‹ La révolution en LozèreChapitre 72 sur 191 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Les députés de la Lozère à la Convention. — Arrêté départemental du lo avril 1793; enlèvement de deux curés réfractaires ; pillage de Combejouve. Charrier à Chambéry ; préparation de la campagne; conseil de guerre à la fiorie-Grande. — Capture de patriotes à Rieutort-d'Aubrac ; Charrier général de 1' « Armée chrétienne du Midi »; Jeanne Bergougnon ; à travers la Montredorte . — Prise de Marvejols ; grand'messe sur l'Esplanade. — Défaite de Dominique Allier à Rieutort-de Randon ; fuite des autorités à Florac . — Prise de Mende ; capture des Malénais; représailles à Marvejols. — Le combat de Chanac ; licenciement de r« Armée chrétienne ». — Prise, procès et mort de Charrier- L'Assemblée Législative avait décrété, le 10 avril 1792, la réunion d'une Convention nationale, pour donner une nouvelle constitution à la France. Comme la loi du 12 août avait fixé pour chaque département le siège de l'assemblée électorale au second chef-lieu de district, les électeurs lozériens se réunirent à Marvejols, le 2 septembre, dans la ci-devant chapelle des Capucins, près de l'église paroissiale.

Le lendemain, eut lieu l'élection du bureau : Châteauneuf-Randon, président ; Barrot, secrétaire ; Servière, Pelet et Belviala, scrutateurs. Le 4, le président lut le tableau comparatif des sept appels nominaux. des députés de la Législative sur diverses questions^ adressé à l'assemblée électorale par la Société des Jacobins de Paris. Après de vives discussions, on vota l'impression, l'affichage dans les communes et l'envoi aux Jacobins d'un exemplaire du tableau des sept épreuves sur l'appel nominal, tableau que l'on peut établir ainsi d'après le procès-verbal de l'assemblée.

Députés

Votes

pour le

peuple

Votes contre le

peuple

Absenc

Ghazot

Beauregard

Lozéran

Monestier

Sévène

Pour l'élection des nouveaux députés, le nombre des votants varia de 225 à 212; furent élus: Barrot, juge au tribunal du district de Langogne ; Châteauneuf-Randon, adjudant-général de l'armée du Midi ; Servière et Pelet, administrateurs du département, et Monestier, législateur sortant.

Girard, de Marvejols, et Belviala, de Grandrieu, furent élus suppléants.

Le 21 septembre, la Convention proclama la République. Châteauneuf-Randon écrivit de Paris, le 22, à ses commettants :

« Je n'arrive qu'à l'instant, mes chers concitoyens, furieux, désespéré de n'être point arrivé hier, pour partager l'unanimité des décrets qui furent rendus par la Convention nationale, au moment de sa constitution ; mais ce

matin, je m'unis, comme vous pensez bien, à un si beau commencement. Je retrouve cent quarante Constituants du même esprit. Tout ira bien ; la souveraineté de la Nation sera pure ; l'ordre renaîtra... Je vous embrasse et vous rappelle vos promesses pour m'aimer un peu 1. »

Quatre mois après l'abolition de la royauté, la ■Convention fit exécuter le roi de France. Voici les votes des Conventionnels lozériens sur les quatre questions posées à la fin de ce procès douloureux.

I ° Louis Capet, ci-devant roi des Français, est-il coupable de conspiration contre la liberté et d'attentat contre la' sûreté générale de l'Etat ?

Oui, répondirent Châteauneuf-Randon, Monestier, Servière et Barrot.

2° Le jugement qui sera rendu sur Louis sera-t-il soumis -à la ratification du peuple réuni dans ses assemblées primaires ?

Châteauneuf-Randon répondit : non ; Monestier, non ; Servière : « Comme homme coupable, Louis doit fixer mon attention ; je dis : non » ; Barrot répondit : oui.

3° Quelle peine Louis, ci-devant roi des Français, a-t-il encourue ?

Châteauneuf-Randon déclama : « L'Assemblée a décrété à l'unanimité Louis convaincu de conspiration. Les considérants politiques n'ont été invoqués que. par le fanatisme et la tyrannie. Heureusement le règne en est passé. On parle d'une faction ; je n'y crois

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