I . 1 de Grammont
Antoine Charrier | i
prieur de Miilbouzon Marc-Anitiine Charrier Gtiil. Laurent Charrier eïécuté en 1793 | de Chirac.
Charles Marc . Victoire Antoine Victor fille posthume -p jeune.
2. Arch. Haute-Loire. L. Reg:istre du Conseil général etc. 2 juin 1793 (Signalement de Charrier).
devint aisément le chef incontesté de l'Aubrac lozérien et aveyronnais.
On a déJLi vu comme il forma militairement par des déserteurs les gardes nationales de Nasbinals et des communes environnantes. Après la bagarre de Mende, où il parut en bonnet rouge à fleur de lis et revers bleu, il fut décrété d'accusation comme complice des conspirateurs mendois et commença à mener la vie de proscrit « depuis la nuit du 3 au 4 avril 1792, errant tantôt dans les bois, tantôt dans les montagnes, passant alternativement dans le Cantal, l'Aveyron et ' la Lozère, parce que la position de Nasbinals lui permettait, dans moins de deux heures, de changer de département ; résidant habituellement à Nasbinals, quelquefois quinze jours de suite dans un trou, pendant l'hiver, et pendant l'été, les nuits à la belle étoile ^ »
Vers la fin de 1792, il fit un voyage à Chambérj'-, à la tête d'une délégation lozérienne, pour combiner des plans de contre-révolution avec les représentantsdes princes.
(( Il m'arriva en décembre 1792, à Chambéry, écrit dans ses mémoires La Tour du Pin-Montauban, une députation des habitants du Gévaudan, qui me proposait de me mettre à leur tête. Leur plan était bon et courageux. Ils avaient le moyen de s'emparer de la citadelle de Pont- Saint-Esprit, où ils auraient trouvé des armes, et cela les rendait maîtres du cours du Rhône. Ils désiraient que je pusse venir les joindre avec une centaine de dragons. Ils me portèrent l'état des hommes de chaque ville, bourg et village, que leur pays devait fournir. Je rendis compte de
1 Arch. Aveyron, L 678. Interrogatoire de Charrier des 6, 7 et 8juin 1793.
LA REVOLUTION EN LOZERE 29 r
ce projet aux princes, qui me firent écrire par M. le maréchal de Broglie, pour me défendre absolument d'entreprendre cette expédition. Les députés du Gévaudan reçurent les mêmes ordres. Ils se retirèrent, en jurant -qu'ils allaient se faire révolutionnaires 1. »
Charrier rentra en Lozère, mais le directoire du
département, le croyant émigré, mit ses biens sous
séquestre en janvier 1793. Charrier protesta auprès
du district de Marvejols par cette lettre timbrée de
.Saint-Flour.
Citoyens
(I Je viens d'être instruit par un exprès qu'en vertu de la loi rendue contre les émigrés vous avez fait afficher,, dimanche dernier, 27 janvier, tous mes biens à vendre», comme me croyant émigré ; j'aurais pourtant cru que vous n'en seriez pas venus à cette extrémité, si vous aviez eu connaissance de la procédure que le citoyen Benoît, comme membre de notre département, a faite ; puisqu'il m'a été dit que certains déposants avaient déclaré m'avoir vu chez nous. Si le fait est tel, je ne puis être émigré ni me trouver à Nasbinals, car il y aurait alors contradiction manifeste.
« J'ai été, il est vrai, à Nasbinals, à plusieurs reprises, pendant l'été dernier ; mais depuis que je fus instruit qu'il y avait des gens gagés dans le bourg pour me dénoncer et que l'on n'y épargnait rien pour me découvrir, je crus, pour ma sûreté et la tranquillité de ma famille, devoir chercher un asile hors du département. J'ai été assez heureux que d'en trouver un, ou je suis fixé depuis plus de trois mois. L'honnête personne chez qui je suis logé voulait me procurer un certificat de résidence ; mais ma délicatesse ne lui a point permis une pareille démarche de sa part.