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Dipu et les moyens de pouvoir bien s'en acquitter: un autre intitulé Le petit psaume contenant l'office 'le l'Kçjtise k l'nsagç 'l-s Ecoles clirétiennes : leur avons encore demandé pourquoi ils ne leur apprenaient pas les Droits il'' l'homme, la Co>2."?/<7u/io7i et les livres élémentaires qui- ont été adoptés par la Convention ; ils ont répondu qu'ils ne fournissent aucun livre à leurs élèves; que c'étaient leurs parents qui en faisaient les frais, mais qu'ils offraient de leur enseigner les livres détaillés dans le dit arrêté et qu'ils engageraient leurs élèves à se lés procurer.
« Leur avons démandé ensuite s'ils traitaient leurs élèves de ritoye" et si eux-mêmes s'honoraient de ce titre honorable ; mais nous avons reconnu que le mot de non ieur. dont ils se servaient eux-mêmes en nous répondant, était le seul titre dont ils faisaient usage dans le cours de leur enseignement
(I De suite nous nous sommes transportés dans la maison des citoyennes Rivière sœurs, ayant une école particulière de jeunes fille, où nous avons trouvé une trentaine d'élèves, et nous avons vérifié les livres qu'elles avaient sous les yeux, lesquels consistaient en l'Ancien et le Nouveau Testament et autres livres de dévotion ; leur ayant demandé de suite pourquoi elles ne présentaient point à leurs élèves les livres propres à les instruire de la morale républicaine, une de leurs élèves a mis aussitôt sous nos yeux un livre intitulé La bfU" aux cher- uxd or^ carnpii I sic), et une des institutrices nous a demandé d'examiner si ce n'était pas là un livre c.onforme à la morale républicaine ; les citoyennes Rivière nous ont déclaré que les parents de leurs élèves leur fournissaient les livres, qu'elles les engageraient à se procurer les Iiroits de l'hoiii' nie, la ( Onstitution et les autres livres élén>entaires décrétés par la Convention.
« Nous nous sommes encore transportés chez la citoyenne Saint-Régis, que nous avons trouvée chez elle avec une vingtaine de filles en très bas âge, auxquelles elle
apprenait l'alphabet et n'avait d'autres livres que l'Ancien et le Nouveau Testament, et nous a avoué ingénument qu'elle ne savait pas qu'elle dût en présenter d'autres à ses élèves, mais que, si nous le jugions nécessaire, elle ferait tous ses efforts, pour se procurer ceux qui doivent être présentés. I ».
En remettant sur le bureau de l'administration centrale le procès-verbal des commissaires-inspecteurs, un administrateur dit à ses collègues: «Citoyens, vous n'avez pas d'ennemi plus dangereux à combattre que l'ignorance... Vous proposer de détruire les établissements existants, sans vous offrir un moyen de les remplacer, c'est vous affliger sans doute, ainsi que tous les pères de famille, qui vont se croire privés de toute instruction pour leurs enfants. Mais, lorsque vous aurez considéré que telle est la force des circonstances ; lorsque les pères de famille se. seront convaincus que ces établissements particuliers sont plus nuisibles que profitables à leurs enfants ; qu'ils tarissent la source de l'enseignement public; que nos écoles centrales ne sont désertes que parce que celles-ci sont trop fréquentées ; que les instituteurs et institutrices de ces écoles sont les ennemis implacables du gouvernement républicain ; qu'ils ont été sourds à toutes les invitations réitérées qui leur ont été faites de revenir aux principes ; qu'ils fuyent avec obstination toutes les fêtes de la république et n'observent aucune fête décadaire, dont ils éloignent leurs élèves : vous n'hésiterez pas un moment h proscrire de pareils établissements. »
De fait, l'administration n'hésita pas : considérant, entre autres choses, « que ces établissements particu-
1. Arch. com. Mende. Délibérations municipales, 11 vcntosean VI.
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liérs étaient infiniment dangereux à raison des principes des professeurs et des livres élémentaires mis entre les mains des élèves ; que les écoles centrales n'étaient presque pas fréquentées et qu'on ne connaissait dans le département aucune école primaire ou institution républicaine », l'administration centrale ferma, le 17 ventôse an VI, les écoles tenues par les citoyens Rocher et Hermet pour les jeunes gens, et celles tenues par les citoyennes Rivière pour les jeunes filles, exceptant à Mende, « celle de la citoyenne Saint-Régis, espérant pouvoir 3^ faire entrer les institutions républicaines ^ ». Voici comme le Bourgeois de Mende apprécie cette rigoureuse sanction.
« Hier,i''''avril 1798,1111 arrêté du département a supprimé toutes les écoles publiques et particulières de cette ville, sous le fondement que l'éducat'on qu'on y donnait n'était pas favorable à la propagation des principes républicains et sentait le fanatisme. Tels sont les grands motifs qu'on ne rougit pas de publier, pour condamner impitoyablement la jeunesse, seul espoir de la génération future, à croupir dans une dangereuse ignorance. Cette cruelle mesure jette dans la plus désolante situation les pères de famille auxquels il reste encore assez de droiture et de religion pour attacher quelque intérêt à la bonne conduite et au vrai bonheur de leurs enfants. »
l.Arcli Lozère, L 18v!. Extrait du pr«)cès-verbal des commissaires. Il ventôse an VI.
Visite à Mnrvejols de l'école de Blanc, père et fils. « écrivains et ari11im«';ti(ieiis », 19 venlose an VI). Les élèves ont de 15- à 'Z') ans: les comnnssaires-inspeclours demandent si on élève ces jeunes gens dan les senUments répuhlicains et quels livres on leur fait lire ; les instituteurs i-épondcnt .< fpi ils enseiiinent purement
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ei simplement à lire c;ei-lains vieii.v: pajiiers e( à copier eerlains livres d'histoire » : ils n'ont pas la ('(Dixiitulioii ni \e> Droils df l'hoitunc, mais ils se les procureront ; ils n'ont point observé les décadis ni Ips fêtes républicaines, mais ilslescélèhreront à l'avenir. A l'école des filles les inspecteurs trouvent la Vie el /es 6o/J.smo/.s (if M. J-'aiilt'uiK mais point de morale républicaine; ils engagent instituteurs el institutrices à observer les décadis et à ne se servir en classe que du mot citoijcii. (.Vrch. Lozère, I^ 182.)
LA RÉVOLUTION EN LOZERE 7l3
Le citoyen Rocher rouvrit pourtant sans bruit son école, mais, le 24 vendémiaire an VII — 15 octobre 1798, un officier municipal et le commandant Vassé, à la tête d'un peloton de soldats, firent chez lui une perquisition et emportèrent des livres et des papiersprohibés : Devoirs d'un chrétien envers Dieu, Heures et peiit psautier, les Conférences ecclésiastiques 'lu diocèse d'Angers, l'Honnête homme ou VaiH déplaire a la Cour , des catéchismes du ci-devant diocèse de Mende, deux exemplaires de l'Acte constitutionnel, « confusément jetés, prétend l'administration centrale, et placés à dessein d'abuser les autorités » ; enfin plusieurs cahiers d'élèves, dans lesquels on ne trouvait « aucun trait de morale républicaine. »
L'administration centrale se saisit aussitôt de Pierre Rocher et le traduisit devant Daudé-Lacoste, directeur du jury.
« Interpellé de dire s'il avait connaissance de l'arrêté qui lui interdisait les fonctions d'instituteur, il répondit que l'administration municipale de Mende le lui avait signifié ; que quelque temps après il reprit ses fonctions, pour se procurer des moyens de vivre, n'ayant pas d'autre ressource et ne pouvant à son âge (61 ans) prendre un autre état.
« Interpellé de dire pourquoi il ne conduisait pas ses élèves à l'assemblée décadaire, il répondit que, se trouvant indisposé, il n'a pu ks conduire lui-même à la dite assemblée ; qu'il pensait d'ailleurs que son âge fort avancé pouvait l'en dispenser, mais qu'il avait eu soin d'élever toujours ses disciples dans les principes républicains et qu'il avait envoyé six de ses élèves à l'assemblée décadaire, pour y réciter les Droits de l'homme et quelques articles de la Constitution de l'an III.
« Interpellé de dire s'il faisait lire a ses élevés des livres