‹ La révolution en LozèreChapitre 74 sur 191 · Abbé Fourcher, op. cit. III, p · texte numérisé non relu

Abbé Fourcher, op. cit. III, p

2. Arch. Lozère, F carton Noyant. Compte rendu au roi: « En 1793, je fus mi,s hors la loi, ma tête fut mise à prix, ma famille proscrite, mon nom inscrit sur. la liste fatale et mon habitation iivréeaupillage.Pendantvingt-et-un mois, j'errai avec dix enfants, dont plusieurs en bas âge, de bois en bois, de rochers en rochers; pendant dix-huit mois, changeant chaque nuit l'asile que me donnaient mes compatriotes. »

Les patriotes, chargés de butin, rebroussèrent chemin vers Saint-Chélj'-, puis obUquèrent à droite sur le village des Bessons. On y fouilla eA vain le presbytère et la vicairie ; mais on trouva chez des paysans les vases et les ornements sacrés. Comme il était trop tard pour en dresser l'inventaire, les commissaires Pin et Dallo les emportèrent à Saint-Chély et le commandant Bombernat reçut l'ordre d'aller coucher avec les patriotes à Rieutort-d'Aubrac : l'ami Fournier, maire et vétérinaire du lieu, les hébergerait avec plaisir ; les commissaires les y renforceraient de deux brigades de gendarmes et tous ensemble, le lendemain matin, dimanche de la Trinité, ils tomberaient sur Nasbinals.

Il y avait là un double coup à faire : arrêter le maire et le procureur de Marchastel, coupables d'avoir délivré à Laurent Charrier un faux certificat de résidence et mettre peut-être la main sur le curé réfractaire et sur Marc-Antoine Charrier. Le détachement arriva à Rieutort, vers neuf heures du soir, fut cantonné dans trois ou quatre granges et soupa à minuit ; puis fatigué de marche et de pillage, il s'endormit rêvant de châteaux en flammes et d'aristocrates surpris.

A deux lieues de là, à la Borie-Grande, Charrier ne dormit pas: une heure grave entre toutes allait sonner pour lui.

Préparation de la campagne

Marc-Antoine Charrier, fils de parents veufs avec enfants, avait un frère consanguin, Antoine Charrier, prieur de Malbouzon ; un frère utérin, Jean-Pierre Valette, propriétaire a Grammont (commune de Recoules-d'Aubrac) et juge de paix à Nasbinals ; enfin

un frère germain, Guillaume Laurent Charrier, établi à Chirac. Marié depuis deux ans à Victoire Valette de Vergognac, qui était originaire de St-Georges-de- Luzançon, il en avait un fils âgé de neuf mois et devait en avoir une fille posthume au mois de septembre <ie cette année fatale. ^

C'était un grand et bel homme de trente-huit ans: «■ taille cinq pieds neuf pouces (i'^88), un peu voûté, cheveux et sourcils blonds, yeux bleu pâle tendre, nez ordinaire, bouche petite, beau teint, jambes à la comtoise, l'air délibéré et d'un homme qui a servi ~. » Son beau portrait respire la force calme et heureuse, -avec un grain de malice au coin des lèvres.

Notaire royal et lieutenant de juge à Nasbinals, il fut nommé, à trente-quatre ans, député du Tiers aux Etats généraux. A la Constituante, il vota constamment avec la droite de l'assemblée, et pendant les journées des 5 et 6 octobre, à Versailles, pris pour un garde du corps parmi les défenseurs du roi, il n'échappa à la lanterne qu'en se faisant reconnaître comme député. Après la Constituante, il alla à Coblentz, rentra bientôt en Lozère avec la confiance et les instructions des princes émigrés et grâce à ses relations de notaire, à sa belle prestance et à son passé politique, il

notaire

épousa

1» Jeanne Charbrmnier 2° Marie Valette Vve Valette et mère

"^1 I de Jean-Pierre Valette

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