Arch. Lozère, L 584. Procédure contre Saumade
2. Arch. Lpzère, L 225. Extrait du registre des délibérations du directoire du département de la Lozère.
Le district de Florac fournit G99 soldats ' ; mais ceux de Marvejols et de Saint-Chély durent fournir des états moins brillants, à en juger d'après une délibération de l'administration départementale du 8 octobre 1793.
« Des lettres écrites par le directoire du district de Saint-Chély et le procureur-syndic de celui de Marvejols, il résulte que plusieurs communes de Saint-Chély et certains individus des autres refusent d'obéir à la loi du 23 août dernier, à l'exemple d'un grand nombre de celles du district de Marvejols, qui n'ont pas encore exécuté la loi du recrutement, du nombre desquelles sont Saint- Sauveur, Sainte-Colombe, Prinsuéjols et Nasbinals ; St-Sauveur étant désignée pour y avoir cent quatre-vingts fusils, sans qu'il ait été fait aucune démarche pour la faire désarmer, quoique les mauvais principes et la rébellion des habitants soient connus '-. »
Enfin le 3 vendémiaire an VII— 24 septembre 1798, pour tenir tête à l'Europe coalisée une seconde fois, le Directoire décréta une levée extraordinaire de 200.000 hommes, dont la Lozère devait fournir 1.400. « Dans les cantons de Florac, Sainte-Croix, Barre, Vebronet Saint-Germain-de-Calberte, les conscrits se signalèrent par un dévouement rare; ils fournirent le contingent par enrôlements volontaires ; mais pour forcer les autres, il fallut recourir à des moyeiis extrêmes 3. »
L'équipement des volontaires ou des conscrits fut presque aussi difficile que le recrutement dans un pays pauvre, appauvri encore par des jours de mi-
1. Arch.- Lozère, L 2'25. Etat noiuiiiatif et signalétinuo des bataillons du district de Florac debout contre les tyrans.
2. Arch. Lozère, L 220. Extrait des délib. départ. 8 oct. 1793.
3. Bulletin Lozère 1884. IIL p. 533. Délibérations départementales.
26o VOLONTAIRES, CONSCRITS ET DÉSERTEURS
sère et de terreur. Dans sa séance du i6 août 1792, l'administration départementale, après avoir considéré « qu'il n'y avait en Lozère qu'une petite population et aucune grande ville ; que les habitants mal vêtus ne portaient la plupart d'autre chaussure que des sabots et n'avaient qu'un petit nombre d'armes nationales », avait bien décrété que « ceux qui auraient l'honneur d'être choisis pour l'armée étaient invités à se procurer deux chemises, deux paires de bas, une paire de guêtres noires, une culotte blanche, une paire de souliers et un sac à toile ; que ceux qui auraient un sac de peau étaient invités à le prendre et que la valeur des sacs à toile et à peau leur serait remboursée au chef-lieu * » ; mais le procédé était trop économique pour elle, et les jeunes gens, qui offraient leur vie, estimèrent justement qu'on pouvait bien leur donner ce que La Tour d'Auvergne, le premier grenadier de France, demandait à ui) représentant du peuple pour prix de ses services : une paire de souliers.
L'administration y mit 70.000 livres, et les 1.200 volontaires furent versés, en novembre 1792, dans l'armée du Midi, que commandait alors Montesquiou- Fesenzac.
Les conscrits partirent, en mai 1793, pour l'armée d'Italie. Un de leurs conducteurs, Roux, ' quartiermaître trésorier du 2^ bataillon, nous donne dans une lettre quelques détails intéressants du voyage.
Romans, ce 3 mai 1793, l'an II de la République. Citoyens <i J'aurais cru manquer à mon devoir que de ne pas vous faire savoir de nos nouvelles. Nous nous portons très bien