Gattin, p
gues. A Teiî croire, les prêtres insoumis étaient souvent des « atrabilaires qui, en pleine paix, s'obstinaient à célébrer la nuit et se croyaient toujours sur le chemin du martyre; des ministres cupides qui tenaient avant tout à gouverner dans l'obscurité leur petite chapelle devenue pour eux à la lettre le requies opulenta de l'Écriture et qui, à mesure que les églises s'ouvraient au culte public, sonnaient l'alarme et croyaient voir Annibal aux portes de Rome ». Il ajoute même « qu'on vit des imposteurs s'introduire dans des familles simples et confiantes, y exercer les fonctions d'un prétendu sacerdoce et subsister longtemps de ce commerce impie ^».
La hiérarchie ecclésiastique a donc subi un rude assaut pendant ces sept années, où, pour la première fois, elle n'a plus été protégée et garantie par le pouvoir civil. Fidèles et prêtres se sont émancipés. « Chaque paroisse veut choisir son curé, chaque curé sa paroisse^. » Les prêtres passaient facilement d'un oratoire à un autre ^ recherchant celui qui leur rapporterait le plus et considérant toujours leurs emplois comme des bénéfices. Les fidèles passent d'une secte à une autre avec plus de facilité encore. Il y a des prêtres qui n'appartiennent à aucune Église organisée, qui sont eux-mêmes leurs propres évêques. Sont dans ce cas beaucoup de prêtres mariés, que l'Église constitutionnelle a rejetés et qui continuent de dire la messe avec l'agrément de leurs paroissiens *.