D'après Cattin, p. 510 et suiv
et nommèrent des administrateurs apostoliques qui furent ensuite confirmés par Pie VIL
Ces conflits de juridiction furent très fréquents.
L'archevêque de Rouen étant mort à Munster le 23 septembre 1800, ses vicaires généraux demandèrent à Tinternonce Salamon le renouvellement de leurs pouvoirs. Mais les chanoines subsistants, imitant l'exemple de leurs confrères de Bayeux, qui avaient pris en mains l'administration du diocèse, nommèrent des vicaires capitulaires qui entrèrent immédiatement en fonctions. Les vicaires voulurent interdire ou tout au moins restreindre Texercice du culte privé. Ils étaient soumissionnaires. Les insoumis irrités contestèrent leurs pouvoirs et s'adressèrent à la fois au pape et à Tévêque de Séez, Duplessis d'Argentré. Celui-ci, étant le plus ancien suffragant de feu le cardinal archevêque de Rouen, prétendit administrer le diocèse vacant. Il refusa de reconnaître les vicaires capitulaires et nomma à leur place pour son grand vicaire et officiai l'abbé Clément, chef des insoumis. Les vicaires capitulaires résistèrent et continuèrent leurs fonctions. Le pape Pie VII s'émut. Sous prétexte de faire cesser les divisions, il envoya l'internonce Salamon à Rouen avec le titre d'administrateur apostolique. Salamon reçut la démission des vicaires capitulaires et les remit immédiatement en fonctions. Mais Clément refusa de le reconnaître, le traita d'intrus et l'agitation continua jusqu'après le Concordats
L'évêque de Châlons-sur-Marne, réfugié à Altona, avait ordonné à ses grands vicaires d'autoriser la
1. Abbé P, Langlois, Essai historique sur le chapitre de Rouen pendant la Révolution, Rouen, 1856, p. 85 à 104-
soumission aux lois afin d'organiser le culte public. L'un d'eux désobéit formellement, ouvrit un oratoire privé et refusa de communiquer in divinis avec ses collègues qui avaient soumissionné. L'évêque interdit l'oratoire du vicaire rebelle et fit défense aux prêtres insoumis d'exercer les fonctions ecclésiastiques. Mais l'évoque fut fortement blâmé par ses collègues '.
Les chefs ne s'entendent pas ou s'entendent mal entre eux; les simples prêtres, qui reçoivent des instructions, des ordres contradictoires, prennent l'habitude de n'en plus tenir compte, u Pleins de foi, d'héroïsme, dit M. l'abbé Sicard, chaque jour sur la brèche, obligés de prendre des décisions qu'ils pouvaient payer de leur tête, ils s'étaient rapidement formés dans un ministère tout d'initiative à ne recevoir d'impulsion que d'eux-mêmes, du droit du courage, du droit au martyre...^. » Dans le diocèse de Lyon, les prêtres voulaient retourner dans leurs anciennes paroisses, malgré les ordres répétés de Linsolas et de ses collègues qui craignaient qu'ils ne fussent découverts, et qui les avaient déjà remplacés par d'autres prêtres. « Plusieurs s'entêtèrent et s'obstinèrent dans leurégoïsme^. » L'archevêque de Marbeuf dut retirer aux récalcitrants tous les pouvoirs gracieux qu'il leur avait donnés et les réduire à la « stricte juridiction ». L'historiographe du diocèse de Rouen, l'abbé Langlois, enregistre des plaintes analo-
1. Lettre de l'évêque de Ghâlons-sur-Marne à Monseigneur Brancardoro à Rome, d'Altona, le 7 mai 1797, dans A. Theiner, Documents inédits relatifs aux affaires religieuses de la France, Paris, Didot, 1857, in-8% t. I, p. 447.
2. Ancien clergé de France, Paris, Lecoffre, 1903, t. III, p. 466.