‹ La révolution et l'église (volume 2)Chapitre 110 sur 131 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DOCTEINE PBOPBE AU CATHOLICISME. — EST-ELLE

ANTIDEMOCE ATIQUB ?

Nous croyons avoir justifié devant le droit moderne la doctrine commune à tous les chrétiens. En outre de cette doctrine, le catholicisme contient-il quelque élément qui le rende antidémocratique et antilibéral?

Nous savons que le catholicisme ne s'est pas borné à affirmer l'assistance divine ; il ne s'est pas non plus contenté de chercher dans l'union des croyants en une vaste et unique société spiritufelle un moyen efficace de s'attirer cette

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assistance. Il a de plus institué des moyens mystiques de réaliser cette réconciliation et cette union des hommes avec Dien ; et il pense qu'en même temps ces moyens ou sacrements seront une force qui soutiendra le citoyen dans l'accomplissement de ses devoirs sociaux.

Est-ce là que Ton prétend trouver un esprit et des pratiques inévitablement contraires à l'esprit et aux pratiques de la démocratie et de la liberté?

§ i^r. — Gonlunons tnr oe nget

Quede confusions n'a-t-on pas accumulées sur ce sujet! Ceux qui attaquent Hnstitution catholique sont-ils bien sûrs de n'avoir pas pris les abus pour le caractère essentiel de l'institution? Les effets souvent désastreux des pratiques qui s'accomplissent en son nom, en découlent-ils logiquement et nécessairement? ou bien ces pratiques n'en sont-elles qu'une fausse application qui en dénature le sens intime et le but soit individuel soit social? C'était la première question qu'une critique impartiale eût dû s'adresser. L'a-t-elle fait? Evidemment non.

Les auteurs de ces attaques, au nom du droit moderne, savent pourtant, par leur propre expérience, de quelles injustices leur cause sociale est l'objet, par suite de cette fausse manière de condamner un système en affectant

LA DOCT. DE L'ÉdirSË NON ANTIDÉMOCRAT. Slfî

de prendre pour ses conditions organiques les déviations que des esprits mal ordonnés ou des cœurs pervertis peuvent lui faire subir. N est-ce pas^notre tâche quotidienne, à nous tous représentants du droit démocratique, et notre tâche, fort laborieuse assurément, de dégager les principes démocratiques de Timpur alliage qui les rend méconnaissables ?

Parce que la liberté, entre les mains d'individus ignorants et grossiers, devient un instrument dangereux et pour eux-mêmes et pour la société, cessons-nous de voir dans cette faculté souveraine la plus haute expression de la nature de l'être pensant, et le principe de tous les droits, individuels et collectifs? Parce que la démocratie, chez un peuple mal préparé, devient l'anarchie, en laissons-nous, sans protester de toutes nos foVces, tirer la conclusion que la démocratie est essentiellement anarchique ?

Nous nous attachons à démontrer qu'au lieu de nier la légitimité de la liberté et le droit démocratique, il faut accepter résolument ces forces indestructibles, qui feront la grandeur et la dignité des peuples modernes, quand on aura su les entourer des conditions propres à en assurer le noble emploi et le régulier fonctionnement.

Pourquoi ne pas procéder de même à l'égard des institutions de l'Église? Pourquoi ne pas voir ce qu'elles sont eu elles-mêmes, dans leu;:

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