Arch. nat., T 566 et Aulard, loc cit. VI, p
mission de pacificateur, on ne doit pas s'attendre à être blâmé t. »
Aussi bien ils ne le furent pas pour ces sages mesures ; mais, outre la pacification, relativement facile, les nouveaux proconsuls se trouvèrent devant une tâche plus ardue, à propos de laquelle s'élevèrent, entre eux et l'administration départementale, de graves dissentiments, auxquels la fin de la lettre de Gros fait une vague allusion.
La guerre civile de la Lozère coïncidait avec la crise intérieure de la Convention, où la Montagne avait écrasé la Gironde aux journées du 3i mai et du 2 juin. Les deux commissaires, « des hommes purs », comme les voulait Jean-Bon-Saint-Andié, et amis des Montagnards, avaient à cœur de faire approuver le coup de force, qui décimait l'Assemblée et supprimait l'inviolabilité des représentants du peuple. Mais la pro* vince indignée protestait contre la tyrannie de la capitale et un vaste mouvement fédéraliste s'organisait dans soixante-deux départements. Un comité central fut établi .à Montpellier, pour trente-deux départements du Midi, et présidé par un de nos grands compatriotes, le chimiste Chaptal. 11 créa trois corps d'armée : à Bordeaux, à Lyon et à Pont-Saint-Esprit ; convoqua une nouvelle assemblée nationale à Bourges et institua à Clermont-Ferrand un tribunal, pour juger les membres de la Convention 2.
L'administration de la Lozère était du mouvement, non assurément par sympathie royaliste : n'avait-elle pas écrit à la Convention, le 14 janvier: « Les républiques de la Grèce et de Rome ne firent pas un pro-
1. Arch. Hte-Loire L. Lettre de Gros, St-Chély, 4 juillet 1793.