La Malène,,, La Malène, Saint-Chély-du-Tarn
Cette division n'est pas irréprochable. Quarantesept cantons dans un département qui n'en voulut,
-cinq mois plus tard, que trente-huit, et qui se contente aujourd'hui de vingt-quatre ! Aussi quinze d'entre eux n'ont-ils que trois communes, sept deux, et Luc enfin, près de Langogne, forme à lui seul tout un canton. De modestes villages comme Brion, Saint-Léger-de-Peyre, Blavignac, Le Collet-de-Dèze, etc., deviennent le centre de plus de communes que <ies bourgs considérables comme Meyrueis, Grandrieu et Villefort ; Saint-Pierre-des-Tripiers, sur le causse Méjan, attire à lui, du fond des gorges du Tarn, Le Rozier et Saint-Préjet, ses deux succursales ; et l'on est tout étonné de voir un chef-lieu de canton à Saint-Jean-la-Fouillouse, qui, outre l'église, le presbytère et la vicairie, n'a" que deux habitations de paysans, ou encore à St-Jean-Chazorne, village de cinq ou six feux, perdu comme un nid d'aigle au flanc d'une montagne abrupte, à la limite extrême du département.
Inexpérimentés ou complaisants comme les commissaires départementaux, nos députés avaient eux aussi perdu de vue le principe de la simplification des rouages administratifs, ainsi que la pauvreté du Gévaudan. A ce double titre, la multiplication des districts et l'alternance du chef-lieu entre plusieurs villes méritent la critique. Aussi bien la cherté fit bientôt supprimer cette sorte d'administration ambulante, et Mende dut alors à sa position centrale, à la supériorité de sa population et à un vote quasi unanime de l'assemblée bailliagère — soixante-dixsept voix sur quatre-vingts — de devenir le chef-lieu incontesté du département. Quant aux districts, les administrateurs de la Lozère commencèrent en 1790 par les regarder tous « comme étant de nécessité
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absolue et jugèrent toute suppression impraticable dans un pays de communications très difficiles »^ malgré le district de Florac, qui proposa de les réduire à quatre * ; ils reconnurent pourtant que la dépense^ telle qu'elle avait été réglée par l'Assemblée nationale, serait trop forte pour un pays pauvre comme le Gévaudan, et ils appliquèrent à tous les appointements d'administrateurs, commissaires du roi, procureurs, syndics et greffiers, la diminution d'un tiers, « dont le district de Villefort, le premier de tous ceux du royaume, avait donné l'exemple » ; puis après un an d'expérience, le département, ne pouvant soutenir les frais des sept districts, en demanda la réduction au Corps législatif. La Convention les supprima tous pour la France entière; le Consulat les ressuscita en partie sous le nom d'arrondissements ; mais la suppression des sous-préfets, maintes fois réclamée depuis et toujours écartée pour des raisons peut-être électorales, semble donner raison à la Convention.
1. Arch. nat., D iv bis G7. Délibération du district de Florac^ 10 sept. 1790.