On appelle ainsi les réfractaires anti-concordataires
jours dans le clergé, en cherchant bien, des gens assez souples, assez ambitieux, pour devenir ses évêques, ses évêques dociles et dévoués. Comment en aurait-il été autrement, quand les nouveaux évêques étaient tenus de jurer le serment suivant, lors de leur nomination : « Je jure et promets sur les saints Évangiles de garder obéissance et fidélité au gouvernement établi par la Constitution de la République Française. Je promets aussi de n'avoir aucune intelligence, de n'assister à aucun conseil, de n'entretenir aucune ligue, soit au dedans, soit au dehors, qui soit contraire à la tranquillité publique et si, dans mon diocèse ou ailleurs, j'apprends qu'il se trame quelque chose au préjudice de l'État, je le ferai savoir au gouvernement. »
Ce même clergé réfractaire, qui refusa de jurer le serment civique de la Constitution civile, ne fit aucune difficulté à prêter le nouveau serment, infini, ment plus exigeant que le premier et même quelque peu humiliant.
Par le Concordat, l'Éghse s'engageait en outre à ne pas troubler les acquéreurs de biens nationaux et Bonaparte s'attirait ainsi la reconnaissance de cette classe considérable par la richesse et par l'influence. L'Église devait prier pour le chef du gouvernement. Salvos fac Consules! — Les congrégations religieuses, dont il n'était pas question dans le Concordat, restaient par conséquent supprimées et c'étaient les moines que Bonaparte redoutait le plus. Il savait bien qu'ils étaient la partie militante de l'Église, les soldats du pape par excellence.
Mais Bonaparte comptait surtout sur les articles
organiques pour s'assurer la fidélité, ou mieux la servilité du clergé. Les articles organiques remet, talent en vigueur Tancienne discipline gallicane et Bonaparte pouvait croire qu'il serait aussi obéi des évêques que l'avait pu être Louis XIV. Le gallicanisme, tel que les légistes de l'ancienne France l'interprétaient, c'était en effet la subordination étroite de l'Église au souverain. L'un d'eux, dont Bonaparte fit comme son ministre des cultes, Portails, limitait le domaine de l'Église aux dogmes purement dogmes, aux mystères purement mystères, « ces mystères, disait-il, qui occupent la place que la raison laisse vide et que l'imagination remplirait incontestablement plus mal* ». Tout le reste, d'après lui, la morale, la prédication, l'enseignement, devait relever des lois de l'État. L'Église était dans l'État, et non l'État dans l'Église! Il n'est pas admissible que l'autorité spirituelle puisse tenir en échec l'autorité temporelle, que les lois civiles, par suite de l'opposition des lois religieuses, ne puissent recevoir leur complète et entière application! Le gallicanisme, ainsi compris et défini, donnait au chef de l'État non seulement la surveillance du clergé, mais le contrôle de l'enseignement et de la prédication, c'est-à-dire la tutelle des âmes comme des corps.
Afin d'empêcher toute intrusion du pape dans les affaires de l'Église de France, la vieille défense était renouvelée qu'aucune bulle, bref ou écrit quelconque du Saint-Siège ne pût être publié en France sans la permission du gouvernement, qu'aucun délégué du
1. Cité par Aulard, Histoire politique de la Révolution françaiset p. 74t.
pape ne pût y faire acte de juridiction sans la même permission, qu'aucune assemblée délibérante d'ecclésiastiques ne pût s'y tenir sans son consentement. Pour empêcher la reconstitution des biens de mainmorte, défense à l'Église de recevoir des dons sans l'autorisation du gouvernement. Les legs devront être constitués en rentes sur l'État. Tous ecclésiastiques contrevenant aux libertés gallicanes seront traduits comme d'abus au Conseil d'État.
Le pouvoir civil s'érigeait en juge de la doctrine des candidats à l'épiscopat et les faisait examiner par une commission spéciale. Moyen d'empêcher l'infiltration des théories ultramonlaines, comme l'article qui obligeait les évêques à faire enseigner dans les séminaires la déclaration de 1682. Le gouvernement connaîtra le nom de tous les clercs comme de tous les membres des chapitres, réglera le nombre des candidats à la prêtrise, exigera que le sujet ordonné possède un revenu de 300 francs et vérifiera s'il a atteint l'âge de vingt-cinq ans. 11 n'y aura en France ([u une seule liturgie et qu'un seul cathéchisme, approuvé par l'autorité. On enseignera dans ce (•athéchime que les fidèles doivent payer les impôts (les tributs) à l'Empereur sous peine de commettre un péché mortel! Aucune fête ne pourra être établie, aucunes prières solennelles ordonnées sans la permission du gouvernement. Sans la même permission, aucune chapelle ne pourra être ouverte. Les représentants du Premier Consul auront une place d'honneur dans les cérémonies. Les processions seront interdites dans les villes qui renferment un temple protestant. Les prêtres ne pourront critiquer au prône
les actes de l'autorité. Ils ne pourront procéder au mariage religieux qu'après s'être assurés que les épousés ont régulièrement contracté le mariage civil.
Bonaparte était persuadé qu'au moyen de tout cet arsenal d'armes gallicanes, il déjouerait toutes les intrigues ultramontaines et resterait le maître obéi d'un clergé fidèle et docile. Il était si rassuré qu'il multiplia, dans les premières années de son règne, les largesses à l'Église. De nombreux avantages, non prévus par le Concordat, lui furent gracieusement concédés. Au moment du couronnement, un traitement fut payé aux desservants, comme une sorte de don de joyeux avènement (11 prairial an XII). Des traitements furent accordés aux chanoines, vicaires généraux, cardinaux, évoques, qui avaient démissionné avant le Concordat. Tous ces traitements, par pri^dlège, furent déclarés insaisissables. Le budget des cultes, qui s'élevait à 1 200 000 francs la première année, s'éleva à 17 millions en 1807, sans compter les 23 millions de pensions payées aux anciens détenteurs de dîmes. Les séminaristes furent exemptés du service militaire. Malgré la loi, beaucoup de communautés et de congrégations religieuses purent se reformer en toute liberté.
A côté de ces avantages matériels, que TEglise retira du Concordat et de son application, notons encore les avantages moraux. A la demande de Mgr Spina, la théophilanthropie fut expulsée des édifices publics et l'autorisation lui fut refusée de se réfugier dans des locaux privés, ce qui était une suppression hypocrite, une violation flagrante du principe de la liberté des cultes inscrit dans la Constitution. La
classe des Sciences morales et politiques de l'Institut fut supprimée comme suspecte d'idéologie (23 janvier 1803). Les principes de la religion catholique devinrent la base de renseignement public. Les évêques inspectèrent les lycées. Les curés surveillèrent les instituteurs et les notèrent. L'instruction primaire ne tarda pas à être confiée aux Frères de la Doctrine chrétienne. N'oublions pas enfin, qu'en violation formelle du Code civil, Bonaparte mit l'autorité publique au service de la discipline ecclésiastique et interdit aux prêtres de se marier!
Si Bonaparte avait spontanément accordé à l'Église tous ces avantages supplémentaires, non prévus au Concordat, c'est qu'il croyait pouvoir le faire sans danger aucun, c'est qu'il s'imaginait naïvement que le clergé français était pour toujours dans sa main. Bonaparte avait compté sans son hôte.
Le pape, lui aussi, s'était réjoui hautement de la conclusion du Concordat. Ce ne devait pas être pour les mêmes raisons que le Premier Consul. Notre ministre à Rome, Cacault, trouva, pour peindre l'allégresse du Pontife, des accents pittoresques : Pie VII, écrivait-il, « était dans l'agitation, l'inquiétude et le désir d'une jeune épouse qui n'ose se réjouir du grand jour de son mariage! » L'entourage du pape, les cardinaux partageaient cette jubilation. Consaivi, immédiatement après la signature du traité, mandait au pape : « Tous les ministres des puissances étrangères, ici présents, de même que toutes les personnes
1 . Cité par Aulard, Histoire politique de la Révolution française^ p. 738.
2tt4 LA REVOLUTION ET L EGLISE
de bien et instruites, considèrent la conclusion du Concordat comme un vrai miracle, et particulièrement qu'on Fait pu conclure d'une manière si avantageuse qu'il paraissait impossible dans la situation actuelle des choses. Moi-même, qui le vois conclu, c'est à peine si je peux y croire » (27 juillet 1801). Même de nos jours, cette expression de miracle, pour qualifier le Concordat, revient constamment sous la plume des écrivains catholiques. Le cardinal Mathieu, dans son ouvrage, ne parle pas autrement que Consalvi. Le Concordat ne s'explique pour lui que par une intervention de la Providence et Napoléon est un nouveau Cyrus.
Cette joie profonde, ressentie par le monde clérical, aurait dû faire réfléchir Bonaparte, s'il en avait été témoin. S'il eût été moins confiant en lui-même, ou seulement s'il eût mieux connu l'Église, peut-être se serait-il moins félicité sur le moment et n'aurait-il pas multiplié ensuite les largesses au clergé!
L'ÉgUse obtenait du Premier Consul des avantages inespérés.
Le Concordat mettait fin à ce schisme constitutionnel qui durait depuis onze ans et qui menaçait de s'éterniser. Le clergé recouvrait sa place officielle dans l'État, en même temps qu'un traitement. Dans un pays aussi centralisé que la France, ce n'était pas un mince privilège que de représenter TÉtat et de se couvrir de son autorité! Le Premier Consul faisait profession de catholicisme. Autrement, comment aurait-il pu nommer les évêques? Le Président de la République française était naguère encore chanoine du Latran. Ainsi se trouvait violé, pour la première
des magistratures, Tarticle de la Déclaration des droits qui dit que tous les Français sont accessibles à toutes les fonctions publiques, sans distinction de religion.
Bonaparte avait cru prendre toutes ses précautions pour empêcher l'immixtion du pape dans les affaires de France. Il avait cru rétablir et fortifier le gallicanisme. Et il se trouvait justement que, sur un point essentiel, le Concordat augmentait les pouvoirs du pape et transgressait outrageusement les fameuses libertés gallicanes. Le Concordat donnait au pape le droit d'exiger la démission des anciens évêques, droit inouï, car jusque-là le caractère épiscopal avait été considéré comme indélébile. Celui qui en était revêtu ne pouvait en être privé que pour indignité et après un jugement régulier. Or le pape, sans autre raison que l'intérêt du moment, destituait d'un trait de plume tous les anciens évêques d'avant la Révolution qui existaient encore. L'opération était aussi hardie, aussi scandaleuse en son genre, que celle par laquelle les Constituants avaient destitué les évêques non-jureurs.
Donner au pape un tel pouvoir, n'était-ce pas se créer pour l'avenir des difficultés redoutables?
Si le Concordat spécifiait que le chef de l'État nommait les évêques, il restait muet sur le point de savoir comment les évêques seraient destitués! Ce droit de destitution appartiendrait-il au pape, ou bien au Premier Consul? Le silence de facte laissait au pape libre carrière. Ayant destitué les anciens évêques, ne pourrait-il pas être tenté de destituer les évêques concordataires? On sait qu'il ne s'en fit pas
faute, ces derniers temps ^ Aussi n'est-il pas exagéré de dire que le Concordat fit plus pour l'absolutisme pontifical que toute l'éloquence des docteurs ultramontains.
Bonaparte s'était dit que son droit de nomination aux évêclîés lui assurerait un clergé fidèle. Il n'avait oublié qu'une chose : c'est que le Concordat ne lui donnait pas, à lui tout seul, le pouvoir de faire un évêque. Le pape devait donner l'institution canonique et rien ne spécifiait qu'il fût dans l'obligation de la donner à coup sûr à tous les évêques nommés par le Premier Consul. Le pape restait au fond le maître de la nomination. Dès le temps de Napoléon, il introduisit dans les bulles d'investiture le fameux Nobis qui consacrait ses prétentions. Il exigea et obtint des gouvernements faibles qu'aucun évêque ne serait nommé par le pouvoir civil sans une entente préalable avec le Saint-Siège. Ainsi le droit de nomination, accordé au chef de l'État, était réduit dans la pratique à un simple droit de présentation. La querelle du nobis nominavit a duré tout le xix^ siècle et n'était pas résolue au xx^ En fait, le nouveau clergé fut infiniment plus ultramontain que l'ancien.
Bonaparte avait cru s'abriter derrière le rempart des articles organiques contre les envahissements de la papauté. Ce rempart devait être bien fragile. Le pape protesta contre les organiques et ne se résigna à les subir qu'à contre-cœur, se réservant de les éluder chaque fois qu'il en aurait l'occasion et le moyen. L'esprit du siècle, le progrès continu des
1. On n'a pas oublié les « démissions » de MM. Geay, Le Nordez, L. Lacroix.
libertés publiques travailla ici pour TÉglise. La plupart des articles organiques devinrent rapidement inapplicables. Déjà Napoléon dut fermer les yeux sur l'observation de Tarticle 26, qui exigeait des candidats à la prêtrise l'âge de vingt-cinq ans et la possession d'un revenu de 300 francs. Il autorisa les fondations pieuses autrement qu'en rentes sur l'État. Le costume à la française, l'appellation de Monsieur et de Citoyen imposée aux évèques et aux prêtres, ne furent jamais sérieusement en usage. Comment s'y prendrait-on, à notre époque de liberté illimitée de la presse, pour empêcher en France la publication des actes du Saint-Siège? Depuis que l'enseignement est déclaré libre, comment obligerait-on les séminaires à enseigner la déclaration de 1682? Depuis que le domaine civil et le domaine religieux sont regardés comme des domaines distincts, on voit mal le chef de l'État faisant examiner la doctrine des futurs candidats à l'épiscopat! Quant au serment, qui faisait aux citoyens évêques une obligation de dénoncer au gouvernement tout ce qui se tramait contre lui dans leur diocèse, je n'ai pas besoin de dire quel empressement ont mis les citoyens évêques à se faire les délateurs officiels des régimes qui leur déplaisaient ! Je ne crois pas que beaucoup de ministres aient jamais légiféré sur les prédications du Carême et de l'A vent, qu'ils aient souvent corrigé la liturgie et le catéchisme I Comme on l'a dit, nous ne concevons plus aujourd'hui les articles organiques qu'illustrés par le crayon du caricaturiste Forain.
Le calcul de Bonaparte se trouva déjoué. Il avait voulu se rendre maître de l'Église et l'Église lui
298 LA RÉVOLLTIOxX ET L'ÉGLISE
échappa presque aussitôt. Elle accepta ses présents, elle fortifia ses positions, et, un beau jour, quand elle se sentit assez puissante pour ne plus rien craindre, elle se retourna contre son bienfaiteur. Le Concordat n'était pas signé depuis six ans que le pape excommuniait l'Empereur, queFEmpereur arrêtait le pape, Temprisonnait à Gènes, à Savone, à Fontainebleau et annexait ses États. Dans cette crise d'une gravité exceptionnelle, Napoléon n eut pas, comme Louis XIV dans une occasion analogue, la bonne fortune de pouvoir compter sur un clergé fidèle. On comprend que Napoléon ait regretté amèrement la faute du Concordat.
S'il avait mieux connu lÉglise, il n'aurait pas commis cette faute dont les conséquences ont pesé lourdement sur notre patrie. Il aurait su que l'Église romaine n'a jamais renoncé à son vieil idéal tliéocratique du moyen âge, à son rôve de domination absolue.
Pour s'en convaincre, il n'est besoin que d'ouvrir les récents ouvrages qui paraissent tous les jours sous la plume d'ecclésiastiques. Je lis dans une Histoire du Concordat, quia paru en 1903, cette définition typique des rapports de l'Église et de l'État :
« Comme l'âme est supérieure au corps, ainsi la société religieuse doit se subordonner la société civile. LÉglise doit commander à VÉtat... L'Église, étant la société majeure, à considérer la nature des intérêts confiés à son gouvernement et la sublime fin qu'Elle se propose d'atteindre, a le droit à la suprême direction. Sans se laisser envahir par Elle, l'État a le devoir de se placer sous sa bienfaisante tutelle... Un État, soucieux du bien public, acceptera avec cou-
rage cette sage subordination. Ce fut la règle de conduite des puissances séculières au moyen âge, époque de Tapogée du catholicisme, qui étendait son influence sur toutes les manifestations de la vie individuelle, sociale et publique *... »
Et M. Tabbé Sevestre ajoute que si l'Église a signé parfois des Concordats avec les puissances séculières, c'est par « pure et m«iternelle condescendance ».
Les États sont avertis. L'Église romaine ne condescend à traiter avec eux que pour les remettre sous son autorité. C'est en vain qu'ils multiplieront les précautions et les moyens de défense, l'Église ne cédera qu'en apparence à leur pression et n'attendra qu'une occasion pour reprendre son dessein immuable.
Entre l'État et l'Église, il ne peut donc pas exister d'accord sincère et sans arrière-pensée. Le Concordat de 1802 n'a été qu'une trêve, qu'un compromis, consenti par un ambitieux maladroit, qui s'est trouvé sacrifier ses propres intérêts bien entendus en même temps que ceux de la France. Loin d'avoir eu le mérite de trancher les conflits entre l'Église et l'État, il les a posés sous de nouvelles formes, mais plus avantageuses à l'Église.
L'excuse de Bonaparte, c'est que son erreur fut en grande partie celle de son temps.' Il vivait à une époque où on croyait la religion absolument nécessaire à la société. La Révolution, qui fit à certains moments une guerre implacable au catholicisme, ne
1. L'histoire, le texte et la destinée du Concordat, par l'abbé E. Sevestre, V édition, Angers, Siraudeau, 1903, p. 145 et 146.
s'était point élevée pourtant jusqu'à Tidée de laicilé. Elle avait séparé l'État de Tancienne Église, mais elle avait laissé à TÉtat le caractère religieux, et tout son effort avait consisté à remplacer le catholicisme par un culte civique.
Il est remarquable cependant que la Séparation, incomplète et bâtarde, accomplie par la Convention et le Directoire, produisit d'excellents résultats. Il y a un siècle, l'expérience était tentée dans les conditions les plus lâcheuses. La lutte de la Révolution et de la Contre-Révolution faisait de la France entière un immense champ de bataille. Le fanatisme politique aiguisait le fanatisme religieux. La Terreur toute récente laissait dans les cœurs des haines formidables, des rancunes inexpiables. La masse enfin croupissait encore dans l'ignorance et la superstition, et l'élite môme n'était pas délivrée de tout préjugé. Et, néanmoins, en dépit de toutes les influences contraires, la Séparation, survenant en pleine bataille, fut dans une large mesure un bi.nfait pour les idées laïques. 11 n'est pas malaisé de de/iner ce qu'elle sera dans notre France du xx« siècle, infiniment moins religieuse que la France d'il y a cent ans, parce qu'elle a été façonnée, par l'école gratuite et obligatoire, au raisonnement et à la liberté.