Bulletin Lozère 1883. II, p. 561, 573, etc
Le maire annonça l'arrivée prochaine d'un curé nouvellement nommé ; un grand nombre de personnes répondirent : « Qu'on nous donne l'un ou l'autre; en attendant, il nous faut des messes. » On alla frapper à la porte du séminaire ; mais le supérieur, l'abbé Chardon, dit que toutes les messes étaient dites. La foule, murmurant toujours, obligea le conseil municipal à dresser une pétition au district. « Vous faites une sottise », dit le maire.
— Nous nous chargeons de tout et nous vous prions de faire transmettre la pétition à Marvejols par le valet de ville.
— Je me garderai bien de la lui donner ni de lui permettre de la porter.
— Eh bien ! nous la porterons nous-mêmes », et ils se répandirent dans le bourgs au son du tocsin, pour obtenir des signatures. Un patriote refusa. « C'est un démocrate », cria un pétitionnaire ; il les faut pendre tous et j'ai fait deux crochets pour cela 1. »
Ainsi la guerre civile près d'éclore, la loi tenue en échec par la conscience, lès réformes de la Révolution compromises, tels étaient en Lozère, à la fin de 1792, les fruits de' la Constitution civile du Clergé, qui allait mettre violemment aux prises les patriotes et les aristocrates.
N.-B. — Le lecteur a vu p. 73 que Nogaret, évêque de la Lozère « fut fidèle au schisme et à son serment » ; il n'en est rien ; la feuille était déjà tirée, lorsqu'un heureux hasard a fait découvrir sa lettre de soumission au pape en j8oi, laquelle sera publiée à la fin de cet ouvrage.