Arcli. Lozère, L 182. Leltii; des Sœurs noires à la
municipalité.
Arch. coni. Mende D. Délibérations municipales, 4 février 1793,
n(ji RUINE DE L INSTRUCTION PUBLIQUE
livres; la commune de Banassac eut bien son instituteur, mais il fut de courte durée, parce qu'il fut mal payé; depuis quatre ou cinq ans, notre jeunesse croupit dans une ignorance crasse, très nuisible aux bonnes mœurs et à la société. »
A Rimeize, on voulut sauver au moins le local, et la commune pétitionnna contre la vente « de la maison de l'instruction, qui n'était bien national d'aucune manière; attendu qu'elle avait été bâtie aux frais et dépens de Jean Odoul, prêtre, qui la légua par testament, pour instruire les enfants de Rimeize i ».
Quoi qu'il en soit des causes, l'enseignement primaire périt et beaucoup de communes auraient pu répondre comme Le Malzieu à l'administration centrale, qui lui reprochait d'avoir négligé l'organisation de l'instruction publique : « S'il ne se présente -aucun instituteur ou institutrice, dirent les officiers municipaux incriminés, veuillez-nous apprendre le moyen de les contraindre à se charger de ces fonctions ; d'autant plus que la loi laisse pleine liberté à cet égard et qu'on peut conjecturer que tout instituteur forcé ne sera jamais qu'un mauvais instituteur -. »
L'administration centrale eut beau nommer six jurys d'instruction, le succès ne vint pas. A Mende, le 12 pluviôse an III, le jury demande des renseignements aux diverses communes du district. « Mende, Aliène et Saint-Etienne-du-Valdonnez, disent les jurés, sont les seules qui aient témoigné de l'empressement et nous avons vu avec une peine sen-
1. Arch. Lozère, L 182. Pétition <J<' la coniimine de lîiineizf.
2. Arch. Lozère, L 182. Lettre île la imuiicijialité du Malzieu,
1 lloréal an II.
sibleque les autres avaient gardé un profond silence. » Le jour de l'examen, il ne se présente que dix candidats, dont une seule institutrice, Madeleine Fontibus, femme du ci-devant vicaire épiscopal Pauliac. Quant à la personne désignée par la commune d'Allenc, elle ne sait pas parler français.
Le district de Floirac, plus heureux, peut nommer à dix-rheuf places, mais il manque dix institutrices. « Dans celui de Saint-Chély, écrivent les administrateurs le i6 pluviôse an III, il n'y a aucune école primaire en activité; il n'a point été formé de jury d'instruction ; nous n'avons ni instituteurs ni institutrices; impossibilité d'en trouver. Aucune comm.une n'a £ormé des demandes pour l'établissement des écoles primaires. Les administrateurs actuels pensent que, si la commission n'envoie les instituteurs ou institutrices de quelque autre district, ils auront la douleur de voir leurs administrés privés pour longtemps d'un établissement aussi utile. » Enfin le jury de Marvejols ne trouve que quatre instituteurs pour son district et « déclare qu'il n'a pu. nommer aux autres places, faute d'avoir des sujets capables », c'est-à-dire « des citoyens d'une probité reconnue et partisans de la démocratie ' ».
A Mende, après la destitution des Sœurs noires, « les jeunes citoyennes », obéissant à quelque meneur du club, demandèrent Madeleine Fontibus pour institutrice, qui fut agréée par le directoire départemental. Quelques patriotes lui confièrent leurs filles ; les autres les gardèrent chez eux. Après la Terreur, les dames de l'Union essa3'èrent de rouvrir leur maison. A vrai dire, elles ne formaient
1. Anli. ]jy/.i-y(\ I. IS'J. Pr<icés-\ «'i-baux des jurys <l'iiistruction.