Arch. Greffe ilvi Iribiiiial <lc Monde, Affaire Alcais
6o8 LE GOUVERNEMENT REVOLUTIONNAIRE
(( Je viens d'être instruit, dit Borelly, agent national au district de Villefort, que les enfants de l'émigré Ursule Simon Bonnet-Ladevèze sont dans le besoin ; j'ai appris avec douleur qu'ils ont resté, sans prendre de nouiriture, un espace de temps capable d'alarmer une âme sensible. Leur mère, recluse dans sa maison et dont le bien est séquestré, ne peut leur procurer le pain indispensable à leur nourriture. Ces enfants, la plupart en bas âge, dont deux estropiés, sont au nombre de d'w et ne cessent de demander du pain à leur mère, qui est sans ressources. »
Pour les reclus, voici le menu fixé par Borie : à dîner, potage, bœuf et pain ; à souper, rôti ou ragoût et deux salades par semaine ; trois quarts de livre de viande pour les deux repas et demi-anglaise de vin par jour; soins spéciaux pour les malades et les infirmes ; le tout aux frais des détenus, qui sur leurs biens en séquestre « devaient fournir encore aux dépenses nécessaires pour l'indemnité due au comité de surveillance, aux frais de garde et d'arrestation, à l'entretien et établissement des maisons d'arrêt » et enfin à la nourriture des suspects indigents K Ceux qui n'avaient pas des biens en régie et qui ne voulaient pas vivre d'aumônes se faisaient apporter leurs repas par leurs parents, que l'on devait fouiller à l'entrée et "à la sortie.
Le menu de Borie ne dut pas être fidèlement servi, car le citoyen Le Croizic écrivit, de Marvejols, au président de la Convention, le 24 pluviôse an III :
« Je me crois obligé de te représenter l'état déplorable auquel se trouvent réduits les prêtres et religieuses détenus dans le département et dans les voisins. Je n'ai que deux mots a te dire : ils meurent de faim, de froid ou de