‹ La révolution en LozèreChapitre 31 sur 191 · Arch. Lozère, K 480. Lettre de Fnbre, S août · texte numérisé non relu

Arch. Lozère, K 480. Lettre de Fnbre, S août

3. Arch. Lozère, K 480. raïuiile .luurdaii de Coiubettes, lettre de Fabre, 8 août 1789.

■d*uné affaire restée inconnue : « M. de Corsac a eu un assaut assez désagréable avec M. Renouard, d'Allenc, qu'on a fait lieutenant de bourgeoisie. Vous

•avez sans doute appris l'alerte que nous donna M.

'de la Nougarède et son emprisonnement. M. de

•Corsac trouva ce traitement déplacé ; il voulut s'ouvrir publiquement et fut rudement riposté par le sieur Renouard. De propos en propos, on en vint à

■des choses sérieuses, et M. de Corsac s'oublia jusqu'à menacer de se mettre à la tête de deux cents de ses emphitéotes, pour assiéger la ville. Voilà le propos qu'on lui prête ; mais le peuple faillit le saisir et il aurait passé un cruel moment. Heureusement cela est fini au moyen d'un billet, qu'il a écrit à M. de Beauregard, colonel de la bourgeoisie, dans lequel il désavoue le propos et le prie de le rendre public •. •> L'affaire n'eut pas d'autres suites ; mais l'effervescence reprit bientôt sur un autre point et gagna toute la cité.

Il y a à Mende, entre la ville et la rive gauche du Lot, un terrain fertilisé par les eaux de Lavabre et appelé le Pré-Vival. Il est aujourd'hui morcelé en jardins et prairies, coupé de haies vives et couvert d'arbres fruitiers ; mais avant la Révolution, c'était un vaste pré, d'abord d'un seul tenant depuis le couvent des Ursulines jusqu'à celui des Capucins, puis divisé, au XVII'' siècle, en deux parties inégales par la grande allée Piencourt.

11 appartenait primitivement à la commune, qui aliéna à la crosse les premières herbes moyennant

1. Arcli. Lozoro, F] 480. raniille Juurdan de Combettes, lettre ■de Fabro, 8 août ns9.

une aumône générale, que- Tévèque devait faire tous les ans, ie jeudi saint, à la porte de son palais. Mais -cette aumône fut changée en pension de vingt setiers d'orge et autant de seigle, en faveur des pauvres de l'hospice, par Mgr de Piencourt, « à cause des abus ■et des meurtres, qui se commettaient à cette distribution 1. » L'acte qui abandonnait à l'évéque les premières herbes réservait aux habitants les secondes et la dépaissance après la fauchaison. Mais le lo avril 1769, le conseil de ville céda à Mgr de Castellane les secondes et troisièmes herbes, en échange du droit de leude, avec la clause qu'au cas où « ce droit, cédé à la communauté, viendrait à être supprimé en ■entier par l'édit du prince, ledit "seigneur évéque serait tenu au remplacement de l'objet échangé, pourvu toutefois que la communauté n'en eût pas demandé elle-même la suppression >. »

Or la nuit du 4 août, tous les droits féodaux furent supprimés par un édit du prince nouveau, le peuple ; et comme l'évéque de Mende ne disait mot au sujet du droit de leude, la ville se résolut à lui en parler. Le 6 septembre 1789, la classe indigente, inspirée par Randon de Mirandol, présenta aux officiers de l'étatmajor et conseillers de guerre une requête, tendant à obtenir de l'évéque une indemnité pour la jouissance des secondes herbes, équivalent de la leude, depuis 1775, et la restitution du droit de « quartelage ».

La requête fut présentée à Mgr de Castellane, qui remercia les officiers de l'état-major de leur honnêteté et ajouta que les habitants n'avaient que deux moyens,

1. Arch. Lo/.iire, 11053. Lii'vc raisoiinéo des rentes, rcveruis et dettes de l'hôpital, p. '288.

2. Arch. nat., iJxxix. Requête de la classe indigente de Monde aux olliciers de l'état-major et conseillers de guerre, Osept. 1789.

38 TROCBLES DE I 789 A I 792

pour rentrer en possession, des objets réclamés, oit la force ou la justice. « Ce dernier, dit Mirandol au conseil de ville et au conseil de guerre réunis, sera sûrement adopté, quoiqu'on m'accuse d'avoir portéles habitants au premier. J'ose assurer que je dé— vouerais ma tête, si jamais les mots de guerre et de révolte sont sortis de ma bouche autrement que pour les détester. Je ne cherche point à inculper Mgr l'évêque. Comme tous les seigneurs, il a trouvé des droits onéreux établis ; il en a joui et a cherché comme eux à les augmenter: c'est une suite du système féodal. La réponse de Mgr l'évêque n'ayant. pas satisfait les plaignants, ce ne fut qu'à leur prudence et, j'ose dire, à ma prière, qu'ils ne se portèrent point à la violence. » D'autre part les partisans de l'évêque firent signer un mémoire, où était déclaré « traître à la patrie quiconque occasionnerait des troubles à ce sujet », et résolurent de défendre à main armée, aux bétes et aux gens, l'entrée du Pré-Vival K

Le conseil de ville, ne voulant ni de la force ni d'une justice coûteuse, pour soutenir la réclamatioa des indigents, entra dans les vues de Mirandol, qui proposait de prier l'évêque et l'archidiacre démontrer les titres de leurs droits contestés. L'évêque voulait gagner du temps ; mais les esprits étaient agités et le conseil craignait que les indigents, qui menaçaient de prendre possession du Pré-Vival par voie de fait, n'en vinssent aux actes devant ses propres hésitations, ou que les zélés défenseurs de la crosse ne fussent pas contenus par les paroles conciliantes du prélat ; aussi les commissaires se présentèrent-ils le 12 octobre, à l'évêché.

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