‹ La révolution en LozèreChapitre 176 sur 191 · BullLtin Lo7.cr(' 1884. III, p. 71<.i · texte numérisé non relu

BullLtin Lo7.cr(' 1884. III, p. 71<.i

yo8 RUINE DE l'instruction PUBLIQUE

ne leur permettent pas de pouvoir payer des instituteurs particuliers, qui exigent de gros salaires. En conséquence, nous nous sommes réservé la localité propre pour les instituteurs ; il nous reste la localité propre pour les institutrices. A se sujet, nous fimés une. pétition au département, concernant la maison des ci-devant Unies, si proprepour cet objet, et qui d'ailleurs avait fourni à cet usage depuis sa fondation. Le département prit à ce sujet un arrêté, qui a été envoyé préalablement au ministre, pour s'opposer à la vente de ladite maison. Nous vous invitons à vous informer de Tétat des choses à ce sujet, qui est de la plus haute importance, pour retirer de sur le pavé toutes les petites hlles. La chose est pressante; l'éducation souffre et la jeunesse se gâte ; veuillez bien contribuer à leur bonheur ; vo-us contribuerez au nôtre et à ^cclui de nos administrés 1. »

Tout fut inutile : l'Union fut mise en vente et Guyot trouva, à l'acheter, « son bien premièrement et puis le mal d'autrui. »

L'école des Frères sécularisés ne manqua pas non plus d'épreuves. Ayant refusé d'assister avec leurs élèves à la fête du lo août 1796 (an IV), ils furent suspendus de leurs fonctions. « Ils n'çnt jamais voulu, écrit Servière, le 14 fructidor, au ministre de l'intérieur, paraître à aucune fête et ils ne daignent pas répondre aux lettres qui leur sont écrites à ce sujet. » Le directeur Hermet alla avec son confrère Rocher rendre les clefs de l'immeuble national et le commissaire Beauregard leur denianda s'ils comptaient ouvrir une école dans la maison qu'ils avaient louée. « Oui, répondit Hermet, à moins que nous ne soyons persécutés. » Ce mot de persécution irrita le commissaire,

1. Arcli. coin, de Mctule. ('(incspoiKhince : I.cKre à André, dél)ul(', 10 pluviôse an V.

qui dit à Hermet:«Vous raisonnez comme un bavard.» L'instituteur haussa alors le ton et dit des choses désagréables, pour lesquelles le juge de paix le condamna "^ faire des excuses à Beauregard.

L'école fut ouverte, puisque Servière écrivait le 1 1 vendémiaire an VI : « L'ijistruction publique est presque nulle dans ce département. Aucun canton n'a d'école primaire ; dans certains il y a des instituteurs particuliers et d'ailleurs dans de mauvais principes. Trois ci-devant frères ignorantins, destitués dans le temps, pour avoir refusé de conduire leurs élèves aux fêtes nationales, enseignent la jeunesse de Mende et ont pourcoopérateurs des prêtres réfractaires '. » Mais, six mois après le 18 Fructidor, en avril 1798, l'administration centrale « épurée » saisit la première occasion, pour supprimer ce qui restait d'enseignement primaire au chef-lieu. Une inspection eut lieu le 11 ventôse an VL •

« Nous nous sommes transportés, disent les commissaires-inspecteurs Tarteron et Beaujean, au domicile des citoyens Rocher et Hermct, faisant école particulière, où nous avons trouvé dans une grande salle une quarantaine de jeunes élèves et les dits instituteurs, lesquels nous avons de suite sommés de nous déclarer quels livres élémentaires ils enseignaient à leurs élèves; ils nous ont exhibé un livre intitulé Le devoir d'iui chrétien >'nr('rs

1. Arrh.nat., 1 ic III Lozère 5. U-ttre de Sor\ iure. 11 \i-iiil. an IV, Arch. Lozère, L,I37. Répoiiso ilu ininislre à 3ervière,

4 cumpl. an IV.

» L 18Î. Circ-ulaiic flo Burie. « Je suis ins-

■ tiuit, ciloyeiis, que les prêtres cherchent dans 1 s coniniiines à s'emparer- (les fondions d'ollirier puldic et d'instituteurs; ils ne sont |)ropres ni ;'i l'uni- ni à l'antre de ces fondions. Aurillac. le '2 thermidor an II. •• Ai-ch. corn. Mende. l'oljce niuniciji;tle, '.'7 fructiilor an I\'.

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