Membre du comité central des théophilanthropes
2. Ancien juré au tribunal révolutionnaire et membre du comité central des théophilanthropes.
3. Joigneaux faisait partie de la société cultuelle théophilanthropique de Saint-Merri. Il émargea aux fonds secrets du Directoire pour 72 francs. (Cf. mes Contributions à Vhistoire religieuse de la Révolution, Paris, Alcan, 1907, p. 200.)
4. Julien (de la Drôme), l'ancien confident de Robespierre, qui propagera plus tard la théophilanthropie en Cisalpine.
culte théophilanthropique aux ci-devant dimanches, parce qu'elle « ne devait pas, d'après le calendrier républicain, reconnaître ce jour plus spécialement qu'aucun autre delà décade ».
Mais les pétitionnaires théophilanthropes revendiquèrent énergiquement leurs droits. Au reçu de l'arrêté de la municipalité, ils protestaient par une lettre très ferme :
Paris, 7 brumaire an 6.
Aux administrateurs de la municipalité du 4^ arrondissement.
Citoyens, nous avons reçu la lettre que vous avez bien voulu nous écrire, ensemble l'arrêté pris par vous, le 4 du courant, et qui accorde aux citoyens pétitionnaires de votre arrondissement la jouissance du temple Germainl'Auxerrois, les décadis et quintidis seulement.
Votre arrêté, citoyens, n'a pas toutes les formes légales que le département exige : 1° parce qu'il ne fait pas mention des jours que les pétitionnaires ont demandés ; 2» parce que votre arrêté ne relate point les termes de l'article 4 de la loi du 11 prairial an 3; 3° enfin, parce que vous n'y avez mentionné la délibération ou plutôt partie de la délibération que vous avez prise et qui refuse l'exercice de notre culte les jours connus sous le nom de dimanches.
Nous vous observons, citoyens, que, nous empêchant, par votre silence, d'exercer les dimanches, vous gênez les citoyens qui suivent le culte théophilantrope , qui le professent les mêmes jours que les catholiques et ont autant de droit qu'eux d'exercer le dimanche; par cet arrêté, ce serait favoriser ces derniers au détriment des autres qui se sont enfermés dans une demande raisonnable. Vous avez reçu, citoyens, une lettre du bureau central à cet égard. Nous vous y référons et vous invitons de faire jouir les théophilantropes des dimanches ainsi qu'ils vous l'ont demandé. Nous vous prévenons qu'en
attendant nous avons cru devoir nous adresser au département, en lui fesant part de nos observations sur cet arrêté qui n'est point dans les termes de la loi.
Salut et Fraternité.
Les citoyens dirigeant le culte théophilantropique : Chevalier, Dubroca, Marquet, Maire, Chemin, Jeanne, Jeannerot, Angiboust, J.-J. Guinard, Beaufils, Richard, Danjou, un nom illisible et un nom disparu par suite d'une déchirure du papier*.
La municipalité attendit cinq jours avant de faire droit à cette nouvelle requête. Elle rapporta son premier arrêté et en prit un second qui accordait l'église aux théophilanthropes, « chaque jour qu'ils jugeront à propos », de onze heures jusqu'à trois. Mais ce second arrêté, pris le 12 brumaire, ne fut signifié aux théophilanthropes que le 25^.
Il n'avait fallu rien moins que l'intervention de La Révellière et du ministre de la police Sotin, pour triompher du mauvais vouloir et des lenteurs calculées des municipalités d'arrondissement. L'administration centrale du département de la Seine elle-même avait d'abord soulevé des difficultés. Comme si elle avait trouvé anormale la coexistence de deux cultes dans le même édifice religieux, et comme si elle avait
1. Les signataires figurent dans la liste du comité central des théophilanthropes que j'ai donnée d'après Grégoire {la Théophilanthropie, p. 106), à l'exception de Chevalier, Angiboust et Guinard. Angiboust fut subventionné par le Directoire, en pluviôse an VII. (Contributions à l'histoire religieuse de la Révolution, p. 200.)
2. Registre copie de lettres de l'administration municipale du 4" arrondissement (25 brumaire an VI). — Reg. de correspondance du commissaire du Directoire du 4® arrondissement (13 brumaire an VI).
craint qu'il n'en résullAt des troubles, elle n'avait d'abord donné aux arrêtés municipaux que des approbations provisoires, « jusqu'à ce qu'il ait été pris, disait-elle, des mesures plus amples pour assurer le libre exercice des différents cultes ». Cette réserve, qui était une critique très directe de la législation et un appel à l'intervention des chambres, figure dans les arrêtés mettant les théophilanthropes en possession de Saint-Étienne-du-Mont (29 vendémiaire, an VI) et de Saint-Gervais (4 brumaire an VI). Mais elle disparut des actes postérieurs ^
Les commissaires de police eux-mêmes, au lieu de protéger les théophilanthropes, s'attachaient parfois à leur causer des tracasseries mesquines. Le bureau central était obligé, par une circulaire du 3 frimaire an VI, de blâmer les excès de zèle de ceux d'entre eux qui défendaient dans les temples la vente des livres des théophilanthropes et qui n'en permettaient pas même la vente au dehors. « Cette marche, disait le bureau central, n'est pas dans l'esprit de la loi et gêne l'exercice du culte ^ ».
Tant que le Directoire protégea la nouvelle Éghse républicaine et déiste, les autorités subalternes mirent une sourdine à leur hostihté et ajournèrent leur revanche.
En germinal an VI, les théophilanthropes ayant décidé, pour manifester leur républicanisme, de né plus faire d'offices les dimanches, mais les seuls décadis, et de solenniser les fêtes nationales décrétées