Arch. nat.. AFn
SyO MARC-ANTOINE CHARRIER
Ceci est une autre question. Charrier devait en savoir autant que son complice l'abbé Allie'r. Or Jalbert, commissaire du directeire de la Lozère, envoyé auprès du prieur de Chambonnas après son arrestation, dit avoir découvert « que cet homme n'ignorait rien des motifs des événements passés et dont la Convention nationale n'a pas eu les vrais fils, tels que les troubles d'Arles, de Nîmes, du CoRmtat, de Bannes, de Jalès et de la Lozère ; il paraît connaître les motifs des événements de Lyon, qui sont liés à ceux de Marseille et de Toulon, et une explosion plus terrible, prête à éclater dans le Midi L » Si cela est vrai, Charrier devait à son tour en être informé, soit par les émigrés, soit par l'abbé Allier, qui n'avait pas dû laisser d'employer les moyens les plus pressants, pour le faire entrer en campagne. Si donc Charrier n'en a pas dit davantage, c'est qu'il n'a pas voulu parler.
Après l'action du commissaire de la Convention, s'exerça celle du tribunal criminel. Le i5 juillet, Charrier parut devant le président Andurand, assisté des juges de tour : Jugla, Galtier et Mouly ; déclara une dernière fois son nom et sa qualité et entendit la lecture de la liste des jurés, dont il ne récusa aucun, ne les connaissant pas. Le lendemain matin, dès la première heure, il écrivit à Châteauneuf-Randon une lettre, où parle éloquemment le cœur de l'époux, du père, du chef et aussi du chrétien qui se courbe devant son ennemi, pour obtenir la liberté de sa femme, le pain de ses enfants et le pardon de ses compagnon* d'armes.