CHAPITRE I
Les Philosophes et la Séparation de l'Église et de l'État
Faux point de départ pour l'histoire religieuse de la Révolution, p. 1. — Les philosophes anticléricaux, mais non irréligieux. Aucun n'a conseillé la Séparation, p. 2.
— Montesquieu ne demande même pas la liberté et l'égalité de tous les cultes. Il reste convaincu de l'utilité sociale des religions. Il rêve de conclure une alliance de raison entre l'État et le catholicisme, p. 37. — Voltaire réserve à l'élite le droit à l'incrédulité. Il veut faire de l'Église la servante de l'État. « La religion n'est instituée que pour maintenir les hommes dans l'ordre », p. 79. — D'Holbach préconise l'institution d'une censure morale, sorte de religion raisonnable qu'on opposerait aux religions pernicieuses, p. 9. — Helvétius absorbe la religion dans l'État, p. 10. — Le curé Meslier ne croit pas que son athéisme convienne à la multitude. Il se résigne à utiliser les prêtres dans l'intérêt de la société, p. 12.
— J.-J. Rousseau conçoit l'État comme une sorte de Providence et les Législateurs comme des prêtres du bonheur social. Il oppose aux religions positives la religion civile, p. 14. — L'abbé Raynal traite d' « absurdité palpable » la distinction d'une puissance temporelle et d'une puissance spirituelle, p. 18. — Mably, Turgot, Condorcet, etc., ne songent pas à la Séparation, p. 22. — Tous restent au point de vue de l'État antique, de r État-religion. Ils combattent le catholicisme, mais ils ne sont pas hostiles à l'idée religieuse, p. 22. — Les
révolutionnaires auront comme eux la passion de l'unité. Leur politique religieuse fut double, négative dans leur lutte contre les anciens cultes, positive dans leur effort pour les remplacer. L'idée de l'État laïque et neutre leur fut étrangère, p. 23.