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Arch. Lozère, L 006. ("outre Jacques Laporte

LA RÉVOLUTION EN LOZERE ScQ

de la ville et attendit la réponse à la lettre écrite par les prisonniers.

Prise de Marvejols

Marvejols avait un renom de patriotisme qu'il ne méritait pas tout à fait : c'était surtout affaire de quelques hardis meneurs de la Société populaire, qui précisément étaient la plupart entre les mains de Charrier ; les administrateurs du district avaient fui à Barjac et la municipalité, sans être complice, n'était ni de taille ni de goût à comprimer une population qui voyait en Charrier le vengeur des prêtres et du roi. Aussi se présenta-t-elle en écharpe, pour demander ce ■qu'on voulait. Charrier exigea la reddition de la ville, moyennant quoi il répondait de la sûreté des personnes et des propriétés. La municipalité se retira pour délibérer. Cependant Charrier s'approchadela maison du maire et aperçut à quarante pas la garde nationale sous les armes.

; ~ De retour, la municipalité refit les mêmes questions. Charrier répondit [qu'il fallait dire oui ou non pour la reddition de la ville. Toujours irrésolus, les officiers municipaux se retirèrent, puis reparurent au bout d'unaual-t d'heure avec les clefs ; ils obtinrent qu'ordre serait envoyé au détachement posté sur les hauteurs de n'entrer en ville qu'avec le gros de l'armée, et la capitulation fut signée au couvent des Bénédictines '.

Charrier entra solennellement à la tête de sa troupe. Un braconnier royaliste, nommé Astruc, qui ne prévoyait pas l'échafaud dressé à Rodez, disait en plaisantant dans la rue: « F..., vous vouliez la tête de Charrier,

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