‹ La révolution en LozèreChapitre 184 sur 191 · Arch. Lozrrc, L137. Fè(os rrpuMicaincs, Ledroà Sorvière · texte numérisé non relu

Arch. Lozrrc, L137. Fè(os rrpuMicaincs, Ledroà Sorvière

LA RÉVOLUTION EN LOZKRjE ^SJ

« Je ne sais, citoyens administrateurs, à quel génie malfaisant attribuer l'indifférence coupable des citoyens et notamment des fonctionnaires publics, employés et salariés, pour les fêtes nationales et décadaires; mais on ne peut continuer plus longtemps à les voir célébrer sans le concours de ceux et la présence des familles de ceux à qui la loi fait un devoir d'y assister, sans éprouver un mouvement d'indignation contre tous ceux qui s'eH rendent coupables.

« Je cite à regret l'époque de la célébration de l'anniversaire de la journée mémorable du i8 Fructidor, de cet événement sublime, sans lequel tous ceux qui ont immortalisé la Révolution eussent été inutiles, de cette journée enfin qui eût dû voir tous les citoyens se réunir, confondre tous leurs sentiments et oublier toutes leurs haines, et qui cependant, il faut l'avouer, n'a vu que le royalisme et la superstition tirer une ligne de démarcation, par laquelle ils semblent se séparer ouvertement de tout ce qui est attaché au gouvernement républicain, en méprisant ou en dédaignant de concourir à sa célébration. Nous n'avons vu effectivement assister à cette fête avec leur famille que les fonctionnaires publics employés et salariés déjà portés dans mes précédents tableaux décadaires, tandis qu'une circonstance semblable eût dû me piocurer l'occasion de vous rendre le compte le plus-satisfaisant.

< La dernière fêie décadaire n'a pas été plus heureuse, à l'exception de deux figures étrangères, qui,, par leur maintien et leur air d'inditférence, ne méritent pas d'être comptées au nombre des présents. »

l^our recruter des fidèles au nouveau culte, le même Beaujean stimule avec énergie le commissaire de police de Mende dans une lettre, dont il convient de respecter l'orthographe et le st3ie.

•734 LES FKTES RÉPUBLICAINES

18 frimaire an VII

« Je m'aperçois, citoyen, que de l'inexécution de l'article 8 de la loi du 17 thermidor an VI, il en résulte une indifférence marquée de la part de cette commune pour l'observation des décadis, et que d'antiques et ridicules préjugés et la domination des prêtres pèsent encore sur la tête du peuple au préjudice de la chose publique. Vous santez comme moi combien l'amélioration de l'esprit public exige de cévérité dans l'exécution de la loi précitée et les avantages qui en doivent résulter pour la chose publique. Je vous charge spécialement, en conséquence, de surveiller ceux qui affectent d'une manière aussi ridicule l'observation des fettes établies par les prêtres et de me dénoncer sans ménagement ceux qui refusent d'accorder la même vénération pour les fêtes républicaines. Vous voudrez bien m'accuser réception de ma lêtre. Salut K »

Beaujean n'était pas le seul à se plaindre de la tiédeur générale des Mendois. « L'influence funeste des royalistes et des prêtres, lui écrivait l'adjudant général Nivet, le 1 1 floréal an VII, se montre plus forte que jamais dans cette commune et la fête d'hier dite des Epoux m'en a fourni la preuve frappante de leur audace. Ce n'est pas sans indignation que j'ai vu la plupart des boutiques ouvertes et étalées ; un chapelier n'avait pas même craint d'étaler ses chapeaux au dehors ; mais ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que certains fonctionnaires publics sont les premiers à «'écarter de la soumission aux lois. »

A quoi Beaujean répondit avec la même indignation : « Avant la réception de votre lettre, j'avais pris les

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