J20 RUINE DE L INSTRUCTION PUBLIQUE
de succès de l'école centrale. » x\ussi, après neuf mois « d'inutilité complète », fut-elle supprimée.
L'administration issue du iS Fructidor la réorganisa et le coup d'Etat terroriste parut lui donner pendant deux ans l'illusion de la vie. Quelques élèves de plus se présentèrent ; un théâtre fut installé, où l'on joua des pièces républicaines. Voici le procès-verbal officiel de la représentation dramatique offerte par les élèves pour la fête célébrée à l'anniversaire de la mort du « tyran » Louis XVL
« Le 2 pluviôse an VIT — 14 février 1799, à 10 heures du matin, les fonctionnaires publics étant assemblés, le citoyen Chas, professeur de belles-lettres, auteur de Vlnvo- (Hfion k l'Etre suprême et des Imprécations contre les tyi^ans, est monté à la tribuneeta prononcé l'une etl'autre avec l'énergie qui caractérise le vrai républicain.
« Les amateurs désignés par l'administration municipale, pour chanter les imprécations, notées en quatre parties par le citoyen Sauvage, organiste, ainsi que l'hymne faite à ce sujet par le citoyen Tarteron, directeur de l'enregistrement, ont exécuté ce chant avec beaucoup de précision ; le citoyen Sauvage a suive ce chant par un accord sur l'orgue avec beaucoup dô talent.
« A deux heures de l'après-midi, une décharge dé petite artillerie annonce que la cérémonie va reprendre ; les tambours de la garde nationale et de la troupe rappellent les citoyens à la réunion. Le cortège fait une promenade civique autour de la cité et se rend à la salle des exercices littéraires de l'école centrale. Là, l'imprécation contre les les tyrans et le chant civique relatif à la fête sont de nouveau répétés à grand chœur ; des danses et des hymnes patriotiques sont exécutées Zl chantées jusqu'à quatre heures du soir.
«f Alors les élèves de l'école centrale donnent la représentation de la Mort de César^ qu'ils terminent à la scène
OÙ Cassius annonce la mort du tyran. Les applaudissements universels prouvent à cette intéressante jeunesse que la patrie attend de leur application les résultats que doit se promettre le gouvernement républicain pour le triomphe de la Liberté et de la Philozophie sic).
« Cette pièce étant terminée, un arbre de la Liberté est élevé au milieu du théâtre ; une foule de citoyens s'empressent de voler sous ses rameaux. Le président de l'administration centrale prononce aK)rs un discours, dont le patriotisme excite tous les auditeurs à l'amour de la Liberté et à la haine contre les tyrans ; puis il se joint aux autres citoyens qui sont sur le théâtre ; le cercle se.'forme ; l'enthousiasme embrase tous les cœurs ; tous se tiennent par la main et dansent autour de l'arbre chéri, en chantant l'hynme à la Liberté ; l'orchestre répète cet air et la salle retentit du cri général « Vive la république ! périssent les tyrans ! ••
« D'autres élèves de l'école jouent la comédie des Plaideurs ; les applaudissements redoublent, interrompus par un des professeurs, qui, sur le devant du théâtre, annonce que, le 3o pluviôse, l'école centrale donnera la représentation de .(»/>«,/, c//e/ de britiands ] que cette pièce sera suivie du Vriomphe iln (jf'n rai Champion net contre les N»}nililai)is. Les chants civiques recommencent et se terminent par des danses, qui se sont prolongées bien avant dans la nuit ; l'allégresse publique était à son comble et les illuminations se sont soutenues jusques au point du jour I. »
Malgré les représentations dramatiques, malgré les exercices solennels à la fin de l'année, l'école s'évanouit au 18 Brumaire, comme le constate mélancoliquement le compte rendu déjà cité : ^ Les efforts qu'avait faits Tadministration centrale, de concert avec