I. Aich. nat., AFii. Arrêté de Borie, 17 fructidor an
LA RÉVOLUIION EN LOZERE 609
miscre. Ils en sont au point de regretter le gouvernement de Robespierre : ils avaient l'espérance d'une mort expéditive ; ils soutîrent toutes les lenteurs de la plus dure agonie. Ce qui m'atfecte ici, c'tst le sentiment de Thumanité et de l'honneur de la nation. Adieu, citoyen 1. »
Aux souffrances de la faim s'ajoutaient les tristesses du séjour. Le 26 frimaire an II, le comité révolutionnaire du Malzieu, « considérant que la maison occupée par les reclus était insalubre et désagréable tout à la fois par sa situation sur le cimetière; que les appartements n'avaient pour perspective que le spectacle du cimetière, fait pour aggraver leur malheur; que lés poux étaient tellement multipliés dans cette maison qu'on redoutait non sans fondement la maladie pédiculaire etc.», ordonna le transfèrement des reclus dans la maison de MontrufFet ^.
A Langogne, le 28 brumaire an III, un membre du comité se plaignit « qu'il s'exerçait dans la maison de réclusion une sévérité inouie, puisque les reclus étaient privés d'air et ne pouvaient communiquer entre eux ni voir parents et amis, sous prétexte qu'un d'entre eux, ayant feint de prendre l'air dans l'enclos, avait franchi le mur. « Deux mois plus tard, on dut les élargir tous provisoirement, parce qu'ils étaient « tous malades d'enflures, d'engelures et autres infirmités insoutenables dans la rigoureuse saison 3. »
A Mende, l'Union, « infecte et puante maison », comme l'appelle la jeune Rosette de Retz, fut munie d'un tour à l'entrée, pour faire passer les aliments .aux suspects, et d'abat-jour aux fenêtres, « sorte de