possible de cette denrée, afin de continuer cet échange. » Le club, de son côté, vota des remerciements au représentant du peuple, « pour avoir délivré la commune de vingtdeux prêtres fanatiques, et le pria de continuer à purger le département de ces êtres malfaisants. » Le proconsul profita de l'occasion, pour expliquer sa conduite : le bien de la commune exigeait ce départ ; comme on s'était montré trop facile à ouvrir aux prêtres la maison de réclusion, il supprimait tout