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dans ce milieu se trouvera naturellement bon, que chacune de ses facultés, fonctionnant convenablement, produira de bons eflfets, et qu'ainsi, du jeu libre de toutes les activités individuelles, résultera l'harmonie de l'ensemble en même temps que le bonheur particulier de tous les membres du corps social. C'est Tutopie phalanstérienne.
On n'a pas besoin d'être chrétien et de croire à la chute originelle, pour juger chimérique cette conception. Tout en reconnaissant que l'organisation sociale a une grande influence sur l'état matériel et moral des individus, et une grande part conséquemment dans les causes qui déterminent l'usage, bon ou mauvais, que les hommes font de leurs facultés ; tout en reconnaissant qu'il ne faut dès lors rien négliger pour créer un milieu social convenable, c'est à dire un ensemble de conditions économiques et politiques propres à révéler les aptitudes diverses, à développer les facultés de chacun, à seconder tous les bons vouloirs et à protéger tous les droits; ce serait avoir bien superficiellement étudié le cœur humain et n'avoir aucune expérience de la vie, que de ne pas voir dans les dispositions naturelles de l'homme la racine première du mal moral, et des désordres, soit individuels^soit sociaux, qui en résultent.
§ 7. — Mâme ntuation et mêmes diflBoultés avec la notion purement rationnelle de l'être moral.
En prenant la notion de 1 être moral dans le sens purement rationnel, il suffit de mettre la liberté dans un être fini, c'est à dire imparfait, pour ouvrir le champ à toutes les faiblesses et à tous les égarements, dès que cette liberté entrera en exercice. Chaque aptitude ayant sa pente propre, chaque faculté sa destination, chaque besoin son mouvement impérieux dans des ordres difierents, comment une raison bornée et une volonté fautive maintiendraient-elles entre ces éléments divers un équilibre invariable? Si l'on ajoute que, sans compter le caractère si complexe de la nature de Thomme et la difficulté de s'équilibrer en lui-même, les facultés et les besoins de chacun rencontrent, en s'exerçant, les facultés et les besoins de tous, on voit que les occasions de lutte se multiplient à l'infini, et par conséquent les chances de faiblesse et d'égarement.
Pour supposer que, dans un être intelligent, l'action libre de la raison maintienne un équilibre parfait et inaltérable entre ses facultés diverses, il faut supposer en cet être une raison parfaitement sage, parfaitement juste, une volonté impeccable; et supposer ces conditions d'équilibre parfait par le jeu infaillible de la