‹ La révolution et l'église (volume 2)Chapitre 109 sur 131 · LA DOCT DE L'ÉGLISE NON ANTIDEMOCRAT. UX · texte numérisé non relu

LA DOCT DE L'ÉGLISE NON ANTIDEMOCRAT. UX

ront parmi vous. Cherchez d'abord le royaume de Dieu, le reste vous sera donné par surcroît. » Et il ajoute que, Dieu réalisant l'annonce d'un médiateur, un grand événement, le plus grand dans la vie de l'humanité, s'est accompli dans la personne du Christ, afin de rendre l'assistance primitive à quiconque la demande dans la simplicité de l'esprit et la droiture du cœur.

§ 10. — Vraie ritiuitîoii

Voilà la situation dans sa réalité : le christianisme prend l'homme tel que le montre l'observation rationnelle, ne répudiant aucun des éléments que fournissent à cette étude les enseignements de l'histoire; il convie la science à mettre ces éléments en œuvre, suivant les lois particulières à l'espèce humaine. L'assistance divine qu'il offre ensuite, comme moyen essentiel de seconder l'œuvre scientifique, ne contredit en rien les conditions premières de cette œuvre; et c'est ce que nous voulions établir.

Que chacun ait le droit de répondre pour son propre compte : « Je n'accepte pas cette assistance », très bien ; ce n'est pas nous qui contesterons ce droit fondamental et inaliénable de l'être libre. Mais prétendre que celui qui croit cette assistance utile et à l'individu et aux sociétés, fait divorce avec la science, qu'il cesse d'être un citoyen indépendant dans une société libre.

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cest aussi déraisonnable qu'injuste. Aussi n'at-on pas opposé une pareille exclusion aux chrétiens des diverses nuances.

Et de fait, le dogme chrétien de la déchéance est si peu inconciliable avec les idées de liberté, de justice distributive, d'égalité démocratique, de progrès social, que, malgré toutes les exagérations qu'on a pu faire de ce dogme en théorie et en pratique, malgré la doctrine excessive sur les mérites de l'homme et sur la grâce chez les protestants, malgré les abus du monachisme, les déviations de l'esprit de renoncement et de mortification chez les catholiques, malgré le mépris inintelligent des choses de ce monde et des prospérités sociales chez les uns et les autres, la réconciliation de l'homme avec Dieu n'en a pas moins porté ses fruits sociaux. Car c'est de l'établissement du christianisme que date cette merveilleuse et incessante transformation de l'humanité.

Que Ton sape les bases historiques du christianisme; qu'on refuse de voir dans ses origines les marques d'une divine intervention ; qu'on explique par des circonstances toutes naturelles son influence sur le monde, toutes questions que nous n'avons pas à traiter ici, cessent-ils d'éclater à tous les yeux ces effets universels et inépuisables de l'esprit chrétien? Le mouvement tout entier de la civilisation ne rend-il pas témoignage que la doctrine d'où il émane ne peut

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avoir pour fondement un principe antilibéral et antidémocratique?

Même en admettant que les chrétiens se fassent illusion quand ils pensent que l'assistance apportée au monde par leflfet de la rédemption messianique a quelque efficacité sociale ; ce qu'il faut reconnaître, à moins d'injustice, c'est que les chrétiens, tout en croyant à un ordre surnaturel et à un médiateur divin, ne ipéconnaissent aucune des facultés naturelles de l'homme, n'aliènent aucun de leurs droits, et que, dans la société temporelle, leur position est exactement la même que celle des autres citoyens.

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