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Société populaire de Meyrueis, 4 germinal an II

« Le citoyen Bon, délégué du représentant du peuple, obtient la parole et dit : « Citoyens, je me suis aperçu, en entrant dans cette Société, que, parmi '.es citoyennes qui la composent et qui doivent *n faire l'ornement, il en est quelques-unes qui portent à leur col Ses mar(iues superstitieuses, qu'on appelait croix, ce signe qui

Enfin en 1794, l'Epiphanie fut chômée à Mende ■<( par la très grande partie de la population ». La Société populaire délibéra de classer comme Suspect quiconque se permettrait de chômer la ci-devant fête des rois, et, le 3o avril, « on fit la motion d'exclure les membres qui chômeraient le ci-devant dimanche et n'empêcheraient pas leurs domestiques de le chômer.»

Mais la Société populaire eut d'autres soucis que de détruire le sacerdoce et le culte chrétiens ; elle inscrivit aussi à son ordre du jour tous les patriotismes, l'ancien et le nouveau.

' Pour employer le style du lieu, on les fit « sucer » à la plus tendre enfance K Tous les décadis, récitation du nouveau catéchisme, la Constitution, et de son préambule, la Déclaration des droits de l'homme et du citoijen.

Le prix du savoir était, « pour les filles, un ruban tricolore avec un exemplaire relié proprement, et pour les jeunes garçons, un pareil exemplaire avec un bonnet de la Liberté » ; mais toutes les jeunes filles eurent bientôt le livre sans concours.

Le 5 janvier 1794, « une jeune citoyenne, qui souvent embellissait les séances de la Société, en y chantant avec goût des couplets patriotiques, demanda que l'on distri-

alluma la guerre civile et fit entr'égorger nos pères. Je deniando que ces marques soient déposées sur le bureau et échangées en bonnets de la Liberté. » Et comme les citoyennes ne marquent point d'empressement à les déposer, le président nomme le citoyen. Dupont, pour en faire le recensement. »

t. A Meyrueis, les enfants commencèrent de bonne heure. (Séance du 28 prairial an II). « Un membre a fait la motion que les •enfants nés dans le cours des deux dernières décades fus.sent portés, le premier décadi, à l'arbre de la Liberté, pour y sucer les premiers principes do la liberté. Cette motion a été appuyée et délibérée. Le père Belon a dit que, malgré que son fils fût né il y a déjà quelque temps, il demandait qu'il lui fût permis d'y faire porter le sien, pour y recevoir la confirmation du nom qui lui a été donné par l'officier public. L'assemblée applaudit aux sentiments patriotiques du citoyen Belon. »

SyÔ LE GOUVERNEMENT REVOLUTIONNAIRE

buât aux jeunes personnes de son sexe, qui avaient récitél'Acte constitutionnel, un exemplaire de ce livre immor-^ tel, imprimé en gros caractères et relié, pour qu'il pût être lu souvent sans se détériorer.

« C'est un livre, dit-elle, que nous voulons avoir journellement entre les mains ; il nous importe de le conserver, puisque c'est là que nous puiserons les sages principes de liberté, que nous devons transmettre aux enfants de nos enfants. »

La Société se rendit à ce vœu et toutes en eurent, puisqu'on en fit imprimer et relier six cents exemplaires, avec ce titre « Récompense de l'étude. » Le livre fut appris et un jour, comme un membre se plaignait « qu'on ne donnait pas aux enfants le temp's de réciter tout ce qu'ils savaient, il fut délibéré qu'à l'avenir on leur donnerait le temps de tout débiter. »

On lit dans une séance que « les jeunes citoyennes s'étaient montrées plus citoyennes que les jeunes citoyens » ; ceux-ci cependant avaient parmi eux un bon petit champion de civisme dans « un jeune homme de douze ans ».

« Lors de l'invasion de cette commune par l'infâme Charrier, cet enfant ne voulut jamais quitter la cocarde tricolore, malgré les dangers que couraient ceux qui étaient décorés de ce signe de notre Liberté. Un autre membre assura que, dans un banquet patriotique, le même enfant avait bu souvent et avec transport au succès des armes de la République. « Il doit te tarder de voir ton père, lui disait-on ? — Non, répondit cet enfant, il combat pour sa patrie : il est bien ; quand les ennemis auront quitté nos frontières et que mon père sera de retour, je l'embrasserai de bonheur. » La Société, pénétrée d'estime pour le jeune Caupert (c'est le nom de cet enfant républicain), délibéra d'informer la Convention de ce trait de patriotisme. »

Un émule de Caupert exposa un jour qu'il fallait préparer des successeurs aux défenseurs de la patrie, •en exerçant de bonne heure les jeunes cit03'ens au maniement des armes. La Société l'écouta « avec sensibilité », loua le zèle des jeunes citoyens et fit faire à «es frais deux cents fusils de bois K

Le club ne se contenta pas d'encourager le patriotisme des enfants, il en donna lui-même l'exemple. A l'intérieur, il fallait assurer des subsistances au peuple. La Société nomma un comité, cria famine à la Convention, s'occupa d'un recensement plus exact des crains et des châtaignes, menaça la campagne de lui envoyer des volontaires à discrétion, si elle ne continuait pas à approvisionner le marché de Mende, comme avant la taxation des denrées ; invita « les citoyens qui avaient accoutumé de faire de l'huile de de noix à en faire de suite, sous peine d'être dénoncés comme suspects » ; envoya une circulaire aux districts, pour presser « la dépication » des gerbiers, que les propriétaires retardaient, afin de se soustraire à la loi du maximum.

Quant aux besoins de la frontière, on essaya d'y pourvoir avec la même ardeur. Le représentant près l'armée des Pyrénées-Orientales ayant demandé des effets pour les soldats, des membres de la Société souscrivirent pour une, deux ou trois chemises, d'autres pour une paire de bas ou deux paires de souliers.

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