Bulletin Lozère 1883. II, p. 404, etc
tous ; nous avons reçu toutes les honnêtetés possibles partout où nous sommes passés dans notre route. Nous n'avons eu que les reproches d'être mal équipés ; car de •tous les détachements qui partent pour notre armée, nous sommes les plus mal équipés ; dont cela nous a fait beaucoup de la peine, d'autant plus que nous entendons murmurer tous nos gens de se voir si mal rangés.
« Je crois que, s'ils étaient à partir, après avoir vu l'équipement des autres districts et départements, vous auriez eu de la peine à les faire partir. Dans tous les différents départements et districts, on les a habillés tout de neuf et du beau drap ; on leur a fourni tout l'équipement complet. Ils nous ont dit qu'il valait mieux n'en faire partir que cinquante bien équipés et armés que d'en faire partir cent mal équipés.
« Je ne sais comment nous ferons à Grenoble ; les gens se disposent à porter beaucoup de plaintes ; on leur a fait entendre qu'ils ne prendraient autre chose que ce que le district leur a fourni en partant ; on nous demande le mémoire de ce qui leur a été fourni, pour le produire au *^énéral ou commissaire qui leur passera la revue.
« Autrement nous n'ayons eu aucun désagrément ; il n'y a que Grandet, mon collègue, qu'il lui est déserté trois hommes de Serverette. Nous ne saurions assez louer la conduite de ceux de Saint-Chély, Aumont et La Chaze. J'ai encore tout mr)n monde. Dieu merci, et si je les avais crus de si bonne volonté qu'ils sont, j'aurais préféré me charger de cent que de vingt-six que j'en ai, y compris le volontaire d'Aumont.
« Espelit et Pages, de Rimeizette, paroisse du Fau,font merveilles ; ils font prendre la cocarde à tous les citoyens qui n'en ont pas ; partout ils ont été loués de cela. Dans "toutes les villes, on est bien aise de ces expéditions. Nous retenons encore sur tous les autres le citoyen Molinier, qui est celui qui a le plus de zèle, qui est le meilleur guerrier, honnête et prudent de toutes les compagnies qui passent sur notre route.
« Nous voyons sortir des détachements de tous côtés; il semble qu'il ne reste personne dans l'intérieur da royaume. D'ici à Grenoble, ce n'est qu'une armée ; et quoique les détachements soient éloignés les uns des au— très, nous nous traitons en frères et amis, et de tout côté l'on n'entend crier que : « Vive la République ! » On nous loge ordinairement chez les aristocrates ; mais ils sont diablement honnêtes, et suis votre concitoyen
Roux, républiquin et sans culotte 1. »
Le deuxième bataillon des volontaires lozériens, incorporé dans la 1 1^ demi-brigade, fit sous Bonaparte la campagne d'Italie ; et le premier, versé dans les i8'= et ig"" demi-brigades, suivit le grand général ea Eg)^pte 2. Quant aux conscrits des diverses réquisitions, beaucoup servirent dans l'armée des Pyrénées- Orientales.
Si les documents font défaut, pour établir un bilan complet des volontaires généreux et des conscrits obéissants, ils ne manquent pas pour accuser de nombreux réfractaires ou déserteurs.
Pour la levée des 3oo.ooo hommes, au témoignage d'un des conducteurs du contingent de février 1793, sur 396 conscrits, il y eut 3 10 partants et 48 déserteurs» Parini les 86 réfractaires, il faut compter les 89 soldats que devait fournir Saint-Chély. Or « il arriva que non seulement ces 39 hommes ne rejoignirent nullement l'armée, malgré les réquisitions qui leur furent faites; mais encore la plupart d'entre eux eurent la lâcheté de s'adresser à l'administration supérieure, pour en recevoir le prix de leur engagement, et au lieu d'aller joindre ensuite leurs drapeaux, ils firent volte-face et