‹ La révolution en LozèreChapitre 161 sur 191 · Arch. Lozère, E 480. Famille Jourdaa de Combettes · texte numérisé non relu

Arch. Lozère, E 480. Famille Jourdaa de Combettes

LA RÉVOLUTION EN LOZKRl;; Sj?

Ses conifères assermentés en avaient déjà fait autant.

« C'est en vain, dit un membre du club, le 2 décembre 1793, que l'on voudrait calomnier la Lozère; ses habitants ouvrent aussi les yeux à la lumière de la raison et de la vérité; l'esprit public y est, comme partout ailleurs, à la hauteur des circonstances. Déjà les prêtres y renoncent à tromper les hommes au nom de Dieu ; le voile de l'erreur se déchire et le règne des charlatans est fini. »

Il ne faut pas séparer de ces vicaires épiscopaux le plus célèbre d'entre eux, Florit de Latour, curé de La Parade et administrateur du district de Meyrueis. Le 10 brumaire an II, il abdiqua lui aussi verbeusesèment, déclarant, entre autres choses, « qu'il voulait être, dans toute la force des termes, un bon républicain, un véritable sans-culotte et un brave montagnard français. » En conséquence, il prit pour femme une fille de paysan et en eut un fils, Alonzo, qui, malgré tout, devint religieux de Picpus et alla expier le sacrilège de sa naissance aux missions de l'Océanie.

Les prêtres jetant le froc, les vases sacrés devenaient inutiles.

Le 3o brumaire an II, « Serviere dit qu'il attendait de la Société, épurée depuis quelques jours, un nouvel acte de civisme. « Votre église paroissiale, ajouta-t-il. renferme encore une argenterie considérable et inutile pour les fonctions du sacerdoce. Ceux qu'on appelait chanoines n'ont pas pu soustraire ce qu'ils auraient voulu, parce qu'il y avait encore dans la municipalité quelque patriote vigilant, au moment où la destruction de ces êtres inutiles fut heureusement prononcée. Je demande que le talisman du fanatisme soit envoyé, dès demain, au creuset expiatoire. » Un membre dit alors au représentant : « Nous

î'avpns forcé à rester ici aujourd'hui ; promets-nous de nous donner quelques heures demain ; tu te chargeras, comme d'un acompte, de l'argenterie qui est dans notre cathédrale et de celle que le district a en son pouvoir. »

Un membre du directoire départemental assura <que des circulaires allaient partir, pour faire porter au dépôt désigné « les hochets de la superstition », €t des officiers municipaux promirent de faire emballer les objets au point du jour.

Mende avait eu jadis une des plus grandes cloches •de la chrétienté ; mais au XVP siècle, Mathieu Merle, ■chef de partisans huguenots, avait brisé, pour en faire des canons, les cinq cents quintaux du bourdon F?'ançois^ appelé aussi la Nonpareille, abandonnant le grand battant, qui mesure '2'"25 de hauteur et l'^iode circonférence au nœud de percussion. La Société populaire, poursuivant l'œuvre destructrice, arrêta <c qu'il serait vendu aux maréchaux ferrants, pour ferrer les chevaux. » Mais le battant résista et on peut -encore le voir sous les orgues de la cathédrale. Les galons et broderies des ornements furent « offerts à la patrie »; quant aux étofïes, on délibéra « que, pour rendre hommage à l'égalité, elles serviraient à vêtir les pauvres de l'hôpital. »

Le II janvier 1793, u un membre dit qu'il voyait avec bien de la peine que les citoyennes qui venaient à la So- <iété portaient encore, pendus à leur col, des signes de ^superstition. Le président invita, au nom de la Société, les citoyennes à ne plus se parer de croix 1. »

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