‹ La révolution en LozèreChapitre 179 sur 191 · Bulletin Lozère 1884. IV, p. GoO · texte numérisé non relu

Bulletin Lozère 1884. IV, p. GoO

Arch. nat., Fie 111 Lozère 5. Lettre de Scrviéie au itiinistre île

l'iiUérieur, 3 ventôse an Vil.

Arch. Lozère, L 403. Canton de Chàteaiineuf-Randon : Registre de correspondance du commissure près l'administration centrale, 4 pluviôse an Vil.

« Jusqu'ici il n'a été encore nommé aucun instituteur dans ce canton. Les pères de famille se sont (tontentés de faire donner les pi-emiers principes de lecture à leurs enfants par des personnes de leur maison ou par des voisins. Je n'y connais aucune autre école que cela. »

LA KKVOI.fjTION EN LOZKPE

tiques, physiques et naturelles, l'histoire, les langues anciennes et modernes, la législation et le dessin. Celle de la Lozère s'ouvrit à Mende, le.i vendémiaire an V. Voici la liste des professeurs, nommés par le jury d'instruction et approuvés par l'administration centrale:

Langues anciennes : Meffre, de Villefort :

Hermet, de Chantelouve ; Belles-lettres : Chas, de Villefort;

Grammaire générale: Boyer, de St-Alban ; Histoire : Louis Brun, du Malzieu ;

Mathématiques : Guyot fils, de Marvejols ;

Histoire naturelle : Girard, de Marvejols; Physique et chimie : Barbut, otf. de santé, du Born ; Législation : Vimont, homme de loi :

Bibliothécaire : Dibon '.

Parmi les professeurs on remarquait deux prêtres défroqués : Chas et Dibon, qui n'étaient pas faits pour attirer des élèves ti l'école dans un pays comme la Lozère, et deux jeunes gens : Barbut, du Born. officier de santé, et Brun, du Malzieu, neveu du curé de St- Chély, lesquels eurent bientôt maille à partir avec l'administration.

Une première faute commune fut un billet d'invitation ainsi conçu : « M. Tarteron est invité par MM. Barbut et Brun à leur faire l'honneur d'assister à l'ou-

1. Arc-h. Lo7.i.j»:.L lîSi. Exti;iil des délibcralioiis cli.i)artoiiioii(a- Ics, 1 vendi'miîiire nu V.

Lettre du ininislrc de rinléiieur à Seivic'ie, '-."^ pluviôse au V. « Je vois avec peine que vous me marquez. dans votre lettre du 15 nivôse, que les si'uls professeurs de l)e!i(^s-let(r('s, de fjraniniaire générale et le bibliothécaire jouissent, dans l'opinion j)ubliquc, de la réputation d'hommes purs et vraiment républicains et que les autres sont reyardés comme très éipiivoques. »

yiS RUINE DE l'iNSTRUCTION PUBLIQUE

verture de leur cours à Mende. » Ayant ainsi donné à Tarteron et à eux-mêmes du Monsieur au lieu du Citoyen^ ils furent suspendus provisoirement, « pour avoir méprisé les formes républicaines ».

Une faute plus grave, particulière à Brun, lui attira un plus grave châtiment. Il perdit un jour au bureau de l'administration centrale le papier que voici :

« J.a contre-révolution est-elle possible ? — Si possible qu'elle ne devrait pas être mise en question.

Quand pourra.-t-elle s'opérer'? — Dans le courant de juin prochain au plus tard.

Par quel moyen s'opèrera-t-elle? — Par l'opinion du nouveau tiers des représentants.

Quel sera le sort des patriotes? — La mort^ seront seulement épargnés quelques imbéciles, qu'on sait pertinemment avoir été trompés. »

Ce petit catéchisme de contre-révolution fut trouve par le secrétaire, qui le remit au président. Lozéran- Fressac questionna Brun et celui-ci s'en tira, en disant que c'étaient là des réponses adressées à lui de Lyon. Fressac, qui ne lui était pas hostile, se contenta de le réprimander, ajoutant « que certaines considérations et principalement celle de sa grande jeunesse l'empêcheraient de le dénoncer au gouvernement » ; puis il brûla lui-même le catéchisme dangereux.

Mais après le i8 Fructidor, la nouvelle administration reprit cette affaire et fit valoir des griefs nouveaux.

« Brun était d'un incivisme notoire et n'avait fréquenté dans la commune que les ennemis de la Révolution ; le bâton, qu'il disait porter pour sa commodité, était moins propre à cet usage qu'à annoncer une arme lourde, meurtrière et menaçante, telle que la portaient les assommeurs :

ses voyages à Lyon, la patente qu'il avait prise n'étaient qu'un prétexte, pour couvrir, sous le dehors d'un commerce qu'il n'avait Jamais fait ni eu intention de faire, un plan d'en entretenir un véritable avec les ennemis de la Révolution etc.. »

Pour tous ces motifs. Brun fut destitué le 29 frimaire an VI.. Aisément il se consola, prit du service dans l'armée, fit avec succès les campagnes du Consulat et de l'Empire et bénit la destitution, qui fit du professeur d'histoire sans élèves le général baron Brun de Villeret K

Quant à l'école centrale, elle échoua. Six mois après l'ouverture, « considérant que cette école bccasionnait des frais considérables, sans être d'aucune utilité pour les habitants de la Lozère, puisque les cours, ouverts depuis le i5 brumaire, n'étaient suivis que par un nombre infiniment petit d'élèves, qui est même inférieur à celui des professeurs ; que les parents préféraient envoyer leurs enfants aux écoles centrales établies à Nîmes, à Montpellier ou au Puy, par la raison que ces écoles offraient plus de ressources », le conseil municipal de Villefort en demanda la suppression.

Le 1 1 vendémiaire an VI, Servière constate le même insuccès et en donne d'autres raisons plus générales : « Les professeurs des langues anciennes, des mathématiques et des belles-lettres, écrit-il au ministre de l'intérieur, ont eu quelques élèves ; les autres professeurs aucun. L'ignorance, les préjugés, le fanatisme, l'indifférence ou l'aversion pour le gouvernement républicain, l'influence des prêtres, sont la cause du peu

1. Arcli.naf., FI9 1011. llappoit Ho.rret du coinmandant Rutteau

I i frimaire an V .

Lettre <1e Hcrviérc ;"i la Police gi-m'-rale,

II frimaire an V.

Bull. -tin Lozrio iHS-i. 111, p. f.-^s. :i3 et IV, p. 38, 1.16.

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